‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 11 sur 368 · LEYDE, XLVII · texte numérisé non relu

LEYDE, XLVII

Elzevier, imprimeur juré ordinaire de l'Université de Leyde, en Hollande, et il ne souffrira pas qu'on y introduise, chez lui ni ailleurs, aucune modification. Il déposera à la bibliothèque un exemplaire de tous les livres qu'il imprimera. Les livres que les professeurs ou notabilités académiques désireront faire venir de Francfort, il se chargera de les procurer à ses risques et périls, au même prix que les autres libraires. Enfin il se conformera aux placards des Etats de Hollande et des États-Généraux en matière de presse, et il prêtera serment selon les formes. Moyennant lesquelles clauses, il touchera annuellement la somme de cinquante florins^'^

Ce chiffre de cinquante florins paraît des plus modestes, surtout si on le compare aux émoluments alloués aux précédents imprimeurs. Aussi croyons-nous qu'il faut faire entrer en compensation le droit qu'on octroya à Isaac dès l'année suivante de transférer son établissement dans la cour même de l'Université.

Isaac Elzevier resta en charge jusqu'en février 1626, époque où il renonça à la profession typographique. Mais avant de se démettre de ses fonctions, il avait pris une mesure qui devait en quelque sorte en assurer le monopole à ses successeurs.

Au nombre des professeurs qui illustraient l'Université de Leyde au commencement du dix-septième siècle, se trouvait le célèbre orientaliste Erpenius (Th. van Erpe). Non content d'enseigner les langues orientales et de composer des ouvrages propres à en faciliter l'étude, Erpenius avait entrepris de reproduire par la presse les œuvres des principaux écrivains de l'Orient. A cette fin il avait établi dans sa propre maison une imprimerie, qu'il dirigeait et surveillait lui-même. Une mort inopinée l'enleva le 13 novembre 1624, ^ l'âge de quarante ans^*\ Heureusement il avait eu le temps de former plusieurs élèves en état de suivre ses traces; lui-même en

(') Rammelman Elsevier, Uitkomsten, &c., pp. 13-14 des Bijlagen.

(') Il mourut de la peste : « Thomas Erpenius, peste violenta nobis ante aliquot annos ereptus. » Pol. à Kerckhoven, Oratio funeb, in obitum Lud, de Dieu^ Lugd. Bat., Elzev., 1643, P* ^o.

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