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TROISIÈME PARTIE

ANNEXES DE LA COLLECTION ELZEVIRIENNE

Rien ne montre mieux la vogue obtenue par les éditions en petit format des Elzevier que la quantité d’imitations dont elles ont été l’objet. Dix ans ne s’étaient pas écoulés depuis que la maison de Leyde avait mis au jour ses premiers chefsd’œuvre, que les principales officines des Pays-Bas se mettaient en devoir de publier à leur tour des éditions imprimées avec des caractères et des ornements analogues, dans ce format pet. in-12 qui depuis lors est demeuré typique.

A deux ou trois exceptions près, tous les fleurons et culsde-lampe des Elzevier, tête de buffle, sirène, tête grotesque, roses trémières, sceptres croisés, sphère, etc., servirent de modèle à des contrefaçons plus ou moins heureuses, parfois tellement serviles qu’elles déroutent l’œil le plus exercé. La plupart des imprimeurs y ajoutèrent, il est vrai, certains ornements de leur invention (d’ordinaire ce ne sont pas les mieux réussis) ; mais le fond de l’ornementation est invariablement emprunté aux Elzevier. Si c’est là un hommage rendu à leur goût, il est impossible de l’imaginer plus complet et plus unanime.

Cette similitude est cause que pendant longtemps on a attribué aux Elzevier jusqu’aux moindres productions de

leurs émules. Le temps n’est pas si éloigné de nous, où il suffisait qu’un volume se présentât sous la recommandation d’une sphère ou d’une tête de buffle pour qu’on le classât d’emblée parmi les elzeviers véritables. D’habiles bibliographes ont fait justice de ce préjugé. Les plus insignifiants et les plus médiocres d’entre ces pseudo-elzeviers ont été définitivement écartés. Quant à ceux que distingue leur mérite typographique ou littéraire, ils ont continué, sans perdre de leur prix, à faire partie de la collection; seulement la bibliographie a été forcée pour les admettre d’instituer une subdivision spéciale. C’est à cette catégorie d’ouvrages qu’est consacré ce supplément.

L’ordre chronologique que nous avons adopté nous obligeait de fixer- une limite précise à ce catalogue. Après d’assez longues hésitations, nous avons pris le parti, à l’exemple de M. Pieters, de ne pas dépasser la date du décès de Daniel Elzevier. On pourra nous objecter que nous nous privons par là d’un contingent notable de volumes très dignes de figurer dans la collection. En effet la mort de Daniel n’a pas modifié d’un jour à l’autre les conditions de la typographie néerlandaise : les publications de Wolfgang, pour nous borner à ce seul exemple, ont le même mérite, qu’elles aient paru avant ou après cet événement. Si spécieuse que soit cette objection, nous ne pouvons nous y arrêter. Supposé que nous adoptions comme terme extrême l’année 1693, où Schelte succède à Wolfgang, on ne manquera pas de réclamer en faveur de Moetjens, et du joli Marot de 1700, qui rivalise d’élégance avec les plus beaux elzeviers. Après le Marot, on nous opposera le Regnard de 1729, si bien qu’à nous obstiner sur cette piste nous risquerions de nous égarer en plein dix-huitième siècle, sans échapper davantage au reproche d’inconséquence.

Puisque de toute manière il fallait se déterminer pour une date arbitraire, nous avons donné la préférence à celle qui l’était le moins. Au surplus, l’objet principal de notre livre étant de fournir la liste complète des éditions données par les Elzevier, ce supplément n’a de raison d’être que parce que

INTRODUCTION

l’on a confondu à tort les productions de ces imprimeurs avec celles de leurs rivaux. A partir de 1681 la confusion devient impossible. Ce qui est postérieur à cette date n’a donc pour nous, au point de vue spécial où nous nous plaçons, qu’un intérêt fort secondaire.

Ce n’est pas que nous nous proposions de décrire tout ce qui, avant 1681, rentre de près ou de loin dans notre cadre. A la rigueur tout volume pet. in-12 imprimé dans les Pays-Bas durant les trois derniers quarts du dix-septième siècle, peut s’annexer à la collection elzevirienne. Il n’y a de règle à cet égard que le caprice du collectionneur : tel livre, apprécié par l’un, sera relégué par l’autre parmi les bouquins. Une des difficultés de notre travail a été précisément de le restreindre à de justes proportions. S’il eût dépendu de nous, notre choix eût été beaucoup plus sévère. Mais nous avions à compter avec les errements de nos devanciers. Sous peine de passer pour moins complet ou moins bien informé, il nous a fallu accueillir bien des articles qui à notre sens ne méritaient pas cet honneur. Bien plus, nous n’avons pas hésité en certains cas à paraître moins restrictif encore que Bérard, Brunet ou M. Pieters. Du moment, par exemple, que l’on passe condamnation sur des volumes si mal imprimés que les Mémoires de l'Hospital et autres productions du typographe bruxellois Ph. Vleugart, il n’y avait pas de raison, suivant nous, pour donner l’exclusion aux Fantaisies de Bruscambille , au Désert des Muses , à YHistoire lamentable du DT Fausty pareils d’exécution, mais très supérieurs au point de vue littéraire.

