‹ Les Ellobiopsidae des crevettes bathypélagiquesChapitre 3 sur 5 · H. C0UT1ERE · texte numérisé non relu

H. C0UT1ERE

un seul cas, j’ai vu à l’intérieur quelques spores qui n’avaient pas été libérées (pi. VIII, fig. 15). Il est plus fréquent d’y trouver des corps d’aspect amœboïde, probablement des parasites (pl. VIII, fig. 38). Un appendice de l’hôte tel que celui de la fig. II, que l’on croirait précieux en raison de ses 37 commensaux, n’a d’intérêt que par les très petits individus qu’il porte, tous les autres étant vides.

b) Les Ellobiocystis renfermant un kyste (?) se rencontrent surtout au milieu des précédents, fixés sur les poils, de préférence. Il s’agit d’une inclusion possédant une membrane propre, située au tiers inférieur de la coque vide du commensal, inclusion dont le contenu très chromophile se laisse difficilement analyser. Les figures telles que 17, 18, 19 (pl. VIII) sont les plus fréquentes. Les fig. 20 et 21 représentent deux coupes successives, choisies parmi les plus démonstratives, dans un très petit Ellobiocystis fixé sur un poil. Ces images font penser aux Amæbidium encore, chez lesquels Chattox a constaté fréquemment la formation de kystes à l’intérieur des tubes, même chez des individus très jeunes. L’histoire des Ellobiocystis est trop lacunaire pour que l’on puisse pousser plus loin les analogies ; on peut seulement, supposer que, pourvus ou non d’un reliquat kystique, les individus vides viennent de sporuler, mais les uns ont terminé leur existence, alors que les autres pourront encore reformer un plasmode et des spores dans des circonstances favorables.

c) J’ai exposé plus avant le cas de YAc. purpurca de la st. 2994, dont tous les Ellobiocystis sont « pleins » ou en sporulation. Il en est de même de YAc. pulchra de la st. 1319. Mais, alors que cette dernière ne porte guère qu’une douzaine de commensaux, la première en possède une centaine au moins. Ce spécimen vient de muer. La mue est complète pour l’abdomen entier et le céphalothorax, rostre compris, moins les appendices buccaux et en partie les péréiopodes. En ces points, l’ancienne cuticule se détache très aisément avec les commensaux qu'elle porte, ce qui n’est sans faciliter beaucoup leur préparation. Le tégument nouveau, encore mou, n’en porte aucun. Le cas n’est donc pas comparable à celui des Daphnies porteuses d 'Amœbidium, que la chitine nouvelle attire avec une prédilection marquée. (Chattox, 06, n° 1). On peut même se demander si, chez cette Acanthcphyra , la présence des Ellobiocystis n’a pas empêché la mue des appendices, à moins que cet accident et le grand nombre

des commensaux ne soient pareillement liés à une troisième cause, quelque maladie de l’animal.

Fig. (V. — Ellobiocystis caridarum, n. gén. n. sp. Lacinie inférieure de la maxillule d’Ac. purpurea A. M. Edw. avec 27 commensaux (22 seulement figurés, dont 4 avec leurs noyaux. (St. 2294).

Tous sont sensiblement au même stade. La membrane, au moins dans la partie basale, possède un double contour. Elle est difficilement colorable. Le protoplasme a le même aspect dense et friable que chez Staphylocystis, il est aussi très finement granuleux et semblablement parsemé de «systèmes binaires» de grains chromophiles, mais les dimensions de ces systèmes sont tout autres. La fig. 11 donne l’aspect d’une coupe de commensal à ce stade, les fig. LT et 13, pi. Y111 la complètent en précisant les rapports des deux masses du système. La plus petite mesure 1 p. 5 à 2 p., ces dimensions étant sensiblement celles du plus gros des caryosomes chez Staphylocystis. La plus grande est très volumineuse et mesure jusqu’à 8 p., 5 a au moins. Elle n’est presque jamais sphérique, mais ovoïde irrégulièrement, avec une extrémité tronquée, qui lui donne l’aspect

H. COUTIKRE.

d’un dé à coudre, ou avec une lobe proéminent. Le grain plus petit fait souvent face à cette troncature. Parfois aussi ce grand caryosome est mamelonné, comme formé de grains sphériques aisément dissociables.

