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Les Ellobiopsidae des crevettes bathypélagiques

Ce travail a pour origine celui de M. le Prof. Caüllery (1Ü). Sa découverte d ' Ellobiopsis Chuttoni sur des Cahnuis de Banyuls me rappella que j’avais vu des ectoparasites assez semblables sur un exemplaire \Y Acunthephyra pidchru A. M. Edwards provenant des Açores (P to Alice, St. 1139, Chalut, 1250 m.). Dans la dernière campagne du Prince de Monaco, le- filet à largo ouverture et à larges mailles, du modèle Bourée, rapporta en nombre exceptionnellement grand quelques espèces de Crevettes bathypélagiques, entre autres Ac. purpiirca A. M. Edwards, Systellaspis clebili,s A. M. Edwards, Pasiphæa sic ado Risso. Examinés sytématiquement au point de vue de leurs Ellobiopsidæ, ces quelque 380 exemplaires ont donné 39 spécimens parasités, soit la proportion relativement élevée de 1/10 environ.

Depuis, j’ai eu l’occasion d’examiner quelques Sergestidés, dont la moitié se sont trouvés porteurs de minuscules Ellobiopsis (?), et j’ai enfin retrouvé des commensaux semblables sur un Antarctomysis maximci H. J. Hansen, recueilli par M. Gain lors de la dernière expédition Charcot. Jusqu’à présent, je n’ai pas vu d’Ellobiopsidœ sur les Pénéides bathypélagiques, ni sur les Pandales ou les Heterocarpes.

Voici la liste des espèces examinées :

Acanthephyra pulchra A. M. Edw .

Acanthephyra purpurea A. M. Edw.

Systcllaspis debilis A. M. Edw.

Pasiphœa sivado Risso.

Pasiphæidæ spp .

Sergest es sp.

Antarctomysis maxima H. J. Hansen .

Soit 383 ex. t

ont 43 parasités.

(!) Avec la planche VIII.

Les exemplaires parasités proviennent des stations suivantes :

St. i038

Chalut

Pasiphœa tarda.

Chalut

.le. pulchra.

Chalut

Sergestidœ.

Chalut

Ac. purpurea.

Chalut

Ac. purpurea.

Chalut

Ac. purpurea.

Chalut

Ac. purpurea.

filet Bourée

Ac. purpurea.

filet Bourée

Ac. purpurea, Pasiph. sieado.

filet Bourée

Ac. purpurea, Pasîph. sieado.

filet Bourée

Ac. purp., Pasîph. sieado, Syst. dehilis.

filet Bourée

Ac. purpurea.

filet Bourée

Ac. purpurea. Syst. dehilis.

filet Bourée

Ac. purpurea.

A part la première, qui est située au N. B. de l’Islande, toutes les

autres stations s’échelonnent entre le golfe de Gascogne et les Açores.

Le nombre des exemplaires parasités, leur très large distribution horizontale et verticale, indique qu’il s’agit d’organismes relativement communs, qu’il conviendra de rechercher sur tous les Crustacés pélagiques ou bathvpélagiques. Toutefois, les renseignements que l’on peut tirer de l’examen des hôtes sont moindres qu’on pourrait le penser, étant donné leur nombre ; la plupart n’abritent que des commensaux réduits à leur coque. Suivant une remarque qui a été souvent faite en pareille matière, un hôte porte souvent des parasites ou des commensaux à un stade uniforme, de sorte que le stade décisif peut manquer très longtemps, jusqu’à ce qu’un hasard heureux le fasse se rencontrer en grand nombre. C’est ainsi que la majeure partie des faits exposés dans ce travail ont été observés sur l’unique spécimen d'Ac> purpurea de la st. 2994, et sur YAc pulchra de la st. 1349 ( 1 ). Bien que le rapprochement avec Y Ellobiopsis Chattoni Caullery ne soit guère douteux, aucun des ectoparasites que j’ai rencontrés ne s’y l'apporte exactement, ui par l’aspect extérieur, ni surtout par les détails de structure. Le premier est sans doute variable dans de larges limites et ne suffirait pas à baser une distinction générique; les Amæbklium , auxquels les Ellobiopsidæ ressemblent comme genre de vie et aussi comme forme

(!) Je dois des remerciements tout particuliers à M. R. du Noyfr, préparateur au laboratoire, pour l’aide matérielle qu’il m'a apportée dans ce travail.