Est-ce à dire que nous nous soyons accommodé de tous les articles admis par nos devanciers? En aucune manière. Notre déférence pour l’avis de Motteley et M. Pieters ne va pas jusqu’à admettre une traduction latine de Strabon, assez pauvrement exécutée par Jansson à Amsterdam, 1652, 2 vol. pet. in-12, sous le prétexte que « les Elzevier n’ayant point imprimé Strabon, ces deux volumes peuvent se joindre à leur collection. » D’abord les Elzevier n’ont point imprimé les classiques grecs. L’eussent-ils fait, la raison qu’on invoque n’en serait pas moins insuffisante. Pour nous en tenir aux

auteurs latins, les Elzevier n’ont donné ni Cornélius Nepos, ni Végèce, ni Ammien Marcellin, ni Valerius Flaccus, ni Minucius Félix; est-ce un motif pour décrire les éditions pet. in-12 de ces auteurs, parues à Leyde et à Amsterdam? Peutêtre : aux yeux de quelques bibliophiles qui tiennent surtout à compléter cette série. Mais, les goûts étant très divers, nous aurions dû, pour contenter tout le monde, modifier l’économie de notre plan, faire de l’appendice la partie principale, noyer les éditions authentiques des Elzevier dans un fatras de productions assez peu recommandables sous le rapport typographique et sans intérêt aucun pour l’immense majorité des amateurs.

On a signalé avec raison comme une des causes de la faveur qui s’est attachée de tout temps à la collection elzevirienne la latitude qu’elle laisse à chacun de l’étendre ou de la restreindre à son gré. Nous n’envions à personne le plaisir de faire des découvertes, et nous nous résignons sans peine à rencontrer dans les moindres catalogues des articles « inconnus à l’auteur des Annales. » Nous tenons cependant à prévenir les bibliophiles, plus nombreux qu’on ne pense, qui apprécient surtout un livre à proportion du peu de cas qu’on en faisait avant eux, que nous tenons à leur disposition les titres et descriptions de plusieurs centaines de curiosités de ce genre.

Il ne sera pas hors de propos de donner ici quelques renseignements sur les imprimeurs dont les productions nous ont fourni principalement la matière de cet appendice.

Les typographes hollandais n’étaient pas dans l’usage de mettre leur nom aux livres sortis de leurs presses, sans quoi la bibliographie elzevirienne ne serait qu’un jeu. Le plus souvent le nom de l’éditeur figure seul sur le titre, et comme ce nom n’est suivi d’aucune qualification, il est difficile de se rendre compte si celui qui le portait était imprimeur ou simplement libraire; distinction très secondaire dans les cas ordinaires, mais qui devient essentielle dès qu’il s’agit de livres dont l’exécution fait le principal, parfois même l’unique mérite.

INTRODUCTION

Nous avions donc à déterminer quels sont les imprimeurs qui se sont appliqués avec le plus de succès à imiter les éditions elzeviriennes, et subsidiairement à essayer de reconstituer, comme pour les Elzevier, le matériel usité dans chaque officine.

Pour se faire une idée des difficultés de ce travail, il faut avoir égard aux considérations suivantes :

i° Il n’existe point de liste, officielle ou autre, des imprimeurs hollandais du temps; 20 certains typographes sont connus comme tels, mais aucune donnée biographique ne nous permet de reconnaître, s’il y a lieu, leur parenté mutuelle, ni de circonscrire entre des dates précises la période de leur activité; 30 plusieurs d’entre eux n’égaient point éditeurs et travaillaient pour différents libraires, de sorte qu’on est en peine de rencontrer des impressions qui puissent leur être attribuées avec une entière certitude; 40 d’autres, ainsi que les Elzevier, tout en se chargeant à l’occasion d’imprimer pour le compte d’autrui, ne faisaient pas difficulté de confier à les confrères l’exécution d’ouvrages dont ils étaient eux-mêmes éditeurs; 50 bon nombre de fleurons et culs-de-lampe étaient communs à plusieurs officines et présentent entre eux une telle conformité qu’on ne peut se fonder sur leur témoignage pour déterminer la provenance du livre où on les rencontre.

Ce n’est qu’au prix de longues recherches et de comparaisons minutieuses que l’on peut espérer débrouiller quelque peu ce chaos. Si nous ne nous flattons pas d’y avoir réussi, du moins n’avons-nous rien épargné pour frayer la voie à ceux qui après nous seraient tentés de poursuivre ces recherches.

Les officines typographiques que nous allons passer en revue étaient réparties presqu’exclusivement entre les quatre principales villes des Pays-Bas : Leyde, Amsterdam, La Haye et Bruxelles.

