‹ Les élements figurés du sangChapitre 8 sur 68 · ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG DES INVERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG DES INVERTÉBRÉS

Les animaux sans vertèbres sont si nombreux, ils forment un si grand nombre de classes, de tribus, d'ordres, de familles et de genres qu'il ne saurait être donné à un môme observateur d'examiner chez tous le fluide dans lequel flottent les éléments figurés du sang; et, d'ailleurs, quelques-uns d'entre eux, placés, pour la plupart, sur les derniers degrés de l'échelle en sont dépourvus. Je les ai étudiés chez les vers, les insectes, les arachnides, les crustacés et les mollusques.

En remontant des invertébrés inférieurs aux plus élevés, on ne tarde pas à reconnaître que le nombre de ces éléments s'accroît de plus en plus. Mes observations, sous ce point de vue, viennent confirmer celles de M. Milne Edwards, qui a signalé ce fait depuis longtemps déjà et qui en a montré toute l'importance, en faisant remarquer qu'il s'applique non seulement aux animaux sans vertèbres, mais aussi à toute la série des vertébrés. « Une ten- )) dance que l'étude du sang chez les divers animaux nous a laissé entrevoir » se montre ici de la manière la plus nette : c'est l'abondance croissante des )) globules h mesure que l'organisme se perfectionne (i). »

Dans cet embranchement, les éléments figurés du liquide nourricier se distinguent surtout par l'extrême variété de leur forme et de leurs dimensions; et ces variétés ne dépendent ni des tributs, ni des ordres, ni des genres ; on les retrouve dans toutes les classes et toutes les espèces. Cependant, certains animaux sont plus particulièrement remarquables sous ce double point de vue ; dans ce nombre figurent, au premier rang, les crustacés.

§ 1 . — Éléments figurés du sang des vers

Parmi les animaux qui se rattachent à ce groupe si considérable, figurent les annélides, dont Cuvier, le premier, a formé une classe. Frappé de la couleur que présente le liquide nourricier de ces invertébrés, il les désigna sous le nom de vers à sang rouge. Mais cette coloration n'est pas un caractère constant.

De Blainville montra que chez l'Aphrodite hérissée, une des espèces les plus grosses, le sang présente une couleur blanche. M. Milne Edwards, dans un mémoire lu à l'Académie des sciences en 1837, signale d'autres exceptions : « Dans les Polynoès, le sang n'est pas rouge, comme le pensait » Cuvier, mais seulement un peu jaunâtre; dans le genre Pigalon, qui appar- » tient à la même tribut, le sang est presque incolore. En poursuivant mes » recherches, je ne tardai pas à voir que, dans cette classe d'animaux, la » couleur du sang peut varier, non seulement d'une famille à une autre, )) mais aussi d'un genre à un genre très voisin de la même famille. Ainsi, » tandis que le sang est d'un rouge intense chez les Néréides, les Glycères

(i) Milne Edwards, Leçons sur la phys. et Vanat. comparée, t. I, p. 96.

Page 1