‹ Les ElzevierChapitre 13 sur 256 · LXXV1I · texte numérisé non relu

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que l’on conserve à la Bibliothèque de cette ville : « Payé à l’importateur hollandais, pour livres et registres, 264 Rigsdaler (1632). » Louis revint en Danemark en mai 1634; cette fois l’annotation est plus explicite : « A l’importateur Elzevier de Hodande, pour livres, 120 Rdl. (1634) (I). » Il y retourna encore en juin 1637, mais ce fut son dernier voyage, car l’année suivante il se fixa à Amsterdam. Sa succession échut, comme nous l’avons vu, à un employé de la maison, nommé Nicolas Schouten. Nous savons que Nicolas partit pour Copenhague en septembre 163g, emportant des balles de livres et des lettres pour Meursius, professeur à Soroe(2). Ensuite ce fut à Jean Elzevier qu’on confia les fonctions de voyageur. Une lettre de l’orientaliste Rau à Vossius prouve que Jean était à Soroe en janvier 1643, et se disposait à retourner à Leyde(3). Plus tard encore ce fut au tour de Daniel de se rendre en Danemark; car Daniel accompagna Nicolas Heinsius en Suède, en 1650, et il est probable qu’il mit ce voyage à profit pour visiter l’ofhcine de Copenhague.

Cette officine continua-t-elle à subsister après la mort de Bonaventure et d’Abraham en 1652? Aucun témoignage ne nous autorise à l’affirmer, et la chose paraît assez peu probable. En tous cas elle ne put guère se maintenir longtemps, vu que l’association entre Jean et Daniel n’a duré que deux ans et demi, et que depuis lors la maison de Leyde s’est désintéressée petit à petit des affaires de librairie.

Les Elzevier n’eurent pas moins de succès en Suède qu’en Danemark. La reine Christine, qui tournait tous ses efforts vers l’avancement des sciences et des arts, leur témoignait une grande considération. Il paraît même qu’elle leur fit des offres brillantes pour les déterminer à fonder une maison en Suède(4). Est-ce à cette circonstance que se rattache le

(O C. Nyrop, Bidrag, p. 167.

(2) « Fidem huic rei verbis quoque faciet Elzeviriorum Nicolaus, qui variis cum mercibus librariis ad vos conterdit, et hasce tibi traditurus est. » A. Vorstius I. Meursio, 13 sept. 1639. Meursii opéra , t. XI, c. 645.

(3) J. Ravius Vossio, 28 janv. 1643. Vossii Epistolœ , p. 343.

(4) C. F. Mennander Rede von dem Buchhandel in Schweden, welche uni 8 may 1756 gehalten worden. Cité par KirchhofT, Beitrdge, t. II, p. 149.

LES OFFICINES ELZEVIRIENNES.

v°yage que fit en 1650 Daniel Elzevier en compagnie de N. Heinsius? Nous sommes tentés de le croire. Toujours est-il que les Elzevier déclinèrent ces offres. Un imprimeur bien connu d’Amsterdam les agréa : le 20 décembre 1647 « l’honorable et judicieux Johan Jansson l’aîné, libraire à « Amsterdam, » fut officiellement autorisé à établir à Stockholm une imprimerie complète, laquelle paraît avoir fonctionné jusqu’en 1656e0. Notons en passant que le gendre et successeur de Jansson, J. van Waesberge, entretint également d’actives relations avec la Suède. En 1675 il avait pour agent spécial à Stockholm un certain Beunsius'2'.

Les Elzevier d’Amsterdam n’ont pas eu, que nous sachions, de succursale à l’étranger. Ils ne laissèrent pas moins d’avoir un courant suivi d’affaires avec le Nord. Nous n’en voulons pour preuve que la lettre écrite en 1661 par Daniel Elzevier à N. Heinsius, résident des Etats-Généraux à Stockholm, pour lui demander des renseignements au sujet d’un libraire, nommé Curion, qui se proposait comme correspondant de la maison en Suède1 2 (3). Heinsius transmit la demande à Schefferus, qui demeurait à Upsal. Celui-ci répondit qu’il connaissait Curion depuis treize ans, et se portait garant de son intelligence et de sa probité (4).

La demande de Curion fut accueillie. Il n’est pas douteux que Daniel n’eût un semblable facteur en Danemark. Car le dernier des Elzevier fut le continuateur fidèle des traditions de sa famille, et nul ne se montra plus que lui jaloux de conserver à la maison elzevirienne son caractère international.

(1) C. Nyrop, Bidrag , t. I, p. 145.

(2) Burmanni Syllog t. V, p. 158.

(3) N. Heinsius J. Scheffero, 3 januar. 1662. Burmanni Syllog t. V, p. 16.

(4) J. Schefferus N. Heinsio, 7 jan. 1662. Ibid., p. 17.

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