LEYDE. Pour ce qui est des typographes de Leyde, qui, pris en masse, étaient incontestablement les plus habiles, nous avons tiré un grand parti de deux documents inédits

qui nous ont été communiqués par M. Rammelman Elsevier. Le premier comprend une liste officielle des imprimeurs et libraires de Leyde en 1626, dressée par la régence à l’occasion d’un libelle séditieux, den Hollandsche Apocalypsis , dont on recherchait le véritable imprimeur :

Le 19 janvier 1626 ont comparu devant le magistrat :

Andries Cloucq.

Harmen van Westerhuysen.

David Janss. van Ilpendam.

Cornelis Janss. van Buyten.

Jan le Maire.

François de Hegere.

Abraham et Isaac Commelijn.

Pieter Hercules.

Abraham Elsevier.

Jacob et Daniel Roets.

Adriaan vande Velde.

Hendrik Cloucq.

Thomas Horn.

Claes Claess.

Jan de la Queulleire.

La ve de Jacob Arentss.

Asing Ellerts.

La ve de Jan Paets.

Jan Diephorst.

Govert Basson a présenté 12 exemplaires qu’il avait reçus d’un batelier d’Amsterdam. Bonaventure Elsevier déclare avoir reçu un exemplaire de Hondius, sur le Dam, à Amsterdam. Le Dr Colonius [beau-père de Bonaventure] déclare qu’il a reçu un exemplaire du fils de Casparus vander Heyde.

La seconde pièce, postérieure de vingt-cinq ans, est par là même beaucoup plus importante; mais elle est surtout précieuse en ce qu’elle distingue expressément les imprimeurs des libraires, et qu’elle nous renseigne sur le nombre de presses que possédait chaque officine :

Le 27 janvier 1651, en vertu du placard des États-Généraux en date du 4 janvier 1651, ont comparu à l’hôtel de ville :

imprimeurs :

1 Bonaventure Elsevier, 4 presses, près de V Académie.

2 Johan Maire, 4 presses, Pieters choorsteeg.

3 Abraham Commelyn, 4 presses, Rapenburg.

4 Frans Hacke, 2 presses, Pieters choorsteeg.

5 Severyn Mathys, 2 presses, Nonnensteeg.

6 Philip le Croy, 2 presses, Langebrug.

7 Joris Abrahams, 2 presses, Ketelboersteeg.

8 Willem Christiaens, 1 presse, Boissenstraat.

9 Les héritiers de Van Dorp, 2 presses, Haarlemmerstraat.

Ceux-là étaient imprimeurs et libraires.

libraires :

10 David Lopez de Haro, Rapenburg.

11 Wouterde Haes, Houtstraat.

INTRODUCTION

12 Dirk Frans Quint, Cloksteeg.

13 Thomas Horn, Diefsteeg.

14 Pieter Hercules, opt Sant.

15 Frans de Heger, Plein van Gravestein.

16 Claes Eyckhout, Rapenburg.

17 Jacob Lauwycks, Kloksteeg.

18 Mathys Pieterss van Duyren, in de Camp.

19 Johan du Pré, Haarlemmerstraat.

20 Claes van Nés, Breedstraat.

21 David van Lodensteyn, Lokhorststraat.

22 Adriaan van Wingaerde, Rapenburg.

23 Pieter Leffen, Kloksteeg.

24 Jacob Roelofs, Nieuwstraat.

25 Frans Moyaert, Kloksteeg.

26 Michiel Engelvaert, Breestraat.

27 Gerrit Stallenburg, Pieters choorsteeg.

28 Frans Beauvois, op de Vliet.

29 Cornelis Banheyningen, Breestraat.

30 Jacobus Muylendonck, Lokhorststraat.

31 Nicolaas Rose, Maarsniansteeg.

32 Abraham van Geervliet, Lokhorststraat.

33 Aldert Fings, Kloksteeg.

34 Daniel Burchorn, op den Rhyn.

35 Johannes van Santbeeck.

Parmi les vingt-cinq libraires mentionnés dans ce document, on aura remarqué plus d’un nom familier aux amateurs d’éditions elzeviriennes. Mais nous n’avons à nous occuper ici que des imprimeurs, et seulement de ceux d’entre eux qui ont essayé de rivaliser avec les Elzevier.

Jean Maire (1617-1656) ne mérite à ce point de vue qu’une simple mention, bien qu’on le cite comme l’un des principaux éditeurs de l’époque. En général il attachait plus de prix au fond qu’à la forme de ses productions. Quelques-unes pourtant ont trouvé grâce auprès de certains collectionneurs, entre autres une édition des œuvres choisies d’Erasme parue de 1641 à 1652, en 15 vol. pet. in-12, dont on trouvera le détail dans Brunet (T. II, col. 1036).

