‹ Les éléphantsChapitre 30 sur 76 · CO · texte numérisé non relu

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étreignant ses épaules avec ses pieds et pressant son front avec la trompe. Le surplus se passa à peu près de la même manière et dans le même temps que le même acte entre un cheval et une jument. (1) Elle mit bas le 16 mars 1705, c'est-à-dire 20 mois et 18 jours après avoir été couverte ». ()

Sanderson fut quatre fois témoin du même fait, Pritchard,

Chapmann et Petley deux fois; Steel, le docteur en résident

du Cambodge le virent ne. bars Armandi, 6) Evans 4) et bien d’autres soutiennent la possibilité de tels actes :

Dans l’ancienne ménagerie de M. Bailey (actuellement direc-

teur du cirque Barnum) eurent lieu les deux seules naissances connues dans l’histoire des ménageries. Le premier de ces rejetons naquit à Philadelphie, le 10 mars 1880 et se nomme Colombia, le second, qui est né à Bridgeport (Etats-Unis) le 3 mars 1882, porte: le nom du lieu de sa naissance. Ces deux animaux font toujours partie de la fameuse exhibition.

Je possède du reste la reproduction d’une excellente photographie prise par M. Porter, maitre de l'Ecole du régiment de Bedfort, où deux Eléphantsont été pris dans l’acte même de l’accouplement. Un cornac est même monté sur la tête du mâle et la femelle est maintenue et entourée par plusieurs personnes.

Maintenant, de là à affirmer que la reproduction en captivité peut loujours être pratiquée et donner de bons résultats 1l y a un monde. Quand je dis qu'elle est possible, je ne veux pas affirmer qu’elle doit l'être dans n’importe quel cas.

C’est ainsi que deux animaux constamment attachés auront beaucoup de chances pour ne pas vouloir se couvrir. Afin que la reproduction soit pr'atique, il faut laisser le plus de liberté possible et organiser à cet effet des fermes d'élevage et des parcs spacieux ; un peu comme les Américains ont fait aux Etats-Unis à Yellowstone, pour protéger les beautés naturelles et certaines espèces animales menacées de disparaître.

(1) Nous ne parlerons pas des étranges et fantaisistes histoires qui ont été écrites sur la façon dont s’accouplent ces animaux et qui ont pour auteurs Buffon, Tavernier, de Bussy et d'autres.

(2) D'ORBIGNY. — Dictionnaire universel d'Histoire Naturelle, tom. V, p. 268.

(3) ARMANDI. — Histoire Militaire des Eléphants, tom. I, chap. F,:p: 6.

(2 (4) Evans. — Traité sur les Eléphiants, p. 19. (2' Voir à ce sujet les lettres particulières publiées dans le chapitre X.

Les cas de reproduction « en public» ne peuvent servir qu'à titre d'exemple et à faire bien augurer des autres. Ce ne sont là | que de simples expériences de laboratoire et l’on ne doit point s’y arrêter outre mesure. Il faut chercher à généraliser la chose sur une grande échelle et économiquement. De plus, la reproduction en captivité ne peut guère être utile dans les Indes, où la capture régulière permet de se procurer le nombre d'individus dont on a besoin. Les propriétaires vont même jusqu'à donner les jeunes dont la venue, trop coûteuse et longue, ne pourrait compenser les profits postérieurs.

En Afrique, il n'en est pas de même, car les captures sont rares et l'élevage pourrait, tout en conservant l'espèce, aider beaucoup dans les premiers essais et le dressage des adultes,

Voici, à ce propos, un intéressant passage de Jacolliot, relatif à un parc à Eléphants : « C’est une simple palissade où sont enfermés une vingtaine de jeunes Eléphants, capturés dans une des dernières battues. Ces Eléphants, quoique pris dans la forêt, ne sont pourtant pas sauvages ; ils proviennent d'un système d’élevage qui ne se pratique que dans le pays de Chutterpore et de Pannah. Après avoir détruit complètement les Eléphants sauvages qui habitaient ces forêts, on a repeuplé celles-ci d'animaux déjà dressés, qui se sont multipliés en toute liberté, sans toutefois perdre l'habitude de la présence de l’homme. Chaque année, à une certaine saison, les troupeaux sont cernés et on s'empare de tous: les jeunes qui ont atteints un certain âge. On les enferme dans des parcs spéciaux où leur éducation est faite et d’où 1ls sortent pour être vendus ou renvoyés dans la forêt. On obtient ainsi par ce système une race d'Eléphants très supérieure à ceux qui sont déjà pris àgés et complètement sauvages ; 1ls font l’objet d’un commerce important avec tout le pays de l'Hindoustan. » ()

Je crois que ce système serait le plus praticable ex certaines parties de l'Afrique, car il me paraît apte à fournir le maximum de résultats tout en étant le moins coûteux et le plus commode.

