H. COUT1ÈRE
de division. 11 en a été représenté 14, parmi lesquels ceux des fig. 26, 30, 31, 32, 33 outre leurs dimensions qui répondent bien à celles des spores (40 à 50 a), montrent le petit caryosome ou blépliaroplaste, comme je l’avais aussi qualifié, ou le n 9 dédoublé, alors que le plus grand s’étire et se divise lui-même en deux. Le grand caryosome rappelle ici, plus encore que dans les plasmodes achevés, le macronucleus. Non seulement par l’aspect de ses figures de bipartition, mais aussi par sa chromophilie, toujours plus faible que celle du petit grain. Les contours de ce dernier sont toujours nets et sa forme régulière. Les fig. 22, 35, 36 montrent deux, ou trois systèmes reconstitués, chez des Ellobiocystis mesurant de 60 à 80 g.. On peut aussi en observer qui en possèdent 4, ou 5. l)es figures telles que celles-ci feraient penser à deux voies différentes possibles : ou bien la constitution immédiate de spores chez des spécimens même très petits, ou bien la croissance indéfinie d’un plasmode avec noyaux épars. On s’expliquerait ainsi les énormes difiérenees de taille entre individus sporulés, ou entre ceux-ci et les plasmodes encore entiers. En tous cas, ces figures de multiplication écartent l’hypothèse de kystes d’infusoires du type habituel, comme ceux que Sollaud a rencontrés chez YAllocaris sinensis, Palémonidé des eaux douces de Pékin (41).
Ellobiocystis villosits. —(Ellobiopsis carhlavum, forme y H. G. loc. cit.). Cette espèce, comme la précédente et les trois suivantes a été rencontrée sur VAc. purpurea en mue de la st. 2994 (lacinie des maxillipèdes I). Les deux individus représentés fig. Y (A) sont les seuls que j’aie vus. On voit qu’ils diffèrent essentiellement des précédents par leur forme de tubes un peu coniques à base très élargie, et leur revêtement de courts poils mous. Ils mesurent 400 p. environ de longueur, leurs systèmes nucléaires ont la forme et les dimensions des précédents. Ils ne sont pas sporulés.
Ellobiocystis tuberosus. — (Ellobiojjsiscaridarum, former H. G, loc. cit.). Les trois individus représentés fig. Y (B) sont les seuls qui se soient trouvés sur l’hôte (lacinie des maxillipèdes I). Ils sont articulés, les articles presque sphériques mesurent 250 à 300 a. L’extrémité de deux d’entre eux paraît brisée, comme s’il s’était détaché d’autres articles. La base d’insertion est large. Je n'ai pu voir si des cloisons réelles correspondaient aux constrictions séparant les articles. Cet Ellobiocystis paraît sporulé, mais la fixation a été très
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défectueuse, fait d’autant plus fâcheux que l’espèce est celle qui rappelle le plus Staphylocystis .
Fig. V. — Ellobiocystis villosus (A) et tuberosus (B) sur Ac. purpurea (st. 2904).
Ellobiocystis fdicollis . — (Ellobiopsis carularum , forme p H. G. loc. cit.). Quatre spécimens, dont trois sont représentés fig. A r I (A) avec leur contour seulement. Un autre du même groupe, inséré sur lelabre,mais très petit est figuré pi. VIII, fig. 37. Un individu très jeune de la même espèce est celui de la fig. 36. Enfin un cinquième, réduit à sa coque vide, mais cette fois transparente et fripée, se trouvait sur la lacinie inférieure des maxilles. On voit que l’espèce se distingue par sa forme irrégulièrement globuleuse, son pédicule très fin, long et flexible, s’épanouissant en une large base circulaire. Le spécimen de la fig. 37, comme ceux de la fig. VI. (A), montrent quelques-uns de leurs systèmes nucléaires dans un espace avec contour net, comme s’il s’agissait d’un début de sporulation. Le plus grand mesure 600 y. de grand axe environ.
Ellobiocystis eutenatus . — (Ellobiopsis carularum e partira). Cette espece s’est rencontrée, toujours sur l’hôte précédent, sur l’exopodite du 2 e maxillipède, près de son origine. En outre, deux individus isolés, mal conservés, sont situés sur les lacinies de la maxilîe. L’espèce est réprésentée en B, fig. VI du texte. Les longs articles à court pédicule dont elle se compose ne montrent que très
H. GOUTIERE.
peu de détails colorables. Le moins indistinct est une masse basophile arrondie ou allongée, qui paraît isolée dans l’article.