On peut dire la même chose d’ABRAHAM Commelin, d’abord associé avec son frère Isaac. La famille des Commelin, issue du célèbre Jérôme Commelin, a donné à la Hollande plusieurs savants de mérite, et aurait droit à une notice spéciale. Mais elle n’a guère fourni à la collection elzevirienne que deux ouvrages, YObsopœus de 1648 et le Lemnius de 1651.

Frans de Heger ou Hegerus, né à Leyde vers i6o2(i), est porté comme libraire dans les deux listes, mais il a exercé la profession d’imprimeur depuis 163g environ jusque 1644. Nous avons déjà cité de lui plusieurs volumes très élégamment exécutés (voiries nosH3i, 1144, 1168, 1245, 1464, etc.). Il avait adopté pour marque typographique le Pélican nourrissant ses petits, avec la devise Vivimus exuno. Si l’on peut ajouter foi à une note publiée par De Reume (p. 65), L. Elzevier aurait engagé Fr. Hegerus à son service, en 1653, en qualité de voyageur, moyennant 4 florins par journée d’absence. De Heger céda son établissement à Phil. de Croy. C’est un fait que nous ne trouvons consigné nulle part, mais qui ressort avec une pleine évidence de la confrontation du matériel employé par l’un et l’autre imprimeur.

Philippe de Croy, né à Arnhem en Gueldre (n° 1640), épousa le 27 avril 1644, étant encore simple ouvrier typographe ( letter setter ), Marie Stoffels van Anckerneys(2). Ce mariage lui fournit sans doute de quoi s’établir pour son propre compte, car peu de temps après il reprit l’imprimerie de Fr. Hegerus. Ph. de Croy a exécuté, notamment de 1645 à 1650, bon nombre de volumes dans le genre elzevirien. Son adresse à Leyde était : au Pont long , à l'enseigne du Pellican (on a vu que le Pélican était la marque de Hegerus). Les registres de la corporation des libraires font foi qu’en 1679 Ph. de Croy fut élu doyen. Il vivait encore en 1687.

Severyn Mathys (en latin Severinus Matthæi) succéda vers 1646 à un imprimeur bien connu, Jacob Marci (n° 964). C’est également la comparaison du matériel des deux officines qui nous révèle cette particularité. Son fils Adrianus Severinus, connu par divers écrits, lui succéda en 1670.

Frans Hacke ou Hackius était déjà établi libraire à Leyde en 1638 (n° 961). Mais il serait difficile de préciser à quelle époque il commença à imprimer. Ses publications le cèdent peu en élégance à celles de ses illustres rivaux. Cette

(O C’est évidemment lui qui est inscrit de la sorte dans les registres de l’Université, sous la date du 12 févr. 1615 : Francisons a Heger , Leidensis , a. n. 13.

(2) Archives communales de Leyde.

INTRODUCTION

justice lui était déjà rendue par ses contemporains. Ainsi Th. Munckerus l’appelle, conjointement avec les Elzevier, un typographe majorum gentium(1) ; et Cl. Sarrau, écrivant à Saumaise, le cite avec les Elzevier et Blaeu, comme l’un des trois plus habiles imprimeurs de l’époque(2). Hackius avait adopté pour marque l’Aigle avec la devise Movendo. Il est à présumer qu’il mourut ou se retira des affaires en 1664, car à partir de cette date l’adresse apud Fr. Hackium fait place à celle-ci : apud Hackios , ou ex officina Hackiana.

Fr. Hackius laissa trois fils qui lui succédèrent : Pierre, Jacob et Corneille (3). Nous avons vu que le dernier épousa en 1666 la nièce de Louis Elzevier. Les presses des Hackius continuèrent à fonctionner jusqu’à la fin du siècle. Pour apprécier leur importance et leur mérite, il faut faire entrer en ligne de compte les nombreuses et splendides impressions que les Hackius ont exécutées pour Louis Elzevier (voir la biographie de ce dernier).

Joris Abrahams, plus connu sous le nom de J. Abr. van der Marse, avait pour marque deux plumes croisées dans une couronne, avec la devise Æternitas. Nous avons cité de cet imprimeur une très jolie édition des A mores de Baudius (n° 961). Motteley lui attribue, peut-être à tort, plusieurs ouvrages parus sous le nom de Louis Elzevier (nos 1002, 1014, 1015 et 1017).

Willem Christiaens, qui signe en français Guillaume Chrestien (n° 764), débuta en l’année 1631 : une édition de J. Second, parue sous cette date, porte à la fin : Impressa in nova officina typographica Wilhelmi Christiani (n° 1669). Nous démontrerons que cet imprimeur est le même qui signait parfois : W. Christiaens vander Boxe ou W. Christianus Boxius. Il mourut en 1658. Son fils Daniel lui succéda de 1659 à 1668. Après cette dernière date on rencontre le

(') Burmanni Syll., t. V, p. 403.