C'est là une question à laquelle je ne saurais trop demander

(1) JACOLLIOT. — Au Pays des Eléphants.

que l’on s’arrêtat et que le Gouvernement devrait étudier, car les conséquences pourraient en être énormes.

Avant de passer à l'acte même de l’accouplement, et à ses préludes, une courte étude des organes de la génération s'impose. Je ne puis mieux faire que de reproduire celle d'Evans : « Nous trouvons dans le mâle, dit-il, des glandes secrétant le fluide séminal — testicules — et un instrument — le pénis — par le moyen duquel ce fluide est déversé dans le réceptacle approprié de la femelle. |

Les testicules sont deux corps glandulaires, de forme globulaire, dont la substance est molle, et la section d'une couleur brun-clair. Ils sont suspendus librement dans l'abdomen et placés en-dessous des extrémités postérieures des reins.

Le pénis est un long corps charnu qui donne passage à l’urine et sert aussi à éjaculer la semence. À son extrémité se trouve l’urèthre, lequel affecte chez cet animal la forme d'un Y.

Dans le but de prévenir ce désordre sexuel particulier, connu sous le nom de « musth », de nombreuses tentatives de castrer ces animaux ont été faites, mais étant donné les dimensions de la carcasse et la position particulière des testicules, l'opération devient nécessairement formidable et dangereuse. Celle-ci doit, de plus, être faite des deux côtes,

Les organes féminins de la génération sont divisés en externes

et en internes.

[. L'ouverture externe — ou uro-génitale — appelée vulve, n’est pas placée près de l'anus comme chez nombre d'animaux, mais en arrière, où elle occupe la même position que le pénis chez le mâle. Les côtés en sont làches ; les lèvres recouvertes d’une membrane muqueuse, forment un prépuce ou une couverture pour le clitoris. En séparant les lèvres de la vulve, on découvre un corps charnu, variant entre ?o et 40 centimètres de longueur, appelée clitoris. C'est l’analogue du pénis chez le mâle.

Les organes internes sont le vagin, l’utérus, les trompes de Fallope ct les ovaires. Le vagin forme un canal tapissé par une membrance muqueuse. [l a environ 30 à 38 centimètres de lens eu bout du vagin est l'entrée de l'utérus ou matrice. Cet organe offre

cette particularité que sa plus grande partie est divisée en deux cornes. Extérieurement, il est très difficile de distinguer l'utérus du vagin.

Les trompes de Fallope sont deux tubes reliant les cornes de l’utérus aux ovaires.

Les ovaires ou testicules féminins, sont de petits corps enveloppés par une capsule fibreuse compacte. Sa substance consiste en un réseau de fibres, de vaisseaux sanguins, etc... dans lequel repose l’œuf qui, après sa fécondation, deviendra le nouveau-né. L’œuf étant rejeté de l’ovaire, est saisi par l'extrémité abdominale du tube de Fallope, d’où 1l passe dans l'utérus, et, s’il n’est pas fécondé Hhmeureerestexpulsé à l'extérieur; mais, s’il est fécondé, par les spermatozoaires contenus dans le fluide séminal, il subit certains changements qui aboutissent finalement à la reproduction de l’espèce. G)

À cette description, je ne ferai qu'ajouter une simple remarque à propos des dimensions du membre génital chez le mâle. Buffon nous dit, en effet : « Le mâle n’a pas le membre génital proportionné à la grandeur de son corps » (@) et plus loin, il ajoute encore : « Les naturalistes et les voyageurs s'accordent à dire que l’Eléphant n’a pas le membre génital plus gros ni guère plus long que le cheval... » (G) Or, il m'est maintes fois arrivé de voir des Eléphants en chaleur et dans cet état, si leur membre génital n’était guère qu’un tiers plus gros que celui d’un cheval, il était par contre beaucoup plus long, puisqu'il touchait presque la terre. Lacépède et Cuvier disent du reste justement à ce propos: «... Sa verge s'allonge à traîner à terre. Elle a alors de six à huit pouces de diamètre et est donc proportionnée au corps. » (4)

