‹ Les élements figurés du sangChapitre 34 sur 68 · SANG DES SOLIPÈDES · texte numérisé non relu

SANG DES SOLIPÈDES

ajoutez à 20 parties de cette solution 1 partie d'acide acétique ordinaire, et déposez une goutte de ce réactif sur une gouttelette de sang . le noyau et le protoplasma se désagrègent alors et s'échappent moléculairement à travers l'enveloppe qui bientôt se trouve vide, contenant seulement dans l'épaisseur de ses parois les dernières granulations qui la traversent (1) .

Les globules blancs sont assez nombreux chez le cheval. En déposant sur une goutte de sang une grosse goutte d'acide acétique au 50% et recouvrant ensuite la préparation avec une mince lamelle, on voit les hématies pâlir très rapidement, puis les leucocytes apparaître au premier plan et se dessiner dans tous leurs détails. Rien de plus facile alors que de les comparer entre eux, car leurs trois éléments sont très distincts. Parmi ceux qui flottent dans le liquide de la préparation, il en est beaucoup dont le noyau est divisé en deux, trois ou quatre très petits globulins. Ces globules en voie de prolifération restent isolés sur certains points. Mais ils ont une grande tendance à se grouper; ils forment même parfois des groupes très considérables et fort remarquables par la situation des globulins qui tous se dirigent vers le centre du groupe, en sorte que les enveloppes, en grande partie vides, forment autour de cette partie centrale, une série de cercles concentriques. Afin de rendre plus apparents ces groupes de globules proliférants, je dépose quelquefois sur le bord de la petite lamelle une goutte d'alcool au 100% qui a pour avantage de donner plus de netteté aux globules et globulins. Les observateurs qui ont vu ces globulins n'avaient pas réussi à distinguer l'enveloppe des globules, et les connexions qui unissent les uns aux autres leur ont ainsi échappé (2).

Afin de compléter le parallèle des globules rouges et des globules blancs au double point de vue de leur volume et de leur composition, il convient de les traiter simultanément par l'acide acétique à 75 degrés. Les hématiespâlissent beaucoup sans disparaître; le noyau des leucocytes rougit ; et l'on constate très bien dans ces conditions que le noyau des globules blancs égale le volume des hématies (3). En présence d'une semblable égalité, la transformation des premiers s'explique sans elîorts. Que faut-il pour qu'elle se produise? Il suffit que l'enveloppe se rapproche et vienne s'appliquer au noyau;

(1) PI. X, fig. i.

(2) PI. X, fig. 7, 8, 9 et 10.

(3) PI. X, fig. II.

or, ce rapprochement lui est d'autant plus facile que le protoplasnia a déjà, en grande partie, disparu. Ainsi appliqué au noyau qui rougit sous l'influence de l'oxygénation comme sous l'influence de l'acide acétique concentré, ce n'est plus un leucocyte, c'est une hématie; ou bien encore c'estun leucocyte parvenu au terme de son développement.

Dans le but de produire artificiellement cette transformation des leucocytes, j'avais eu la pensée d'injecter les globules blancs d'un cheval dans les veines d'un oiseau, et j'avais choisi le canard qui, par le volume de ses vaisseaux, se prête assez bien à cette expérience. M. Colin, auquel je m'étais adressé, en le priant de me prêter son concours, avait mis à ma disposition un jeune cheval ; et avec une extrême obligeance pour laquelle je lui exprime ici toute ma vive gratitude, il avait bien voulu en outre ouvrir dans la région cervicale un gros tronc lymphatique, et recueillir la lymphe qui s'en écoulait. Mais cette lymphe se coagulait presque immédiatement dans le tube collecteur; et lorsqu'on exprimait le caillot, le plasma seul s'en dégageait; les leucocytes restaient emprisonnés dans son épaisseur. Nous avons injecté, cependant, dans une des grosses veines du cou le liquide ainsi obtenu par voie de malaxation du coagulum. Le canard est mort six jours après l'injection avec les symptômes apparents de la résorption purulente, tremblant sur ses membres comme un malade subitement pris d'un violent frisson. A l'autopsie je ne trouvais pas les hématies discoïdes que j'aurais du rencontrer dans le sang si mes globules blancs s'étaient réellement transformés en globules rouges. Cette expérience ne m'a donc donné qu'un résultat négatif.

M. Colin, après avoir reconnu, comme moi, que nous avions expérimenté dans de mauvaises conditions, a bien voulu me proposer de recommencer notre expérience en faisant passer immédiatement la lymphe du cheval dans les veines d'un palmipède ou d'un gallinacé. C'est ainsi, en eff'et, qu'il faudra procéder. Mais pressé par le temps de terminer ce travail que je poursuis depuis deux ans, je ne puis que le remercier de son obligeante et bienveillante proposition. Si des expériences mieux conduites doivent donner de meilleurs résultats, je lui en laisse tout le mérite et je serais le premier à l'en féliciter. Je dois ajouter cependant (1) que des expé-

(1) Prévost et Dumas, Examen du sang et de son action dans les divers phénomènes de la vie (Annales de chimie et de physique, t. XVIH, 1821, p. 295).

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