‹ Les éléments sociologiques de la moraleChapitre 6 sur 76 · VI ; PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI ; PRÉFACE

biologique ; 2° la science sociologique ; 3° la science cosmologique. De là les trois parties principales de notre ouvrage. Ce sera, croyons-nous, suivre une méthode vrai= ment scientifique que de montrer la hiérarchie de ces lois objectives, selon leur application plus ou moins étendue aux faits moraux et sociaux. Nous aurons à rechercher, par exemple, si telle loi biologique, comme la sélection, s'applique sans restriction dans l’ordre sociologique, si cette loi ne s’y subordonne pas à telle autre loi, comme celle de coopération. Nous aurons à déterminer aussi le rapport des lois bio-sociologiques avec les lois généraies d'évolution que dégage la cosmologie.

[. — Les théories biologiques de notre siècle, dans leur application à la sociologie, ont été interprétées à plein contre-sens et sont devenues, si l’on peut dire, la plaie de la morale, y compris la morale politique et internationale. Jamais avec un tel cynisme ne s'était étalé le vice des généralisations précipitées. N’a-t-on pas vu de prétendus darwinistes soutenir le droit au meurtre, la philosophie de « l'assassinat scientifique », la théorie de l’égoïsme brutal et féroce, réveillant, dit A. Daudet, ce qui reste à quatre pattes dans le quadrupède redressé? N'a-t-on pas étendu aux races et aux peuples la loi du « fer et du sang », la force « accoucheuse des sociétés »? — « La guerre est saïnte et d'institution divine, disait Moltke ; elle entretient chez les hommes tous les nobles sentiments : honneur, vertu, courage ; elle empêche le monde de tomber dans la pourriture. »

Telle est, selon la Bible darwiniste, la loi tragique des

sociétés comme de la nature. Nietzsche n'a fait que développer en une poésie romantique les lieux communs du

darwinisme interprété à la manière allemande. Pour

Nietzsche, ce qu’il y a de radical dans la société, c’est

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