Lorsque l’animal est arrivé à un très haut degré d’excitation, son membre génital se recourbe alors un peu à son extrémité et il en frappe avec force son ventre. () Dans le même temps, ses testicules se gonflent et la liqueur séminale s'échappe parfois spontanément de l'extrémité de la verge.

us Evans. — 7raité sur les Eléphants, p. 68 à 100.

É BuFFON. — Histoire Naturelle, tom. IV, p. 386.

3) BurFON. — Histoire Naturelle, tom. IV, p. 386.

(4) LacéPiDe et Cuvier. — La Ménagerie du Muséum d'Histoire Naturelle. — 1801. (5) P. Bourdarie m'a dit que Saïd, du Muséum, se trouvait dans cet état lorsqu'il

tua son gardien, le 30 août 1905 ; ce qui excuserait en partie son acte.

Quant à la femelle, 1l paraîtrait que, lorsqu'elle entre en chaleur, sa vulve subit un déplacement considérable et après s’être d’abord portée en arrière, elle s’y place enfin entièrement. () Elle affecterait alors une forme ovale, de couleur rouge clair. N’ayant pu, vérifier ces faits, je ne puis rien afhrmer. Cependant, 1l me semble que cette assertion est exacte, car elle expliquerait pourquoi la femelle n’a point besoin de se coucher sur le dos pour recevoir le mâle, comme on l’a si longtemps affirmé.

D'un autre côté, Sanderson fait remarquer que la période de chaleur n’est indiquée, chez les femelles, par aucun signe particuher. En approchant un Eléphant, la femelle désireuse des attentions émet certains sons et recherche sa société, mais il n’y a que ceux bien familiarisés avec ces animaux qui puissent le remarquer ». Evans ajoute : « Je n’ai, pour ma part, jamais remarqué aucune apparence de chaleur chez l'Eléphante, et plusieurs amis que j'ai consultés à ce sujet m'ont répondu que, quoiqu'ils aient vu un grand nombre d’Eléphants et eussent été parmi eux pendant beaucoup d'années, ils n'ont jamais rien remarqué de particulier chez les femelles, hors ce qui a déjà été dit au sujet de certains sons émis par elles ». (2) Je me borne à citer sans conclure et serais heureux de recueillir tous les renseignements qu’on voudrait bien me fournir sur ce point encore imprécis. ©)

La femelle peut recevoir le mâle entre 14 et 15 ans et continue à reproduire jusqu'à 75 et même 80 ans.

Elle porte environ tous les deux ans et demi à trois ans et ne permet à l’Eléphant de l’approcher que lorsqu'une dizaine de mois se sont écoulés depuis qu’elle a mis bas le dernier petit.

La durée de la gestation a été et est même encore sujette à de nombreuses controverses. Le plus généralement 1l est d’usage courant de croire que l'Eléphante porte quatre ans. Parfois, c’est beaucoup plus, parfois beaucoup moins, (4 mais le chiffre indiqué plus haut est le plus fréquemment cité. Pourquoi ? Je lignore. 1) LACÉPÈDE, CUVIER, HOUEL, etc. partagent cet avis.

) ) Evans. — Traité Sur les Eléphants, p. 20.

On a dit mal à propos que la sécrétion d’une humeur visqueuse derrière l’oreille était un signe de rut.

t (4) Marcellus Blès va jusqu’à dire neuf mois.

P. Bourdarie nous en fournit l’explication suivante, qu'il nous donne du reste lui-même pour ce qu'elle vaut:

« La période de l'allaitement et celle du sevrage de l'Eléphanteau doivent exiger les soins de la mère pendant deux ans et même deux ans et demi, ce qui, avec les dix-huit mois de la gestation donnerait le nombre de quatre ans. Or, on sait avec quelle aisance le peuple modifie les données scientifiques qu'il recueille cà et là, il n’a nile temps, n1 toujours les moyens, de contrôler ses croyances. La corruption des chiffres suit les mêmes phases que la corruption des mots ; seuls les termes principaux résistent, subsistent : le mot gestation et le nombre quatre, celui-ci s'appliquant alors au premier, lequel englobe la période de première croissance. »

En réalité, l’Eléphant porte de 18 à 22 mois.

