‹ Les ElzevierChapitre 19 sur 256 · PAPIERS · texte numérisé non relu

PAPIERS

Les Elzevier, comme bien l’on pense, ont fait usage pour leurs impressions de diverses sortes de papier. Le catalogue officinal de 1675 (n° 16) en énumère jusqu’à huit : le mediaen , grand mediaen , schild , post-ruyter , post-real , frans-real , veluwsreal et imperiaeL Quelques-uns de ces papiers, entre autres le frans-real (royal -français), étaient de fabrication française. Une lettre de Daniel Elzevier à Ménage, datée d’Amsterdam, le 10 mai 1662, est très explicite sur ce point :

« Monsieur,

« Nous n’avons iusques asteure peu commencer à vos poèmes à cause de la multitude des ouvrages qu’avons soubs la presse, d’autre part serions bien aise de l’imprimer sur du papier que Monsr. le Goux nous doibt envoyer de Paris, qui est le plus beau qu’ayons iamais veu, de l’envoy duquel il ne nous a pas encore donné advis, et à ce sujet nous luy escrivons présentement. Si néantmoins vous estes pressé pour cet ouvrage, nous le commencerons sur de bon papier qu’avons présentement : mais nous aimerions mieux de l’imprimer sur le papier du dit le Goux../1) »

On aurait tort de conclure de ce passage, comme l’a insinué un spirituel érudit(2), que les Elzevier n’employaient

PI Cette lettre a été publiée par M. H. Lempertz dans ses Bilder-Hefte zur Geschichte des Bücherhandels. Coin, 1854 et ss., in-fol.

(2) É. Picot, Bibliographie Cornélienne. Paris, 1876, in-8, p. 238. — M. Didot (art. Typographie de Y Encyclopédie moderne ) a tiré de ce fait des conséquences très inattendues. « Leurs plus beaux livres, dit-il parlant des Elzevier, ont été imprimés avec des caractères gravés et fondus par Garamond et par Sanlecque. Le papier, si fin et si beau, qu’ils employaient, était tiré des fabriques d’Angoulême. A ces titres , nous pouvons les revendiquer comme étant des imprimeurs français. » A quoi tient pourtant la nationalité! Les Elzevier prenaient en France leur papier et leurs caractères, il n’en faut pas davantage à M. Didot pour les naturaliser français; sans doute en vertu de cette maxime qu’on est du pays d’où l’on tire ses fournitures. Malheureusement Christ, van Dyck, en se substituant à Garamond et à Sanlecque,

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