OPINIONS DES AUTEURS SUR L'ORIGINE ET LE MODE D'ÉVOLUTION
Pour quelques auteurs, les globules rouges prennent naissance dans certains organes. Pour d'autres, ils se forment dans l'appareil de la circulation, sur tous les points de sa vaste étendue. A chacune de ces deux opinions principales viennent se rattacher une foule d'opinions secondaires.
Les observateurs pour lesquels les hématies se formeraient dans certains organes en ont tour à tour placé le point de départ : dans les poumons, dans le foie, dans la moelle des os, dans la rate. Mais aucune de ces opinions ne supporte les épreuves de la critique. On chercherait peut-être vainement aujourd'hui un anatomiste qui considère les poumons, le foie et la moelle des os comme présidant à l'hématogénèse. Quant à la rate, qui a fixé sous ce point de vue l'attention d'un si grand nombre de physiologistes, quelques auteurs, parmi lesquels je dois surtout mentionner MM. Malassez et Picard, persistent à penser que cet organe a pour fonction de former des globules rouges (1). Cette opinion, soutenue avec talent, ne repose pas cependant sur des faits que nous puissions accepter comme véritablement concluants. Les résultats de la splénotomie, les expériences de M. J. Béclard qui a trouvé moins de globules rouges dans la veine splénique que dans la veine jugulaire interne chez le chien et le cheval, les études de Kôlliker et de quelques autres micrographes sur la pulpe splénique, celles de M. Ch. Robin sur le même sujet, et enfin l'ensemble de mes recherches, sont autant d'arguments
(1) Malassez et Picard, Rech. sur les fonctions de la rate {Comptes rendus de l'Acad. des sc.f t. LXXXI, 1875).
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qui ne permettent pas d'adopter une semblable théorie. Ajoutons, d'ailleurs, qu'une augmentation de nombre des hématies dans la veine splénique, fûtelle constatée, ne nous apprendrait rien sur leur mode de formation.
Les opinions de notre premier groupe étant éliminées comme reposant sur une base tout à fait insuffisante, abordons celles du second groupe.
Les considérations très étendues dans lesquelles nous sommes entré précédemment démontrent que le mode de formation des hématies est identique dans toute la série des Vertébrés. Un certain nombre d'auteurs pensent cependant qu'il diffère selon qu'on l'étudié chez les ovipares ou chez les vivipares. Pour nous rendre compte de toutes les opinions émises sur l'hématogénèse, nous maintiendrons cette distinction, et nous examinerons d'abord les recherches qui sont relatives au sang des ovipares, puis celles qui concernent le sang des vivipares.
ARTICLE PREMIER