‹ Les ElzevierChapitre 8 sur 256 · AMSTERDAM · texte numérisé non relu

AMSTERDAM

Le propriétaire se nommait Steven Bevelot, et la valeur locative était taxée à 1150 florins, somme considérable pour l’époque.

Louis Elzevier paya pour la dernière fois sa cote le 15 avril 1654. A partir de l’année suivante l’impôt est acquitté par un nouveau locataire, nommé Augustin Cloribus.

Lorqu’en 1655 Louis et Daniel s’associèrent, ils jugèrent à propos de changer de demeure, sans toutefois quitter le quartier, ni même la rue. Ils prirent à bail de la veuve de Guilliam Mostert une maison au coin de la Valkensteeg, évaluée à 750 florins de loyer; cette maison, la troisième à partir de la place du Dam, est celle qu’occupe actuellement la librairie allemande de Seyffardt.

Avec le départ de Louis Elzevier, en 1665, coïncide un dernier déménagement. L’immeuble de la veuve Mostert reçut un nouveau locataire, car Y Orme y fait place dès lors au Puits de charbon (de Koolput). Daniel alla s’établir un peu plus loin, à proximité du Papenbrug ; l’endroit exact n’a pu être déterminé.

Ces renseignements, dont nous avons obligation à M. l’avocat De Roever, archiviste adjoint à Amsterdam, viennent à l’appui d’une thèse soutenue naguère par ce jeune érudit, à savoir que les maisons de commerce d’Amsterdam empruntaient leur dénomination, non pas toujours à l’emblème maçonné dans la façade, mais parfois aussi au tableau mobile que le locataire suspendait à sa devanture et qu’il emportait avec lui lorsqu’il délogeait. Les Elzevier avaient pour enseigne spéciale un Orme, et c’est ce qui explique que malgré leurs changements de domicile leur adresse n’ait point varié.

L’OFFICINE D’UTRECHT

L’histoire de l’officine d’Utrecht peut se résumer en quelques lignes. En 1667, Pierre Elzevier, petit-fils de Josse, adressa une requête au magistrat d’Utrecht pour être autorisé à ouvrir une librairie. Le conseil lui octroya sa demande par la résolution suivante, que nous traduisons textuellement :

A la requête de Pierre Elsevier, sollicitant autorisation de pouvoir exercer ici son commerce, consistant principalement en livres brochés, le conseil, entendu le rapport de messieurs les délégués, qui ont examiné le rapport contradictoire de ceux de la gilde, accorde au suppliant, selon sa demande, de pouvoir débiter ou vendre exclusivement des livres brochés, sans qu’il ait la faculté de vendre des livres reliés, ni de relier ou faire relier dans sa maison des livres brochés, directement ou indirectement, le tout sous peine de cent florins, que lui suppliant aura à payer chaque fois, en cas de contravention, au profit de l’officier, de la gilde, et du dénonciateur, chacun pour un tiers; entendant que de ses livres brochés il ne puisse être fait de vente à l’encan, sinon après son décès. Ordonne que ceux de la gilde le reçoivent comme libraire dans leur corporation, moyennant paiement des droits habituels. Actum 3 juin 1667.

Il paraît que certaines clauses de cet acte ne furent pas du goût de Pierre Elzevier, car le conseil fut obligé quelques semaines après d’y revenir et de les confirmer par une nouvelle résolution :

Le conseil, vu la requête ultérieure de Pierre Elsevier et le rapport contradictoire des doyens et membres de la gilde des libraires et des relieurs, entend, par ampliation du procès-verbal du 3 juin 1667, que lui Elsevier ne pourra, suivant ledit procès-verbal, acheter et vendre que des livres brochés, qu’il sera invité aux ventes publiques qui auront lieu par-devant le conseil; et qu’en conséquence il aura à purger sa maison de son outillage de relieur et de ses livres reliés, sauf ceux qui servent à son usage personnel, dans la quinzaine à partir de l’insinuation, sous la peine édictée dans le procès-verbal susmentionné. Actum 22 juillet 1667

(O Les textes originaux ont été publiés par M. Rammelman Elsevier, Uitkomsten , p. 35 des Bijlagen.

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