Lettres de monseiur (sic) de Marigny. A la Haye , chez
Antoine la Faille, dans la grande salle de la Cour, 1655, pet. in-12.
Marque : la Sphère.
54 pp-
Ch. Nodier ( Mélanges de 1844, n° 1093) avait qualifié ce livret « d’elzevier véritable s’il en fut jamais. » L’auteur du Manuel , qui reproduit ce jugement, ajoute : « Nous ne sommes pas là-dessus du même avis que le spirituel bibliophile. » M. Pieters n’est pas davantage de cet avis, car il croit le volume imprimé à Bruxelles, par Fr. Foppens, « du moins, dit-il, c’est sa tête de buffle et sa sphère. »
Eh bien, l’esprit de Nodier l’a mieux servi cette fois que les scrupules de ses successeurs. L’édition sort positivement des presses de Jean Elzevier. Constatons d’abord que le fait sur lequel M. Pieters assied son opinion est matériellement faux. La sphère et la tête de buffle du Marigny ne rappellent en rien les mêmes fleurons employés par Foppens. La sphère est celle du Virgile travesti de 1651, de la Diane de 1656 et de vingt autres volumes provenant de l’officine de Leyde. La tête de buffle est moins bien connue, parce qu’elle n’a été créée que dans les derniers temps de l’association de Jean et Daniel; mais on peut la vérifier sur le Cocceius de 1655, sur le Charron et les Lettres de Balzac à Chapelain de 1656. En outre les cahiers sont signés en 5, suivant la pratique constante des Elzevier de Leyde.
Les Lettres de Marigny sont citées au catal. de 1674 avec l’adresse de La Haye. A première vue on serait tenté de déduire de là qu’elles ont été exécutées pour le compte d’un libraire de cette ville. Mais comme ce nom d’Ant.
la Faille est purement fictif, il est plus simple d’admettre que le catal. de 1674 s’est borné, comme il le fait assez fréquemment, à transcrire le titre. D’ailleurs le catal. de Blaeu de 1659 tranche la question, car il mentionne le volume avec l’adresse de Leyde, 1655, in-12.
Il paraît qu’il y a des exemplaires qui, au lieu de la tête de buffle, portent une
sirène absolument pareille à celle du Regnier de 1652. Les fautes d’impression sont les mêmes, sauf qu’à la page 12, lig. 6, le mot maintenat est orthographié de la sorte, avec tilde sur Va, tandis qu’on lit maintenant dans l’édition à la tête de buffle. N’ayant pu confronter les deux sortes d’exemplaires, il nous est impossible de décider s’il y a eu deux éditions ou simplement deux tirages sous la même date.
Les Lettres de Marigny ont reparu trois ans plus tard sous la même rubrique : A la Haye , chez Ant. la Faille , 1658, pet. in-12 (voir le n° 828). C’est même à propos d’un exemplaire portant cette dernière date, que Nodier a émis son opinion.
Les deux éditions n’ont obtenu jusqu’ici dans les ventes que des prix fort modérés. Vend. c. de Russie, h. 125 mill. 5 fr. 50 c. Pieters, rev. 18 frs. De la Villestreux; mar. r. (Duru) h. 126 mill. 50 frs. De la Villestreux. Néanmoins elles sont dignes, tant par leur rareté que par l’intérêt qu’elles offrent, même indépendamment de leur valeur typographique, d’occuper une place d’honneur dans la série elzevirienne. Comme le dit Nodier, « ces lettres d’un esprit fin, enjoué, mais un peu trop libre, ne sont à dédaigner sous aucun rapport, et méritent peut-être une place à côté du joli poème du Pain bénit dans la collection des petits classiques. »
Sur Jacques Carpentier de Marigny, voir le Ménagiana (t. I, pp. 17 et ss. de l’édit, de Paris, 1715), et la Bibliothèque poétique de Viollet le Duc, p. 539.
770. Historia de Abrahamo et de Gomorro-Sodomitica eversione ex Alcorano, ejusque surata xivta et xvta arabicè. E probatiss. Cod.
Mss. fideiissime deprompta, cum quamplurimis exemplaribus accurate ac diligentissime collata, nec non commodioris interpretationis ergo triplici versione latina vestita opéra et studio Jo. Georgii
Nisselii. Lvgd. Batav ., ex ojficina Johannis Elsevier , Acad, typogr.
Sumtibus authoris, 1655, in-4.
14 pp. — Snrata XV : 12 pp. — Duce adhuc latince versiones : 16 pp. n. ch.
Dans le même volume on trouve d’ordinaire :
Testamentum inter Muhamedem et christianæ religionis populos initum. Cujus textus authenticus hic noviter recusus a mendis quam plurimis probe castigatus nunc primum figuris vocalium nobilitatus nec non e regione versione latina adornatus.
Quo pariter editionis Parisiensis multivaria hic inde, eaque grandia errata deteguntur, loca corrupta debitæ integritati restituuntur, totiusque hujus memorabilis facti cognitio dilucida atque plana redditur. Opéra et studio Joannis Georgii Nisselii, LL. Oriental, cultoris. Lvgd. Batav. ex ojficina Joannis Elzevier, Acad, typogr .
Sumptibus authoris. Anno 1655, in-4.
1 f. (titre). — 16 pp.
Voir ci-dessus les nos 749, 750 et 751.
771. Variorum tractatus theologici, de Peste. Lvgd. Batav., apnd Johannem Elsevirium, Academ. typographe 1655, pet. in-12.
Marque : le Solitaire.
1 f. (titre). — 380 pp.
Ce volume, imprimé en caractères plus gros que l’ordinaire, contient la dissertation de Th. de Bèze, imprimée une première fois par Bonaventure et Abraham en 1636 (n° 436), plus trois autres traités sur le même sujet, par André Rivet , Gisb. Voet ..Jean Hoornbeek. — Voir ci-dessus la note du n° 764.
772. Muséum Wormianum. Seu historia rerum rariorum, tam naturalium, quam artificialium, tam domesticarum, quam exoticarum, quæ Hafniæ Danorum in ædibus authoris servantur. Adornata ab Olao Worm, Med. Doct. et, in regiâ Hafniensi Academiâ, olim professore publico. Variis et accuratis iconibus illustrata. Lvgduni Batavorum, apud Iohannem Elsevirivm, A cad. typographe 1655, in-fol.
Marque : le Solitaire .
6 ff. limin. — 389 pp. — 3 pp. n. ch. pour l’index. — Entre les limin. et le texte, un portrait d’Ol. Worm, gravé par G. Wingendorp d’après C. Van Mander, et un frontispice double, gravé par Wingendorp : Musei Wormiani Historia. Lvgd. Bat., ex offîc. Elsev. Acad, typ., 1655.
Description raisonnée du cabinet d’histoire naturelle formé par le savant danois Olaus Worm. L’ouvrage est édité par son fils : l’épître dédicatoire à Frédéric III, roi de Danemark, est datée de Leyde et signée W. Worm, Olai fil.
Des exemplaires portent pour adresse :
Amstelodami, apud Lvdovicvm et Danieiem Elzevirios, 1655.
Nous savons en effet que l’impression ayant été entreprise durant l’association de Jean et de Daniel, ce dernier se réserva la moitié de l’édition, lorsqu’il s’associa avec son parent Louis Elzevier.
773. Lettres familières de M. de Balzac à M. Chapelain. A Leiden , chez Jean Elsevier, 1656, pet.
Marque : le Solitaire.
333 PP' — 1 I- blanc.
Réimprimé par les Elzevier d’Amsterdam en 1661.