O) « Albertinus amicus noster tandem absôlvit magnum opus de Eucharistia... Genevenses sese offerunt editioni. Sed facit elegantia typorum vestrorum ut auctor malit id istic excudi. Vide ergo num Elzevirii aut Blawius aut Hackius velint hanc spartam ornare. » (18 sept. 1648, Epist., p. 186.)

(3) Voir la préface de Veenhuysen au Stace variorum , 1671, in-8.

nom de la veuve de Daniel van der Boxe, ou la veuve de Daniel Boxe, comme le porte la Relation du voyage de Brême de 1676.

AMSTERDAM. Les typographes d’Amsterdam étaient plus nombreux que ceux de Leyde, mais, à quelques exceptions près, il s’en faut qu’ils aient fait preuve d’autant d’habileté. La plupart sont demeurés dans l’oubli. Cependant il n’en est peut-être pas un seul qui n’ait imprimé quelques volumes dans ce format elzevirien, qu’un emploi de plus en plus fréquent avait fini par rendre banal. Ce serait peine perdue que de vouloir faire à chacun sa part. Nous nous bornerons donc aux principaux d’entre eux, à ceux dont les productions ont pu à une certaine époque être confondues avec celles des Elzevier.

Jean Blaeu, né en 1596, était fils du célèbre géographe et imprimeur Guillaume Blaeu. A la mort de ce dernier (1638) il lui succéda, d’abord en société avec son frère Corneille, puis seul, à partir de 1641. Le chanoine Joly, qui visita son officine en 1646, nous en a laissé la description suivante : « Le mesme jour, 27 [aoust] j’allay voir l’imprimerie de Blaeu, que l’on tient pour la plus belle de toute l’Europe. En effet il y avoit dix presses qui travailloient incessamment dans une longue salle basse, à un des bouts de laquelle il y a un cabinet pour les hommes de lettres et les correcteurs; et à l’autre sont serrées toutes sortes de caractères, et même des langues orientales, lesquels il fait fondre chez lui. Sur cette salle est son magasin de pareille grandeur(I). » Ces détails sont exacts, sauf peut-être en un seul point : Hélie Poirier nous apprend que les presses de Blaeu étaient au nombre de neuf, à chacune desquelles présidait l’une des Muses (n° 1643). On jugera par là de l’importance de cet établissement, puisqu’il est officiellement établi, nous venons de le voir, que les principaux imprimeurs de Leyde ne possédaient que quatre

V) Voyage fait à Munster en Westphalie , etc., par M. Joly , chanoine de Paris. Paris, Promé, 1670, p. 116.

INTRODUCTION

presses. Un autre contemporain assure que la maison donnait à vivre journellement à plus de quarante personnes(I).

Blaeu excellait surtout à exécuter les livres en grand format, ornés de cartes et de figures. Pour les publications de ce genre on s’adressait de préférence à lui, et il justifiait le jugement de Sarrau, qui l’appelle typographorum princeps{2\ Ce n’est que par exception qu’il s’est posé en émule des Elzevier, et chaque fois, il faut le dire, avec un plein succès.

Le 22 février 1672, un terrible incendie dévora l’imprimerie de Blaeu. On lira dans la notice de Daniel Elzevier un relevé exact des pertes occasionnées par ce sinistre. Les fanatiques d’entre les protestants prétendirent que c’était un châtiment que lui envoyait le ciel, fatigué de ses complaisances pour les papistes(3). Il paraît en effet que Blaeu imprimait quantité de missels et de bréviaires. Grég. Leti parle quelque part de ces presses fameuses « di dove escon le opéré a lettere rosse che sono di maggiore stima tra catolici(4). »

Blaeu ne survécut pas longtemps à cette catastrophe; il mourut le 28 décembre 1673. Ses fils Pierre et Jean lui succédèrent.

Jean Jansson, que plusieurs bibliographes ont confondu à tort avec Blaeu, a exercé la profession de typographe à Amsterdam de 1618 à 1664. Il s’est adonné surtout à la contrefaçon, non seulement d’ouvrages parus à l’étranger, mais encore et surtout de ceux de ses confrères hollandais. Un livre avait-il du succès, Jansson s’empressait de le réimprimer. Nous l’avons constaté pour le Politique tres-chrestien (n° 593) > pourl ’ Alcoran de Du Ryer (n° 1087), pour le Harvey, de Gener atione (n° 112g), pour la Defensio de Milton (n° 1134), pour les Lettres de Baudius (n° 1169), et il serait facile de citer ici vingt autres exemples parmi les livres édités par les seuls Elzevier. Il existe un Catalogus librorum officince Janssonianœ ,

Lettre de Vossius à H. Grotius, du 17 juin 1642 : « Ut mittam cætera, typographiæ ergo, alit [Blawius] quofcidie supra homines XL. » Vossii Epist., p. 328.

(2) Cl. Sarravius D. Blondello, 5 nov. 1650. Epist., p. 144.

(3) Foppens, Bibliotheca Belgica , t. II. p. 582.

(4) Tcatro bdgico , t. II, p. 414.

