‹ Les élements figurés du sangChapitre 40 sur 68 · RECHERCHES DE WHARTON JONES · texte numérisé non relu

RECHERCHES DE WHARTON JONES

du sang chez les Vertébrés. Dans le second, il étudie ces mêmes éléments chez les Invertébrés (i). Dans le troisième, il les compare dans ces deux embranchements; il compare aussi ceux des ovipares à ceux des vivipares (2). Ces mémoires sont accompagnés de deux planches (3), dont Tune est consacrée aux Vertébrés et l'autre aux animaux sans vertèbres. L'histologiste anglais ne s'est donc pas borné, comme ses prédécesseurs et tous les auteurs qui l'ont suivi, à observer les éléments figurés du sang dans une ou plusieurs classes d'animaux. Il les a soumis à l'examen microscopique dans toute la série animale. En généralisant ses études il a pu, comme j'ai pu le faire aussi, se livrer à de nombreuses comparaisons qui sont devenues pour lui une source de faits nouveaux et de notions précises.

Dans ses recherches sur le sang, il passe successivement en revue les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons; puis descendant aux Invertébrés, il poursuit ses études chez les Mollusques céphalés et acéphales, chez les Crustacés, les Arachnides, les Insectes et les Annélides. Après avoir exploré toute la série zoologique, il la remonte en procédant par voie de comparaison, et arrive ainsi à reconnaître que les globules blancs sont identiques chez tous les animaux. Il étudie toutes leurs variétés, toutes leurs modifications successives, et trouve dans les diverses phases de leur développement la preuve de leur transformation en globules rouges.

Ces phases sont au nombre de trois principales. Dans la première, ou phase granuleuse (Granule cell), les globules blancs présentent des expansions sarcodiques; leur protoplasma se compose de grosses granulations très réfringentes qui cachent le noyau et qui remplissent totalement, ou en partie seulement, leur cavité. Mais l'acide acétique dilué dissout les granulations, et le noyau, ainsi que l'enveloppe, apparaissent alors clairement. Dans la seconde phase, ou phase nucléée {Nucleated cell) , les expansions sarcodiques sont moins prononcées; les grosses granulations sont remplacées par des granulations fines; l'enveloppe est encore sphérique, et le noyau se trouve en pleine évidence, surtout sous l'influence de l'acide acétique. Dans la troisième phase

(1) Wharton Jones, The Blood corpuscule considered in its différent phases of development m the animal séries. Memoir IL Invertebrata {Philosophical transactions, 1846, p. 89).

(2) Wharton Jones, The Blood corpuscule considered in its différent phases of development in the animal séries. Memoir III. {Philosophical transactions, 1816, p. 103).

(3) Opère citato, p. 443 et 444.

{Free cellœform micleus) , on n'observe plus de prolongements sarcodiques; les dernières traces des granulations disparaissent; la cellule s'aplatit, devient elliptique, puis se colore.

Ces trois phases sont celles que j'ai décrites aussi et que j'avais observées dans tous leurs détails et chez tous les ovipares, avant d'avoir pris connaissance des recherches de Wharton Jones. Ce que cet auteur avait vu, je le confirme. Tout ce qu'il avance sur le protoplasma des globules blancs et sur les modifications qu'il subit, est d'une rigoureuse exactitude. Sa description du noyau est beaucoup moins complète. Il ne semble pas avoir aperçu ses granulations et garde un silence absolu aussi sur sa segmentation. L'origine des globulins, leur diapédèse, leur dissémination dans le plasma sanguin, leur constitution, leur accroissement graduel, sont autant de phénomènes qui ont échappé à sa sagacité. Il n'a pas eu la satisfaction grande de constater que ses cellules granuleuses et nucléées, parvenues au terme de leur transformation, n'ont rien perdu de leur constitution primitive, que leurs granulations ont survécu à leur ruine apparente, et que les réactifs les remettent en pleine lumière. Cette preuve a manqué à sa théorie. Mais toutes ces notions complémentaires n'enlèvent rien à la solidité de ses conclusions. En confirmant l'œuvre qu'il avait si brillamment inaugurée, elles viennent au contraire en démontrer l'importance.

Cette œuvre, si digne d'éloges, n'a été accueillie, cependant, qu'avec une froide réserve. Mais remarquons que pour en apprécier la valeur il importait d'observer les éléments figurés du sang dans toute la série zoologique en faisant usage du réactif qui lui avait rendu de si grands services. Or, où trouver des critiques qui se soumettront à une telle épreuve? Quelques auteurs, sortant de cette réserve, ont élevé contre les conclusions de Wharton Jones une objection qui a été trop facilement acceptée et ensuite assez généralement reproduite. Je la retrouve encore dans une bonne thèse que M. Delage vient de publier sur les éléments du sang : « Un reproche grave » s'adresse, dit-il, à la méthode qu'a suivie Wharton Jones. Il examine le sang » au microscope, trouve diverses formes de globules qui offrent entre elles » certaines analogies, les dispose en série et conclut que chaque élément » figuré passe successivement par les termes divers de cette série, pour » arriver du premier au dernier. Cette conclusion pourra paraître un peu hay> sardée. Affirmer, dit M. Picard, que des formes observées sont des formes

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