TRANSF. DES GLOBULES BLANCS EN GLOBULES ROUGES
Ce sont, en effet, des globules de transition, c'est-à-dire des globules déjà arrivés au degré de maturité voulu pour leur transformation. Mais tous les autres globules blancs à protoplasma vésiculeux ou granuleux, arriveront au même degré de maturité et se transformeront également. Ils n'offrent donc rien de spécial : ils représentent simplement la dernière phase du processus physiologique par lequel passent tous les globules blancs lorsqu'ils doivent se transformer en globules rouges. Seulement, ils arrivent en quelque sorte d'emblée à cette phase ultime (1). .
3" Modifications que subissent les globules rouages des ovipares dans la dernière période de leur existence, — En parcourant l'appareil delà circulation, les globules rouges sont soumis à d'incessantes réactions, d'une part dans les capillaires généraux, où ils abandonnent aux divers tissus des sucs assimilables, de l'autre dans les capillaires pulmonaires, où ils absorbent l'oxygène. Ces continuels échanges moléculaires finissent, après un temps indéterminé, par amener leur dégénérescence sénile. Celle-ci s'annonce surtout par l'atrophie du noyau, lequel se déforme en diminuant de volume; ses granulations disparaissent en partie ou totalement; et les réactifs qui les remettaient si bien en évidence pendant toute la durée de l'âge adulte n'ont plus le pouvoir de les faire reparaître. Le protaplasma et l'enveloppe se modifient à peine. Cependant, on voit assez fréquemment les vieux globules se rapetisser. Leur coloration se conserve et devient parfois plus foncée. Mais toutes ces modifications sont variables et peu prononcées. Les seules qui soient constantes et bien évidentes sont celles qui portent sur le noyau. A la petitesse et à l'aspect plus homogène de celui-ci, on les reconnaît en général facilement.
B. Transformation des globules blancs eîi globules rouges chez les mammifères.
Chez les vertébrés supérieurs, les globules blancs destinés à se transformer en globules rouges subissent aussi les modifications préparatoires qui ont pour but de faire passer à l'état latent les granulations du protoplasma. Non seulement les granulations pâlissent et s'amoindrissent , mais elles disparaissent en grande partie; il n'en reste plus qu'une mince couche qui s'applique au
(1) Vulpian. De la régénération des globules du sang chez les grenouilles à la suite d'hémorrhagies considérables. {Comptes rendus, Acad. des sciences, t. LXXXIV, 4- juin 1877.)
noyau. Celui-ci conserve ses dimensions : il conserve aussi sa forme aplatie. Mais, à mesure que le protoplasma se réduit, un sillon circulaire se creuse entre son contour et Tenveloppe, en sorte qu'il semble s'enfoncer dans la cavité du globule, et bienlôt, en effet, il la remplit presque entièrement (1). Après avoir subi celte modification dans ses rapports avec les deux autres parties du globule, il se présente sous l'aspect d'un disque logé dans sa cavité, se continuant par une partie très étroite de sa périphérie avec l'enveloppe. Cette partie adhérente lui constitue une sorte de pédicule extrêmement court. Le protoplasma, qui la recouvre presque entièrement, s'avance jusqu'à ce pédicule et revêt ainsi la forme d'un disque creux qui contient dans sa cavité un disque plein.
A mesure que le noyau et le protoplasma prennent la conformation et la situation relative qui viennent d'être décrites, l'enveloppe du globule, d'abord très ample, se rétracte en suivant dans son retrait la petite masse protoplasmique; et bientôt elle ne se trouve séparée de celle-ci que par un minime intervalle. Ici se termine la phase préparatoire, c'est-à-dire celle qui précède la coloration. Dans cette dernière phase, l'enveloppe s'applique au contenu; le globule, qui a considérablement diminué de volume, possède ses dimensions définitives. On voit alors les granulations du noyau pâlir et disparaître; puis, tout le globule prendre une teinte jaune paille, et se colorer rapidement, l'hématose chez les mammifères s'opérant dans des conditions plus favorables que chez la plupart des ovipares.
En résumé, disparition apparente et graduelle de la plus grande partie du protoplasma, conservation intégrale des dimensions du noyau, sillon circulaire séparant celui-ci de l'enveloppe : tels sont les phénomènes principaux de la première phase ou phase préparatoire; application de l'enveloppe aux deux éléments sous-jacents, fusion apparente de ces trois éléments, disparition apparente aussi des granulations du protoplasma et du noyau, coloration progressive et rapide du globule, tels sont ceux de la seconde.
Lorsque les globules blancs se sont transformés en globules rouges, les trois parties qui les constituaient ont changé de forme. Leur disposition relative n'est plus la même; elles semblent s'être fusionnées en une seule petite masse discoïde et biconcave. Mais aucune n'a disparu. L'action des réactifs
(i) Voy. les pi. X, lig. 5, liet[18; XI, fig. 5, 12, il et 21; XU, fig. i, H et 16.