Amstel., 1650, in-8. Jansson acquit par la contrefaçon une fortune considérable. Nous avons montré dans la première partie qu’il établit une succursale de sa maison à Copenhague et une imprimerie à Stockholm. Il mourut en 1664, laissant trois filles, dont deux mariées avec les libraires Jean van Waesberge et Elizée Weyerstraeten.

Jean van Waesberge, issu, comme les Elzevier, d’une famille de typographes flamands réfugiés en Hollande, fut d’abord libraire à Utrecht; mais ayant épousé en 1660 une fille de J. Jansson, il vint se fixer à Amsterdam, et joignit à son nom celui de son beau-père : J. Jansson a Waesberge. Après la mort de Jansson il s’associa avec son beau-frère Elizée Weyerstraeten (1664-67), puis avec la veuve de ce dernier. A partir de 166g il demeura seul à la tête de l’établissement, jusqu’à sa mort, en 1681. La Bibliothèque de Hambourg possède un Catalogua librorum Joannis Janssonii à Waesberge , Amstel., 166g, in-8, que nous regrettons de n’avoir pu consulter(I). Waesberge était positivement imprimeur : le catalogue que nous venons de citer fait mention de livres qui ejus typis et impensis prodierunt, et un avis au lecteur à la fin de la China illustrata de Kircher ( Amst.y 1667, in-fol.), dit qu’on pourra se procurer les autres ouvrages du même auteur en s'adressant « J. Janssonio à Waesberge et Elisæo Weyerstraet, Amstelodami magnificis librorum Kircherianorum impressoribus et bibliopolis. » Mais ses impressions sont difficiles à discerner de celles de quelques-uns de ses confrères, entre autres de Wolfgang. On ne trouve aucun renseignement à cet égard dans le travail spécial que M. A. M. Ledeboer a publié sous ce titre : Het geslacht van W aesberghe , eene bijdrage tôt de geschied. der boekdrukkunst en van den boekhandel in Nederlandf 2e uitgave , ’s Gravenhage, 186g, in-8.

Abraham Wolfgang est celui de tous les rivaux des Elzevier dont le nom est le plus connu des bibliophiles. Cette réputation il la doit en grande partie à un paradoxe de Bérard. Ainsi que nous l’avons dit dans l’introduction, Bérard s’était

(») Bulletin du bibliophile belge , t. XIX, pp. 335.

INTRODUCTION

imaginé que tous les volumes portant le nom de Wolfgang avaient été imprimés par les Elzevier. Brunet se donna beaucoup de mal pour réfuter cette assertion qui ne valait pas la peine d’être discutée; et cependant, comme si lui-même eût conservé quelques doutes, Brunet (et ensuite M. Pieters) persista à faire un catalogue spécial des productions de cet éditeur. Nous n’avons eu garde de suivre cet exemple. C’eût été d’ailleurs chose impraticable, faute d’indications suffisantes. Que Wolfgang ait imprimé lui-même une partie des livres qui portent son nom, il n’y a pas moyen d’en douter, quand bien même on ne pourrait se prévaloir d’un volume signé : typis Abr . Wolfgang (le Schraderus de 1674). Nous admettons que les fleurons représentant l’oiseau perché au pied d’un mât à banderoles, la rose sucée par deux abeilles, l’écureuil accroupi, le renard, le chat, le chien qui fiente dans un violon, les anges adorant le sacré cœur, etc., lui appartiennent, vu qu’on ne les rencontre dans aucun ouvrage publié par d’autres libraires. Mais ces ornements n’ont été employés qu’assez rarement ; dès qu’ils font défaut l’incertitude recommence. Pour notre part nous sommes persuadé qu’une partie des éditions de Wolfgang ont été exécutées en différentes officines, surtout, à ce qu’il semble, chez les Waesberge; il en est une au moins, la Logique de Port-Royal (n° 1510), qui provient des presses elzeviriennes.

Tantôt Wolfgang signait de son nom; tantôt il faisait usage de divers pseudonymes (P. du Bois , P. Marteau , Le Blanc , P. le Grande ce dernier étant le plus usité), à moins qu’il ne se contentât de la formule banale : Suivant la copie . En fait de marques typographiques, il se sert tantôt du Sphinx (avec ou sans la devise : Inextricabilis error ), tantôt du Quœrendo , tantôt de la sphère. Mais, tandis que les autres imprimeurs, les Elzevier, les Hackius, les Steucker, &c., avaient une sphère spéciale, Wolfgang en a employé au moins six, sans qu’on puisse certifier qu’aucune lui appartienne exclusivement. Il n’y a qu’à comparer la Ménagerie de Cotin de 1666, le P. Boy le de 1671, la Logique de 1675, le Voyage en Espagne de 1667, la Princesse de Mont} errât de 1676, et le Triomfe de

V Amour de 1677, pour s’assurer combien peu il est permis de faire fond sur les sphères et autres ornements pour déterminer la part de cet éditeur. En somme il n’en est pas un dont les productions présentent si peu d’uniformité. Nous défions le bibliographe le plus expérimenté d’en faire le catalogue. Il est évident pour nous qu’une très notable partie des ouvrages français publiés à Amsterdam sans nom de libraire doivent être restitués à Wolfgang. L’unique moyen de s’en assurer serait d’avoir sous la main un catalogue officinal de la maison. Malheureusement cette ressource nous manque. C’est pourquoi nous avons dû nous borner à décrire ces articles, sans essayer d’en indiquer la provenance.

