Décision de la question du temps. A Paris , 1649, in
20 pp. en tout.
« Lettre d’une éloquence grave et triste, » adressée à la Reyne Régente.
Naudé, dans son Mascurat, met ce pamphlet au nombre des pièces soutenues et raisonnées. Gui Patin le cite parmi les meilleurs. L’édition originale est de Paris, Cardin Besongne, 1649, in-4, de 15 pp. ( Bibliogr . des Mazarinades, t. I, p. 261). Cf. le n° 653.
657. Defensio regia, pro Carolo I. Ad serenissimum Magnæ Britanniæ regem Carolum II, filium natu majorem , heredem et successorem legitimum. Sumptibus regiis. Anno 1649, in-fol.
1 f. (titre). — 338 pp. — 1 f. d’errata.
La Défense de Charles Ier d’Angleterre par Claude Saumaise, publiée l’année même de l’exécution du roi, eut un immense retentissement, et fut réimprimée neuf fois au moins en l’espace de trois ans. Ceci est l’édition originale, imprimée sumptibus regiis, aux frais du trésor royal, ainsi que le titre l’indique. Ce sont les Elzevier de Leyde qui l’ont exécutée; les fleurons et lettres grises suffiraient à le démontrer, si nous n’avions pas sur ce point le témoignage formel de Claude Sarrau.
Toute la correspondance échangée entre Sarrau et Saumaise au sujet de ce livre est des plus curieuses. Dès qu’il est informé du dessein de son ami, Sarrau lui écrit pour lui donner quelques conseils dictés par le bon sens et la prudence, et pour lui rappeler fort à propos quels sont les droits et les devoirs réciproques du souverain et des sujets (lettres du 16 avril et du 6 mai 1649).
BONAV. ET ABRAHAM ELZEVIER
Mais celui à qui ces conseils s’adressent n’en veut point tenir compte et persiste à n’en faire qu’à sa guise : « de tuo pro infelice rege apologetico solens facis, qui facis quod libet, et. amicorum consilia spernis » (13 août 1649). Le 16 novembre, Sarrau écrit qu’il a vu un spécimen de l’ouvrage : « typi sunt elegantes; non paucis tamen erroribus deformati. » Les exemplaires ne sont distribués à Paris qu’en février 1650. Immédiatement Sarrau fait part à l’auteur des scrupules qu’a fait naître en lui une première lecture : « Pourquoi dites-vous que l’épiscopat vous semble une institution nécessaire dans l’Eglise anglicane, contrairement à l’opinion que vous émettiez naguères sous le pseudonyme de Wallo Messalinus? Pourquoi écrivez'vous que l’exécution du roi est un fait sans exemple dans l’histoire, alors que vous avouez ailleurs que des rois d’Écosse ont été livrés publiquement au supplice? Pourquoi accusez-vous les presbytériens de complicité dans le meurtre du roi, tandis que plus loin vous en rejetez tout l’odieux sur les indépendants? » (18 févr. et 5 mars 1650). Nous n’avons pas la réponse de Saumaise, mais il est facile d’en deviner le sens d’après la lettre suivante de Sarrau : « Enfin vous voilà en aveu.
Que vous vous soyez accommodé aux circonstances et aux nécessités de la cause, que m’importe? Vous passiez néanmoins pour être d’une fermeté de caractère à ne point céder à Jupiter même. Au surplus je ne crois pas qu’il soit permis, même à l’avocat d’un roi, dans la cause de son maître, de parler autrement en public qu’il ne s’exprime et ne pense en particulier, de même que les lois ne deviennent pas autres en passant du forum à l’usage domestique.
Mais, dites-vous, vous écriviez par ordre. Vous avouez donc qu’on peut vous commander de changer de sentiment. Pourtant votre cher Épictète (Saumaise en avait donné une édition) enseigne que nos opinions sont du domaine des choses intérieures , qui sont en notre pouvoir exclusif et échappent à l’empire
d’autrui. » (12 mars 1650. Sarravii Epistolœ , pp. 203-226.) Ce sont là de dure# vérités, et qui venant d’un ami devaient être d’autant plus pénibles à entendre.
Nous n’étonnerons personne en ajoutant que depuis lors il y eut un sensible refroidissement dans les rapports des deux savants.
On sait que Milton s’est chargé de relever le gant jeté par Saumaise à la Révolution. La Défense du peuple anglais , dont il existe deux éditions imprimées par Louis Elzevier à Amsterdam, est écrite d’un bout à l’autre avec une élévation de pensée et de style, qui contraste absolument avec le ton irritant et parfois grossier de son adversaire.
En même temps que l’édition in-folio, les Elzevier en imprimaient une autre, dont voici la description :
658. Defensio regia, pro Carolo I. Ad serenissimum Magnæ Britanniæ regem Carolvm II, filium natu majorem, heredem et successorem legitimum. Sumptibus regiis. Anno 1649, pet. m-12.
1 f. (titre). — 720 pp.
Nous savons par les lettres de Sarrau que cette édition vit le jour en même temps que l’in-folio décrite ci-dessus (Sarravii Epistolœ , p. 225). Le contenu des deux volumes est tout à fait identique. Une troisième édition, ab auctore aucta et recognita , fut publiée à Amsterdam, par Louis Elzevier, en 1652.