H. COUTIÈRE.

extérieure, peuvent prendre, suivant les circonstances plus ou moins favorables de leur nutrition, des iormes filamenteuses ou trapues assez dissemblables. Par contre, les structures nucléaires sont de spécificité très grande, et il m’a semblé nécessaire, en me basant surtout sur elles, de ranger dans deux genres nouveaux les organismes rencontrés sur les Décapodes abyssaux. La famille des Ellobiopsidæ, doncj’ai proposé le nom dans une note antérieure (11), comprendrait ainsi trois genres : Ellobiopjsis Caullery, dont le type est E. Chattoni, parasite des Calanus; Staphyloeystis, nouveau nom que je propose pour YE. racemosus, parasite du Pasiphœa tarda Kroyer ; Ellobiocystis , nouveau nom que je propose pour YE\ caridanun et ses formes a, (3, y, 7j, e, qui sont de simples commensaux des Hoplophoridæ et des Pasiphæidæ.

Enfin, je pense qu’il faut remplacer les lettres grecques précédentes par des noms spécifiques, les différences observées dans la forme extérieure étant vraiment bien grandes pour qu’il s’agisse de variations accidentelles, surtout lorsqu’on observe ces formes sur le même hôte.

Voici quelles seraient les diagnoses de ces nouveaux genres :

Staphylocystis n. gen. — Corps ramifié, implanté dans les tissus de l’hôte par un court et mince pédicule, rameaux divisés par des cloisons en articles ovoïdes. Contenu plasmodial, à protoplasme dense et colorable, noyaux très nombreux, avec un caryosome et un centrosome intra-nuclaires, le premier mesurant 0 a 75 dans la portion basale, 2 a dans les articles terminant les rameaux.

Parasite sous-abdominal des Pasiphœa spp.

Ellobiocystis n. " gen. — Corps ovoïde , cylindro-conique , parfois articulé, pédiculé ou non, simple commensal vivant en saprophyte sur les pièces buccales de l’hôte. Contenu plasmodial à protoplasme dense et colorable, nombreux systèmes nucléaires formés d’un grain sphérique de 2 u à 2 p. 5 et d’une masse ovoïde, tronquée ou mamelonnée de 5 à 8 p., systèmes paraissant se répartir en autant de spores ovoïdes, qui se fixent en partie sur le même hôte.

Commensaux au moins des Hoplophoridæ et Pasiphæidæ bathypélagiques, peut-être des Mysidæ et Sergestidæ.

LES ELLOBIOPSIDÆ DES CREVETTES BATHYPÉLAGIQUES.

G-enre Staphylocystis H. G.

Staphylocystis racemosas H. G. = Ellobiopsis raccmosus H. C. (C. R . Ac Sc ., 13 février 1911).

Cet Ellobiobsidé a été vu d’abord par Sp. Bâte sous l’abdomen de Pasiphœa cristata Bâte, des îles Fidji. Sans l’étudier plus avant, Bâte en parle (88, p. 869) comme d'une masse de corps cellulaires, donnant l'impression d'œufs groupés de façon spéciale, liés ensemble en forme de chapelet et partant d’un centre commun. La description et le dessin de Bâte (88, Pl. cxi, fig. 3) s’appliquent bien à ce que j’ai rencontré chez le spécimen mutilé de P. tarda Kroyer cité plus haut. Sur la ligne médiane ventrale du 3 me pléosomite se trouvent environ 50 corps' cylindriques, dont les plus grands atteignent 4 mm, avec une largeur moyenne de 1/2 mm. (fig. I, et pl. VIII fig. 1).

Fig. I. — Staphylocystis racemosus n.gen. n. sp. Sous l’abdomen du F J asiphœa tarda Krôyer (Coll. S. A. S. le P co de Monaco, St. 1038).

Des constrictions annulaires transforment ces cylindres en sorte de chapelets comprenant de 1 à 8 articles. Sur beaucoup, il est visible (Hic des articles se sont déjà détachés, laissant un contour circulaire. Plusieurs se terminent par un article plus petit, irrégulier, à contenu anhiste, soit par suite d’un développement peu avancé, soit parce que la plus grande partie du contenu s’est échappée. La portion basale est

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