‹ Les éléphantsChapitre 24 sur 76 · DATES POIDS CIRCONFÉR.| HAUTEUR · texte numérisé non relu

DATES POIDS CIRCONFÉR.| HAUTEUR

kilogr. mètres mètres DÉCIDE TÉL EEE 295 2,05 1,12 JANVIER ET 8 05 Me Tee 343 2,23 1,17 Avril DR Et PE 4C0 2,42 1,25 Juiliet DE VONT 447 2,47 1,33 Octobre DA SE SERRE at. SMS 10 2,51 1,35 JANVIER ANSE, FRERE PAEENE 550 2,65 1,38 Avril DS AR RE ANRT 6158 2,14 1,39 Juillet A EE Den 702 UT 1,45 Octobre A RTE RIDE 732 2,79 4,59

Pourquoi ne pas avoir dressé un tableau identique pour Tobie, et comparer ainsi les progrès du Cambodgien à ceux de l’Ethiopien ?

Je dois à l’obligeance de P. Bourdarie les dimensions comparatives suivantes, prises sur trois Eléphants du Muséum d’Histoire Naturelle :

TOBIE SARIT KOUTCH femel.d’Af.ique|femel.des Indes|mâle des {ndes

mètres mètres mètres Dist. du sol au poitrail prise à faambede devant #2 1 »» (), 95 1 »»

Distance du sol à l'abdomen... 0,65 079 0,73 Éonsueurndu corps" "rer 1,59 1,35 1,47 Circonférence prise à la hauteur | de la poitrine et de la selle... 3 »» 2, 50 3,10

Comme bien on pense, le poids de l'Eléphant est très variable ct diffère suivant les individus. Le poids moyen paraît être de 4.500 kilogrammes, mais il peut atteindre 6.000 et même 7.000 kilogrammes comme chez Saïd, l’Eléphant d'Afrique que possèdait le Muséum.

Il en est de même pour la longévité qu’on ne peut établir

d’une facon bien absolue. Les animaux domestiques ou ceux qui vivent dans les ménageries ne nous renseignent guère sur ce point. Aussi, n'est-il nullement extraordinaire que les anciens se soient trompés dans leurs évaluations et les aient singulièrement exagérées. Onésicrite, cité par Strabon G) nous fait par exempie vivre l’Eléphant 300 ans. Philostrate raconte que l'Eléphant ce PrasS Mivait encore quatre siècles, après ce roi. @) Pline fixe les limites de la vie de ces animaux entre 2 et 300 ans. (3) Seul, Aris= tote approche de la vérité en l’'évaluant de 120 à 200 ans. (4)

D'après mes propres déductions, je crois pouvoir assurer que PEléphant à l'état sauvage peut vivre au maximum 120 ans, () tand!s que So ans me semble la limite qu’il peut atteindre en captivité.

Ge qualya de certain, c'est qu'il ne parvient jamais à 200 ans, comme Buffon le prétend.

L'Ayéen Akbéry qui, il y a plus d'un siècle, donnait le chiffre de 120 ans n’était donc pas loin de la réalité, (6) que je crois être de 73 à 0 ans à l'état sauvage, c'est-à-dire environ le double de notre moyenne.

Je sais bien que dans certains cas on à vu des Eléphants dépasser 140 ans, mais ce ne sont là que de véritables exceptions aussi rares que nos centenaires actuels. Un exemple de ce genre est cité par Breton qui raconte qu'un de ces animaux attaché alors à l’établissement d'Eléphants de Matura, servit les Hollandais pendant toute la durée de leur occupation (c’est-à-dire durant plus de 140

ns) et qu'ils Pavaient trouvé eux-mêmes dans les écuries, lors de l'expulsion des Portugais, en 1656. (7

(1) STRAB., — Geogr., XV, I, p. 280.

(2) PHILOSTRAT., — Appollen. vit., lib. XV.

(3) Puin., — Hist. Nat., VIIL 10.

(4) ARIST., — Animal., 1X, far

(>) « Les Eïéphants croissent jusqu'à la moitié de leur âge (ce qui est faux) et vivent ordinairement 150 ans ». — Voyage de Drack autour du monde, pe 104:

« Les Eléphants porteat deux ans et peuvent vivre jusqu’à 150 ans ». — Recueil des Voyages de la Compagnie des Indes de Hollande, tom. VII, p. 31.

— « Nonobstant toutes les recherches que j'ai faites avec assez de soins, je n'aijamais pu savoir bien exactement combien l'Eléphant vivait et voici toutes les lumières qu’en peut tirer de ceux qui gouvernent ces animaux. Ils ne savent vous dire autre chose, sinon que tel Éléphant a été entre les mains de leur père, de leur aïeul et de leur b:saïeul ; et supputant le temps que ces gens-là ont vécu, il se trouve quelquefois qu’il monte à 120 OÙ 130 ans ». — Vovag2 de Tarernier, Rouen Stomp: 24261247.

(6) AYFEN AKBERY. — Or the institutes of the enperor Akber translated by F. Gladwin, London, 1800.