Fig. VI. — Ellobiocystis filicollis (A) catenatus (B) sur A. purpurca.
Ellobiocystis tennis (G) sur Pas. sivado.
Ellobiocystis tends . — (Ellobiopsis caridarxnn s partim). Je crois nécessaire de distinguer spécifiquement cette forme, malgré sa ressemblance avec la précédente. Elle est, jusqu'à présent, spéciale à Pasiphœa sivado Risso, et paraît extrêmement fréquente ; la moitié des spécimens en possèdent des bouquets fort visibles, et une dissection des pièces buccales, si elle était possible sur la totalité des exemplaires, montrerait peut-être que tous sont porteurs d’individus isolés. E. tennis se présente sous forme de tubes à très court pédicule, cylindriques, avec un seul étranglement au milieu, parfois cependant un court article distal. Ils mesurent jusqu’à 1 mm. de longueur, sur 50 u de large et sont presque toujours groupés en bouquets de 5 à 12 tubes (fig. YI, C). Ils se rencontrent sur l’article proximal du 3 e et du 2 e maxillipède, et, dans ce dernier cas, très souvent sur la membrane articulaire ischio-mérale et d’un seul côté. L’espèce est fréquemment associée à VE. cari-
darum, dont les volumineux individus, fixés presque exclusivement sur les paragnathes, sont réduits à leur coque vide.
De même que ceux de l’espèce précédente, les tubes de VE. tennis ne montrent que très peu de détails colorables et paraissent vides. Dans quelques rares préparations, on distingue un grain basophile entouré d’une masse irrégulière de protoplasme (pl. VIII, fig. 39).
Ellobiocystis mysidarum . — Je donne ce nom aux commensaux qui se sont rencontrés sur un spécimen d’ Antarctomysis maxima H. J. Hansen, provenant de la mission Charcot (M. Gain). Les maxilles, légèrement concaves et qui recouvrent comme d’un opercule les pièces buccales sous-jacentes, ont leur concavité littéralement couverte de commensaux, mais ceux-ci consistent surtout en Vorticelles, et les Ellobiocystis y sont relativement rares. Ils consistent (pl. VIII, fig. 7) en corps ovoïdes longs de 150 à 200 a, brièvement pédiculés, servant parfois eux-mêmes d’insertion aux Vorticelles. Leur contenu est très difficilement colorable et montre, comme détail le plus visible, un double espace circulaire à contour net, contenant un système de deux grains (pl. VIII, fig. 8). Le plus volumineux de ceux-ci mesure 2 p. environ et renferme quelques granulations basophiles, le plus petit peut avoir 0 p. 5. L’ensemble rappelle les noyaux de Staphylocystis . Sur un individu très petit, mesurent 40 p. seulement (pl. VIII, fig. 8), on voit distinctement une figure de division qui semble aboutir à la formation de ce double système nucléaire. La fig. 10 représente un autre aspect, mamelonné, du grain basophile.
Dans la série des formes qui viennent d’être énumérées, il est visible que les E . villosus, tuberosus, fîlicollis, sont très voisines de VE. caridarum , alors que les trois dernières ne peuvent en être rapprochées que difficilement. Si leur forme extérieure, leur mode de fixation, leur présence sur les mêmes hôtes autorisent ce rapprochement, il faut remarquer que des organismes aussi simples n’ont le choix qu’entre un très petit nombre de formes et que les détails de structure interne sont les seuls essentiels pour la détermination des affinités. C’est donc avec beaucoup de réserve que je laisse ces formes dans le genre Ellobiocystis , en attendant qu’une étude moins sommaire en soit possible.
Les mêmes considérations s’appliquent aux commensaux que j’ai rencontrés sur les longues soies plumeuses des 4 e et 5 e péréiopodes,
H. COUTIÈRE.
chez Sergestcs sp. (St. 2912). Il s’agit de corps ovoïdes, fixés par un «pied» et rappelant comme aspect extérieur, une «lente» de Pédiculide sur un poil de Mammifère. Ces corps, très uniformes, mesurent 40x30 jx. Ils sont entourés d’une coque résistante, leurs protoplasme est dense et parsemé de fines granulations réfringentes. Leur appareil nucléaire est très semblable à celui des jeunes individus de YE. caridarum succédant à la spore, et particulièrement à celui de la fig. 29: un grain ovoïde (mieronucleus ?) à contour régulier, mesurant 3 jx de grand axe, une masse finement granuleuse, étendue en forme de bandelette irrégulière et fragmentée sur les 2/3 de la longueur du corps (macronucleus?).
