XLVIII LES OFFICINES ELZEVIRIENNES
mourant avait désigné l'un d'eux, J. Golius, pour lui succéder. L'Université devait donc attacher beaucoup de prix à ce que les poinçons qu'Erpenius avait fait graver à grands frais, ne tombassent point en des mains étrangères et restassent à la disposition de l'Académie. Isaac Elzevier, avec cet esprit d'à propos qui distingue les membres de sa famille, alla au-devant de ce vœu, en acquérant de la veuve d'Erpenius les caractères, matrices, poinçons, en un mot tout le matériel délaissé par le défunt. Le conseil académique dut lui savoir gré de cette acquisition, qui en pareille circonstance prenait les proportions d'un acte patriotique.
Il est probable qu'à cette époque Isaac avait déjà formé le dessein de se retirer des affaires, et que cette transaction fut conclue avec l'assentiment de Bonaventure et d'Abraham. Ceux-ci étaient donc à peu près sûrs, en succédant à leur parent, que l'Université leur continuerait le même privilège. Dans leur requête au conseil académique ils ne manquèrent pas d'insister sur cet article de l'imprimerie orientale, protestant que loin de la laisser diminuer d'importance entre leurs mains, ils étaient disposés à la développer « pour l'hon- « neur et la réputation de l'Université^'*. » Le conseil leur concéda le titre qu'ils sollicitaient, et les autorisa à reprendre la loge ou galerie qui servait à Isaac d'atelier et de boutique, sous la clause expresse que le matériel d'Isaac resterait à Leyde, à la disposition de l'Université. Les appointements attachés à la place furent portés à loo florins. (Résol. du 9 mai 1626.)
Depuis lors le titre d'imprimeur juré demeura sans interruption dans la famille des Elzevier.
Nous n'avons que peu de chose à ajouter pour compléter l'historique des rapports des Elzevier avec l'Université. Le 9 février 1628 leur traitement fut doublé. Trois ans plus tard on le porta à 300 florins, en considération des frais notables que nécessitait l'imprimerie orientale, et notamment de la
(X) Rammelman Elsevier, UitkomsUn^ p. 18 des Bijîagen, — Les documents que nous résumons ci-après sont publiés in-extenso dans le même ouvrage, pp. 19-31 des Bijîagen.