Il est plausible d’attribuer à ces deux masses la meme valeur que chez Staphylocystis . Leur basophilie intense et égale, leurs rapports de position et de dimensions sont les mêmes, semblables aussi leurs rapports avec le protoplasme ; il est fréquent de les voir associés dans un même espace clair; les limites de cet espace, toutefois, ne sont jamais nettes comme chez Staphylocystis et ne permettent jamais de penser à une membrane nucléaire. Leurs dimensions absolues sont beaucoup plus grandes, mais il faut remarquer que, dans le genre précité, les grains s’accroissent du simple au double de la base à l’extrémité d’un rameau. Il pourrait donc être normal do rencontrer, dans une forme voisine, des systèmes nucléaires caractérisés par leur grande taille.

Mais il est une seconde attribution, probablement plus soutenable, qui consiste à comparer les deux masses du système aux macro et micronucleus des Ciliés et des Acinéliens. Le n serait alors l’équivalent du grand caryosome de Staphylocystis dont il a sensiblement les dimensions, et non plus du centrosome, dont la taille est toujours très inférieure à celle de ces grains, dans tous les cas connus (*). Ce centrosome manquerait chez Ellobiocystis (au moins en position extra-caryosomique), et, par contre, le N de ce dernier genre ferait défaut chez Staphylocystis . Les deux systèmes nucléaires seraient construits sur un plan si durèrent:

Ellobiocystis : N et n Staphylocystis : n et centrosome

que la distance entre les deux genres serait bien plus grande qu’entre Ellobiopsis Chattoni et Staphylocystis, et qu’il pourrait s’agir de deux groupes d’organismes fort différents. Ce point capital ne pourra être résolu qu’avec un matériel convenablement fixé. En attendant, on ne voit vraiment aucun organisme auquel comparer Ellobiocystis. Les quelques cas connus de Ciliés se multipliant à

(1) C'est M. le Prof. ÜANGEARD, qui ayant bien voulu examiner quelques-unes de mes préparations, a attiré mon attention sur les dimensions anormales de ces systèmes, et m’a conduit à envisager leur interprétation possible comme N et n. Je le prie de recevoir mes bien vifs remerciments pour son aide et ses précieux conseils.

l’abri d’une enveloppe kystique aboutissent d’emblée à des individus distincts et non pas à un plasmode préalable.

d) Les individus sporulés sont rares, et je n’en ai rencontré que 4 ou 5 sur Y Acanthephyra piupurea en mue de la st. 2994. Sur la fîg. 37, pl. VIII, se rapportant â une espèce queje crois distincte, on voit quelques-uns des s\ r stèmes binaires dans un espace à contour net, mais cet aspect est surtout évident sur les individus représentés fig. 14 et 16. Le premier mesure 220 g. environ, il est fixé sur une épine par un « pied », et renferme peut-être une vingtaine de spores en tout. Le second est ovoïde, long de 0 mm. 75, avec un apex conique. Pendant la préparation, il est sorti par cet apex une masse que l’on pourrait prendre pour une spore, mais qui est dépouvue de tout no} r au et qui pourrait seulement être l’indication d’un orifice de sortie (pl. VIII, tig. 16). Par contre, les spores ont leur contour légèrement teint en violet par l’hômatoxyline comme si elles possédaient une fine membrane et ce contour apparaît comme un croissant foncé sous un éclairage oblique, (l’est surtout dans ces spores que le grand carysome, ou le N, prend un aspect mamelonné et se laisse décomposer en sphérules.

J’ai déjà fait allusion à la présence de spores non encore libérées dans une coque vide d ’Ellobiocystis (fig. 15, pl. VIII). Si l’on en juge par cette observation, malheureusement unique, et incomplète (le noyau de ces spores est déjà moins colorable), si l’on en juge aussi par les individus réduits à leur coque et qui ont dû sporuler récemment, il semble que le plasmode entier se fragmente, sans autre reliquat que la mince couche de protoplasme doublant la coque. Je n’ai jamais vu trace fie flagelle, mais il s’agit là d’un organe essentiellement fragile et fugace, pouvant très bien n’apparaître qu’au moment de la sortie des spores. Il se peut aussi que tout flagelle fasse défaut, et que les spores, entraînées par le courant, se fixent sur la portion la plus voisine du tégument. C’est encore un point essentiel, qui sera résolu sur h? vivant, le jour où une série de hasards heureux procureront à l’observateur un hôte consentant à vivre assez longtemps, et des Ellobiocpstis au stade précis où les spores sont émises. Il est à craindre que ce double miracle ne se réalise de sitôt.

e) Les individus très jeunes, succédant visiblement à la spore, sont relativement nombreux et montrent d’intéressantes figures

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