«On peut faire travailler les Eléphantes pleines presque jusqu’à la fin de leur terme, mais il vaut mieux les relever de leur travail six semaines avant la. mise bas. Vers la fin de la grossesse, l’Eléphante devient très paresseuse et indolente ; la taille de l’animal, réunie à l’engorgement des glandes mammaires et la présence du lait doivent fournir des indications suffisantes sur l’approche de la parturition.

L’'Eléphante, après la mise bas, doit avoir un bon repos et recevoir en abondance d’excellent fourrage. » (1)

La parturition est courte, la période de travail étant rapide. Il ne nait jamais qu’un seul petit à la fois, mais il se pourrait quand même qu'il arrivàt exceptionnellement qu'elle donnat naissance à deux rejetons.

Ïl y a plus d’un siècle, Houel décrivait de la façon suivante la naissance d’un Eléphanteau :

« Dès qu’elles (les Eléphantes) s'aperçcoivent de l’approche de ce moment, elles amassent des feuillages secs ou frais plutôt encore, si elles en peuvent avoir, dans l’endroit solitaire qu’elles choisissent pour y déposer le fardeau que leur a confié la nature et qu’elles ont soin de chercher près d’une source dont les eaux puissent leur servir à se baigner par la suite avec leurs petits ; elles appellent pour ainsi dire à leur secours une ou plusieurs autres

(1) Evans. — Traité sur les Eléphants, p. 20 et 21.

femelles qui ne se refusent point G) à les aider pendant le travail laborieux de l’accouchement. |

Pendant cet acte pénible, qu'’annoncent quelques cris sourds, la femelle qui met bas est sur ses quatre pieds. Sa vulve se dirige en arrière à peu près comme dans le moment des plus pressants désirs de l’amour. Dans cette situation, elle s'ouvre ensuite en tous sens et donne passage au fœtus qui présente d’abord la trompe, puis la tête et le corps. Alors, pour lui faciliter le passage, cette mère écarte les jambes de derrière et même celles de devant, baisse beaucoup la tête, fait les efforts nécessaires à l'expulsion du fœtus et, retenant sa respiration pour gonfler sa poitrine qui presse sur les viscères du ventre, le chasse et le force de sortir.

Quand elle sent qu’il s'échappe, elle s'abaisse doucement davantage, ploie les jambes et dépose sur le lit de feuillages le nouveauné qu’elle soigne comme nous voyons les juments soigner leurs poulains et les vaches soigner les veaux qu’elles viennent de mettre au Jour.

Pendant toute l’opération, les femelles officieuses qui assistent cette mère, s'efforcent de lui procurer quelqu’espèce de souiagement, en la frottant avec leurs trompes le long du ventre, en dessus, en dessous, à la tête et par derrière Cetunstrumenetmons les mouvements sont si faciles et si variés, peuvent encore servir en ce moment et les aider à recevoir le fœtus pour qu'il se place plus commodément sur le lit que la prévoyance maternelle lui a préparé ». (2

Monsieur Lidderdale adressait à Evans la description suivante : « L’Eléphante avait travaillé, dans le chantier de bois, durant l'après-midi et comme d'habitude fut ramenée à l’écurie après son travail, vers six heures du soir. Vers 11 heures, elle devint extrêèmement agitée et grognait très haut ; à environ 3 heures du matin, elle brisa soudainement son entrave postérieure et celle des pieds de devant lui furent enlevées ; après cela elle quitta son écurie pour aller à environ cinq mètres de là, dans un endroit rempli d’une boue épaisse, où promptement elle assuma la pos-

(1) Ceci a été constamment observé parmi les Eléphants vivant en société, m'a dit M. Foucher d'Obsonville (Iouel).