(7) BRETON. — Dictionnaire d'Histoire Naturelle.

Suivant Sanderson « l'Eléphant atteint toute sa croissance, mais non sa maturité entière à l’âge de 25 ans environ, et ce n’est que vers 32 ans qu'il possède toute sa force et sa vigueur ». Je partage aisément cet avis que Je crois bien fondé.

Les Birmans qui ont une très grande expérience des Eléphants désignent de la façon suivante les diverses périodes de croissance :

De 25 à 35 ans, hstii-un — jeune etfaible:

De 25 à 45 ans, kyi-byi — croissance complète ;

De 45 à 50 ans, hsin-daing ou mundi — âge moyen;

De 50 à 6o ans, oby1 où mun-hve-byi — passé la moyenne et sur le déclin.

Comme nous l'avons vu plus haut, la bordure des oreilles est le plus sûr et rapide moyen de reconnaitre l’âge d’un Eléphant. Plus la bordure du haut de l'oreille sera roulée et plus le sujet sera âgé. Chez les individus de trente à quarante ans, cette bordure peut atteindre 2 à 3, centimètres, alors que chez CEE huit à dix ans, elle commence à peine à se rouler. Cette bordure augmente ainsi Jusqu'à environ soixante ans où elle peut mesurer dela bIcentmMIernEse

Evans nous donne les moyens suivants pour reconnaître les vieux Eléphants : « Un ensemble d’aspect misérable, la tête maigre, le crâne paraissant à peine recouvert de peau, des trous profonds se voient au-dessus des yeux et souvent sur les joues (de côté et de face); la peau couvrant le front présente fréquemment un aspect craquelé et verruqueux. Îl y a souvent de l’opacité dans les yeux, d’où découle une quantité anormale d’eau. La bordure des oreilles, particulièrement en bas, est déchirée et éraillée. La peau de la trompe est rugueuse, dure et verruqueuse, cet organe paraissant avoir perdu beaucoup de souplesse. La peau couvrant le corps est luisante et recroquevillée. Les jambes sont plus minces que dans la jeunesse et l'éiorme masse des muscles, visible alors, est imperceptible ; le contour des membres, surtout Juste au dessus des pieds, est considérablement réduit. La peau autour des ongles présente une apparence verruqueuse et craquelée. La queue est écailleuse, dure, et l'extrémité est souvent dégarnie de poils. » (M)

(1) Evans. — Traité sur les Eléphants, p. 8.

Ps

LES ÉLÉPHANTS sul

Pour qu’un Eléphant soit bien portant 1l doit manger ce que bon lui semble. Aussi la méthode employée aux Indes et qui consiste, le travail une fois terminé, à envoyer les Éléphants pàturer eux-mêmes dans la jungle, est-elle excellente. Les animaux y trouvent une nourriture variée, abondante, saine et de leur goût. Malheureusement, cette méthode ne peut être appliquée partout. On ne se figure pas très bien les Eléphants de notre Muséum allant plusieurs fois par jour brouter les pâturages équivoques de la plaine Saint-Denis ou Îes pouces rachitiques des arbres du Bois de Boulogne ! Aussi a-t-on recours à la nourriture arkficrelle, peut-être moins salubre, mais chez nous à coup sûr plus pratique.

L'orsqu'il est à l’état sauvage, l'Eléphant se nourrit principalement d'herbes, d’écorces d’arbres, palmes, cannes, plantes grimpantes, fruits, etc., et c’est à cause de cette diversité que l’on doit, lorsqu'il est prisonnier, changer le plus possible ses aliments ordinaires, suivant les saisons, les circonstances et les pays. Les Jeunes jets de bambous, les palmiers, le millet, la paille de maïs, la canne Hisucre, les tiges et feuilles de bananiers, les pommes de terre, patates et ignames, le riz, le manioc, le sagou, les ananas, Îles bananes, les melons d’eau, les oranges, sont leurs aliments préférés et doivent donc leur être donnés le plus abondamment possible.

« L’Eléphant, nous dit Livingstone (Ü), est un mangeur des plus délicats ; 1l affectionne particulièrement les arbres et les fruits à saveur douce ; le mohonons, le mimosa, tous ceux qui tontiennent beaucoup de matière saccharine, de mucilage et de gomme. On lui voit secouer les grands palmiers pour en faire tomber les semences qu’il ramasse et qu’il mange une à une; ou bien, on le trouve Heotdu masuki ou "d'autres arbres fruitiers, dont il cueille patiemment les fruits, et toujours un à un. Il se nourrit aussi des bulbes et des tubercules de certaines plantes qu'il déterre, mais qu'il ne digère pas complètement. Bruce a dirigé l'attention des naturalistes sur les morceaux de bois non digérés, qu'il avait vu dans la fiente des Eléphants ; il doit avoir observé que ni les feui.les, ni les graines ne changent de nature en traversant l'appareil digestif de cet animal ; les fibres ligneuses des racines et des bran-

(1) LiviNGsTonE. — Explorations dans l'Afrique australe, p. 019 et 620.