Wolfgang fut libraire de 1658 à 1693, et eut pour successeur Ant. Schelte.

Jacques de Jonge (1657-1678) paraît avoir imprimé surtout pour les libraires. Nous ne le connaissons que parce qu’il a mis son nom à certains livres, entre autres à la fin d’une jolie édition de Voiture, exécutée pour J. de Ravesteyn, 1657, pet. in-12 (n° 1692). Cette circonstance nous a permis de lui attribuer par voie d’induction plusieurs volumes imprimés avec non moins de soin et d’élégance.

LA HAYE. Trois officines de La Haye ont contribué pour une part à la collection elzevirienne :

Les frères Jean et Daniel Steucker, qui tenaient boutique dans la grand’salle du Palais des États à La Haye, d’abord comme libraires, à partir de 1664, puis comme imprimeurs, de 1666 à 1681, se recommandent spécialement à l’attention des bibliophiles (voir les n08 889, 891 et 1369). Leurs productions sont celles qu’on a persisté le plus longtemps à attribuer aux Elzevier. Le Voyage d'Espagne de 1666, le Traité d’Aubery de 1667, les Mémoires et Ambassades de Bassompierre de 1666 et 1668, les deux comédies de Nanteuil de 1669, VAdvis fidele de 1673, ont passé jusqu’en ces derniers temps pour des elzeviers véritables, et leur belle exécution les rend tout à fait dignes de cet honneur. Cependant on peut sans trop de peine les discerner à certains signes : absence de

INTRODUCTION

lettres grises, rareté des fleurons, signatures en 6; leur sphère notamment est caractéristique; elle se vérifie sur un petit volume imprimé par eux et portant leur nom, V Imagination détrompée de 1675.

Nous n’accordons qu’une simple mention à Adrien Vlacq, imprimeur à La Haye de 1651 à 1666, les quelques productions elzeviriennes de ce typographe ne s’élevant pas audessus de la médiocrité.

Adrien Moetjens s’est montré infiniment plus habile, mais c’est à peine s’il rentre dans notre cadre, puisqu’il ne paraît en scène que vers 1678, c’est-à-dire tout à la fin de la période que nous embrassons. Moetjens, il n’est pas inutile d’en faire la remarque, appartenait à la communion romaine(I).

GOUDA. Un imprimeur de cette ville, Willem vander Hoeve, qui signe en français Guillaume de Hoeve (1649- 1672), débuta également par quelques jolis volumes elzeviriens; mais il paraît que sa tentative n’eut pas le succès qu’il en attendait, car les trois seules productions qu’on cite de lui en ce genre appartiennent à l’année 1649 (nos 1655, 1657 et 1659; voir aussi le n° 1679).

BRUXELLES. En Belgique aussi, du moins à Bruxelles, les Elzevier eurent quelques imitateurs.

Le plus célèbre est François Foppens. La famille de Foppens était originaire de Frise. Le grand-père de l’imprimeur, Arnould Foppens, avocat à la cour de Frise, « ne pouvant plus souffrir les persécutions des hérétiques, » se retira à Bruxelles, où il mourut le 30 novembre 1644 (2). Son fils, Guillaume Foppens, fut attaché à l’administration du mont de piété et décéda le 10 nov. 1662. Quant à François Foppens, il ne paraît pas qu’il ait vu le jour à Bruxelles, car les registres de naissance ne contiennent aucune indication à ce sujet. D’autre part les archives communales font foi qu’un François

<r) Nouveaux mémoires d'hist. etc. de l'abbé d'Artigny. Paris, 1749, t. I, p. 331. (2) Théâtre de la noblesse du Brabant . Liège, 1705, in-4, f. sign. *53.

Foppens, de Malines (sans doute le nôtre), devint bourgeois de Bruxelles après la Noël de 1654»

Les premiers produits de ses presses portent sur le titre un bouquet composé de deux grandes palmes croisées sur deux palmes courbées en ovale, avec quatre fleurs rosacées en losange et une cinquième qui fait le milieu de l’ornement. Cette vignette est empruntée à un typographe de Paris, Augustin Courbé, qui demeurait à la Palme. Pendant longtemps elle alterna sur les éditions de Foppens avec l’insigne de la sphère.

Vers 1670 il reprit le matériel d’un de ses confrères bruxellois, Jean Mommart; c’est du moins ce qui paraît résulter de l’examen des fleurons et lettres grises employés par lui à partir de cette date.