(2) Houer. — Histoire Naturelle des deux Eléphants mâle et femelle du Muséum de Paris p.100 tetarro;

ture nécessaire pour donner le Jour à une petite Eléphante, coiffée de l’amnios, ce qui n’est pas, Je crois, une chose rare (tête et pieds de devant présentés d’abord). La parturition proprement dite ne dura que quelques minutes. Son cornac birman, qui était présent et avait assisté à d’autres cas semblables, rompit immédiätement les membranes, etc. ; le petit demeura couché sur le côté (la mère restant debout au-dessus de lui), pendant environ mietneure, après quoi il réussit à se lever et, én peu de temps, put marcher. Quinze ou vingt minutes après la mise bas, le placenta sortit ; l'Eléphante le mangea. » U)

Un Birman intelligent fournit encore à Evans ces renseignements : « Lorsque le terme est arrivé, la plupart des animaux sont très agités et en grande agonie pendant quelques heures et souvent environ une heure avant la naissance, il y a une décharge dans les passages. Au moment de mettre bas, l’Éléphante recherche un terrain mou. Le produit peut présenter la tête et les pieds de devant d’abord ou l’arrière-train peut apparaître en premier. Si les membranes ne sont pas rompues par un assistant et le petit délivré, la femelle le fera avec son pied. Les jeunes restent couchés, d’une heure à deux heures après leur naissance, parfois remuant les oreilles, la trompe et les membres, après quoi ils se mettent sur leurs pieds et peuvent marcher ». (2)

Même à l’état sauvage, 1l arrive parfois qu'une Eléphante meurt durant la parturition.

Lorsque le petit vient de naïtre, de longs poils recouvrent son corps. Il mesure alors de 8o centimètres à un mètre de hauteur aux épaules.

Il est à remarquer que lorsqu'une femelle vient de mettre bas, le troupeau ne s'éloigne Jamais avant au moins quarante-huit heures, c'est-à-dire avant que le petit puisse suivre sa mère dans des courses peu longues.

« Sanderson a pesé plusieurs jeunes Eléphants, âgés de deux Jours ; ils atteignaient en moyenne une centaine de kilogrammes, Durant plusieurs mois, ils vivent uniquement de lait et même

(1) C’est en effet ce qui se produit presque toujours. (2) Evans. — Traité sur les Eléphants, p. 22 et 23.

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pendant quelque temps après qu'ils ont commencé à manger de l’herbe, le lait reste leur principal support. La trompe des jeunes animaux est très courte, de dix à quinze pouces de longueur. Les mères consentent rarement à laisser toucher leurs petits; ceux-ci deviennent promptement joueurs et très malfaisants ». (i)

Sur la poitrine et juste derrière les jambes de devant sont situées les mamelles qui se composent chacune de deux glandes. Elles grossissent beaucoup durant les derniers mois de la gestation et le lait commence à être sécrété quelque temps avant la parturition. D’après Steel et Symonds, ce lait serait très riche et posséderait une odeur et un goût très agréables, son beurre et son sucre étant considérablement augmentés, aux dépens de l’eau, en comparaison avec les autres laits.

Durant très longtemps, on crut que l'Eléphant têtait non avec sa bouche, mais avec sa trompe. Buffon disait à ce sujet: « Si le jeune Éléphant avait une fois pris l'usage ou l’habitude de pomper avec la bouche en suçant la mamelle de sa mère, pourquoi la perdrait-il pour le reste de sa vie? Pourquoi ne se sert-1il jamais de cette partie pour pomper l’eau lorsqu'il est à portée ? Pourquoi ferait-il toujours une action double, tandis qu’une simple suffirait ? Pourquoi ne lui voit-on jamais rien prendre avec sa gueule que ce qu’on jette dedans lorsqu'elle est ouverte ? » (2)

Néanmoins, malgré ces sages arguments, Buffon se trouvait dans l'erreur. Il en était du reste de même pour beaucoup d’autres auteurs, parmi lesquels Perrault et Houel, qui va jusqu’à représenter des Eléphanteaux têtant de cette facon. Les petits sucent avec leur bouche les mamelles maternelles et cela durant deux ans. On m'a même dit qu'ils têtaient indistinctement toutes les femelles qui avaient du lait et que, si l’on enlève le petit à une Éléphante et qu'on le garde durant deux ou trois jours, elle ne le reconnaît plus

Ne

(1) Evans. — Traité sur les Eléphants, p. 25. (2) Burron. — Histoire Naturelle, tom. IV, p. 385.

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