VEllobiocystis caridarum n’étant pas spécifique, puisqu’il se rencontre au moins sur 3 hôtes distincts, il se peut qu’il s’agisse encore de jeunes de cette espèce, mais, en l’absence de figures de division, il peut aussi s’agir de kystes d’infusoires.
Sur un fragment de paragnathc de YAc. parpurca (St. 2994) que je lui avais remis, M. le Prof. Dangeard a découvert, à côté d’un EUobiocystis filicollis de petite taille, et d’un E. caridarum en forme de tube étroit, un troisième corps dont la fixation n’est pas certaine, qui mesure 109 |x de grand axe environ, et dont la coque porte des poils rigides, ramifiés en ombelle. Aucune structure nucléaire n’est visible sur la préparation. Cet organisme n’est pas sans rappeler Cladopy.vis brachiolata Stein ; malgré le soin avec lequel j’ai exploré toutes les pièces buccales de l’hôte en question, je n’ai rencontré aucun autre commensal comparable. Il peut s’agir d’un Péridinien dont la présence est toute fortuite.
Position systématique et affinités . — Les Ellobiopsidæ étudiés dans ce travail non seulement ne résolvent pas le problème posé par Ellobiopsis Cliattoni, mais le compliquent par l’aspect si particulier de leurs systèmes nucléaires. En ce qui concerne Staphylocystis, je ne puis rien ajouter aux conclusions deM. Caullery : il est certain que le protoplasme dense et colorable rappelle beaucoup celui des Péridiniens parasites, tel que je l’ai vu sur des préparations que M. Chatton a eu l’obligeance de me montrer. Il est probable que l’évolution des articles détachés du « thalle » s’achève pendant la période de vie pélagique de ces articles, il est possible que de ces kystes flottants sortent en dernière analyse des Péridiniens flagellés.
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Au point de vue du système nucléaire, Ellobiopsis et Staphylo cystis ont comme point commun l'existence à un moment donné de très petits noyaux mesurant à peine 1 fx, mais chez celui-là ils paraissent évoluer dans le sens d’une pulvérisation chromidiale, dont l’état final est inconnu. Chez celui-ci, avant un état final également inconnu, ils passent au moins par l’état do noyaux bien caractérisés, avec caryosome et centrosome intra-nucléaire, qui ne rappellent en rien les noyaux d’aucun Péridinien connu, même parasite. Il me semble que la connaissance du parasite des Pasij)hœa a dans ce sens enlevé aux Ellobiopsidæ une chance de ressembler aux Péridiniens.
Quant aux Ellobiocystis , ils ont, pour être rapprochés des précédents, leur protoplasme très semblable, les systèmes binaires de leurs noyaux, leur présence sur des hôtes comparables. Ce dernier caractère est presque sans valeur, et l’interprétation du système nucléaire est ambiguë ; suivant qu’on le résout dans le sens macro-micronucléus, ou dans le sens caryosome-centrosome, la distance entre Ellobiocystis et Stuphylocystis peut être très grandement augmentée.
D’autre part, le mode de fixation des Ellobiocystis , leur saprophytisme, l’aspect de leurs plasmodes, leur sporulation très rudimentaire, la présence d’individus enkystés ( ? ) n’est pas sans les rapprocher des Amœbidium. Il y a de grosses objections à cette manière de voir: la fixation, le saprophytisme, l’état plasmodial sont des choses trop banales chez les organismes inférieurs pour que l’on puisse faire état de ressemblances de ce genre. La sporulation paraît totale et sans reste chez les Ellobiocystis , alors que chaque spore est comme incluse dans un espace dont la paroi protoplasmique demeure, chez les Amœbidium . Enfin ni le protoplasme dense et colorable, ni le système nucléaire si particulier, 11 e permettent un rapprochement véritable. Mais ils nele permettent pas davantage avec les Péridiniens, dont le noyau paraît si uniforme comme structure.
En définitive, je ne vois pas l’utilité de poursuivre une discussion sur des bases aussi fragiles. L’éveil étant donné sur la fréquence de ces organismes et les inconnues de leur cycle évolutif, le plus sage est d’attendre que le hasard les ramène sous quelque microscope compétent, dans un état propre à des investigations cytologiques plus délicates et plus décisives.
(Lab. de Zoologie de l’E. S. de Pharmacie).
H. COUTIÈRE.