Foppens demeurait à l’enseigne du St-Esprit, près les P. P. Jésuites (emplacement actuel de l’ancien palais de justice). Le 25 sept. 1661 il épousa Anne de Kerpen, à l’église St-Géry(I). Il mourut le 24 octobre 1684, laissant pour continuateur un de ses fils, nommé également François(2).

Philippe Vleugart, qui demeurait derrière l’Hôtel de ville, à l’Ange gardien, débuta vers 1666. Il s’est borné presqu’exclusivement à contrefaire des livres publiés en France ou en Hollande. Aucun éditeur n’a abusé comme lui du pseudonyme. C’est à peine s’il a signé de son nom sept ou huit volumes; le reste a paru sous une foule de noms différents, soit empruntés, soit tout à fait imaginaires. Souvent il ne se faisait pas scrupule de dater de Paris, pratique dont à la vérité Foppens lui avait donné l’exemple. Vleugart employait un papier de qualité inférieure. Il est rare que ses productions dépassent la médiocrité.

En 1676 nous trouvons son fils, Philippe Vleugart, établi comme imprimeur, contre l’hôtel du prince de Ligne.

Il est parfois assez difficile de distinguer les impressions de Vleugart de celles de son confrère Lambert Marchant, installé au marché aux Herbes, à l’enseigne du Bol "Pasteur. Plusieurs

(O Archives communales de Bruxelles.

i*) Théâtre de la noblesse du Brabant , cah. sign. *52.

INTRODUCTION

fleurons et culs-de-lampe étaient communs aux deux officines. Néanmoins les éditions de Marchant sont en général mieux exécutées.

Eugène Henry Fricx, qui habitait derrière l’Hotel de ville, à l’enseigne de l’Imprimerie, est très supérieur aux deux typographes que nous venons de nommer. Ses éditions prennent place sans trop de désavantage à côté de celles des Elzevier et de Foppens. Il a débuté vers 1675, et nos documents font foi qu’il vivait encore en 1715.

Un dernier mot avant de terminer cette courte introduction. Comme on le pense bien, les Pays-Bas — Hollande et Belgique — n’ont pas eu le monopole exclusif des éditions pet. in-douze. Beaucoup d’imprimeurs, en France et ailleurs, ont adopté à leur tour le format et les ornements mis à la mode par les Elzevier. Faute d’avoir tenu compte de cette circonstance, les bibliographes ont commis plus d’une confusion. Ainsi Renouard, citant dans son catalogue de 1819 les Discours prononcés à l'Académie françoise , à la réception de l'abbé Huet , Paris, P. le Petit, 1674, in-i2(I), ajoute : « Ce volume est certainement d’impression des Elzevier. » Sur la foi d’un juge aussi compétent, Brunet et M. Pieters n’ont pas fait difficulté d’accueillir cet article avec la note qui l’accompagne, et voilà comme quoi depuis soixante ans ce livret figure abusivement dans la collection elzevirienne ; car, tout orné qu’il soit de la tête de buffle et de la sirène, il est très positivement de l’imprimeur qui l’a signé, et qui en a exécuté et signé bien d’autres du même genre.

Autant en dirons-nous de certains ouvrages imprimés à Rouen, sur la copie de Paris . Pour nous borner à un seul exemple, Bérard et d’après lui Brunet et M. Pieters (2) ont

(1) Discovrs prononcez à l'Académie françoise le xm. aoust m.dc.lxxiv. A la réception de monsieur l'abbé Huet... Avec quelques ouvrages de poésie qui y furent lues et récitez le mesme jour. A Paris, chez P. le Petit, 1674, in-12, de 72 pp.

(2) Recueil de pièces galantes , en prose et en vers , de madame la comtesse de la Suze , d'une autre dame , et de monsieur Pelisson. Augmenté de plusieurs élégies, (la Sphère.) Sur la copie à Paris, chez Gabriel Quinet, 1678, avec privilège du Roy, 3 part, en 1 vol. pet. in-12, de 617 pp. en tout, non compr. les faux titres de la 2e et de la 3e part, (av* les pp. 203 et 377).

admis dans leur liste le Recueil de madame de la Suze , bien que Nodier, dans ses Mélanges de 1829, eût déjà fait remarquer avec raison que ce recueil appartient aux presses rouennaises. Aucune raison sérieuse ne nous engageait à établir de nouvelles subdivisions, pour y faire entrer des éditions dont l’aspect seul décèle une origine étrangère. On cherchera donc vainement dans ces Annales certains articles admis par la plupart de nos devanciers. Les amateurs sont libres d’agrandir la collection elzevirienne suivant leurs goûts ou leur fantaisie; mais au point de vue bibliographique cette collection se compose uniquement de livres imprimés dans les Pays-Bas.

ANNEXES

DE LA COLLECTION ELZEVIRIENNE

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