72 LES ÉLÉPHANTS ches qu'il a mangées sont rendues à l’état d’étoupes, la partie nutritive seule en a été extraite. »

IT est mauvais de rationner les Eléphants. Ils doivent manger à leur faim entière et comme ils gachent une certaine partie de leur ration (soit qu'ils la trouvent sale ou qu'ils s’en amusent) on doit toujours la majorer légèrement.

Lorsqu'on ne peut accorder plus de temps, l'heure la plus propice pour le repas est avant et après le travail. Il ne faut en aucun cas suivre l'exemple de certains patrons qui laissent les Eléphants attendre leur nourriture pendant souvent plusieurs heures après qu'ils ont travaillé.

« Des boulettes d'épices aromatiques, connues dans l’Inde sous le nom de « mussauls », sont aussi données occasionnellement. Elles se composent d’une grande variété de substances végétales, dont beaucoup sont aromatiques, comme les suivantes :

Gingembre Poivre noir Assa-fœtida Coriandre

Anis Cardamine Curcuma ; Ail

Graines de carvi Clous de girofle Oignons Noix muscade

et autres. Ces boulettes sont très utiles pendant la saison chaude, car elles facilitent la digestion. On mélange, le plus souvent, ces ingrédients avec du beurre clarifié, du sirop de sucre ou du miel. Malgré toutes leurs propriétés, quand le besoin s’en fait sentir, on ne doit user de ces boulettes qu'avec sobriété. (1)

Une petite quantité de sel est également nécessaire; elle aide à l'assimilation et débarrasse les intestins de certains parasites. La dose doit être de 70 à 100 grammes par jour. @)

Sanderson fournit de curieux renseignements à propos de la quantité de nourriture des Eléphants. Il écrit: « quatre cents kilogrammes de bon fourrage doivent être regardés comme la ration minima d'un Eléphant ayant atteint toute sa croissance. » II ajoute qu’il a vu Tusker en manger quatre cents kilos en dixhuit heures.

(1) Evans. — Ti'aité sur les Eléphants. p. 35. (2) Les Eléphants sauvages se rendent souvent dans ce but aux sources salées.

L'échelle des rations de l’Intendance pour les Eléphants du Bengale, de Madras et de la Birmanie est imprimée au volume V, appendice 39, paragraphe 1917 du Commissariat Transport, comme 1l suit :

1° Quand les Eléphants ne sont pas en ligne de marche, il leur est alloué 6o grammes de sel et 30 grammes d'huile à chacun. Cidessous est la proportion de nourriture fraiche ou sèche, selon les cas, pourvu que la dernière ne consiste pas uniquement en paille, c'est-à-dire sans aucun grain avec :

ALIMENTS CS Verts* Secs kilogr. kilogr.

Grands Eléphants, c'est-à-dire ceux au-dessus de nd rade hante ei. im su 200 TOUT?

Taille moyenne, c’est-à-dire ceux entre 7 1/2 et 5 DECEN DAERRRRERRRNRE 261 150 1/2 Petits Eléphants au-dessous de 7 pieds 1/2........ Do 113 1/2

* Canne-4 sucre, blé vert, etc.

2° Lorsque des feuilles et nervures de bananiers, des branchages ou des herbages de la jungle sont donnés, la quantité de nourri-

ture allouée est comme suit :

Quand les vivres peuvent être procurés gratis Quand ils doivent être payés

kilogr. Les quantités ne doivent Giands Eléphants.:.:.1,....... 980 pas excéder la valeur du prix

que coûte la ration de canne à sucre, calculée au prix cou-

Bénts Eléphants..........: .... 454 |-rant.

Eléphants de taille moyenne.....| 522

3° Les vivres secs ne doivent être délivrés qu’au cas où ilest

impossible de s’en procurer de verts.

4° Les proportions suivantes représentent les rations journalières

des Eléphants en marche de service :

En service de marches Grains Secs Verts Sel Huile

mme | mms | “ss | ——.—. |

kilogr. kilogr. kilogr. gr. gr.

Grands Eléphantse C2 "tree 6,80. |! 90 14/2 | 217 47200608 Eléphants de taille moyenne.| 6,80 | 79 1/2 | 18 1/2| 60 | 30

Petits EléDhants PRE 6,80 68 . |144 60 | 30

5° Les cornacs recevront une allocation spéciale de 45 centimes par jour, quand ils devront couper eux-mêmes la nourriture et qu'elle est fournie gratuitement. Cette allocation peut être accordée même quand les animaux pâturent.

6° Les officiers de l’intendance sont autorisés à refuser aux cornacs cette allocation journalière de 45 centimes si leurs animaux ne sont pas tenus en bon état.

7° Quand le prix des rations de fourrage pour les Eléphants dans les cantonnements, excède celui des rations en service, Îes Eléphants dans les cantonnements doivent être nourris d’après le tableau précédent.

8° Les règles du paragraphe ci-dessus ne s'appliquent pas aux Eléphants de batteries lourdes, auxquels sont allouées des rations conformément au paragraphe 1917, appendice 38. Ce paragraphe donne la proportion des rations comme il suit:

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