BON AVENTURE ELZEVIER. CLXXXIII
ce qu'elle montre combien ce grave magistrat, au milieu de toutes les préoccupations de sa charge, prenait intérêt aux travaux des Elzevier, et se tenait au courant de leurs progrès dans Tart typographique : non dedignaris eo usque te demittere^ ut aliquando de nostris in re typographica progressibus inquiraSj etc.
En 1645 ce fut au tour de Daniel d'aller achever son apprentissage à Paris. L'accueil qu'on lui fit ne fut pas moins bienveillant. Cette fois ce fut aux frères Dupuy que les Elzevier payèrent la dette de leur reconnaissance, en leur dédiant les Grotii Epistolœ ad Gallos de 1648 : « ... Vestrum istum beneficum animum^ nos quoque^ in filiis nostris^ sœpiuscule experti sumus : qui, nuper e Gallia reversi, prolixam humanitatem vestram^ et ex vestra auctoritate prœsidium^ prœdicare non contenti^ in cœlum efferre non desinunt. Accipe igitur, quod vobis debemus^ gratitudinis nostrce hoc testimonium , etc. » Réussirent-ils par cette flatteuse épître à réparer le tort qu'ils s'étaient fait dans l'esprit des frères Dupuy par l'affaire du Tite-Live? Il faudrait peu connaître le caractère de ces dignes savants pour garder le moindre doute.
Les dernières années de Bonaventure furent attristées par des malheurs domestiques. En 1644, il perdit un fils âgé de seize ans; en mars 1647, sa femme Sarah van Ceulen. Son petit-neveu Jean s'étant marié en cette même année, il paraît que depuis lors Bonaventure s'en remit en majeure partie à lui de la direction des affaires.
Abraham, son associé, mourut le 14 août 1652; un mois plus tard, le 17 septembre, lui-même le suivit dans la tombe. Il fut inhumé le 21 dans l'église St-Pierre.
La veille de sa mort il avait fait un testament, dont on connaît les principales clauses; indépendamment de plusieurs legs pieux, il disposa en faveur de ses deux sœurs, Marie et Elisabeth, de l'usufruit d'un capital de 6000 florins, destiné après leur mort à l'érection d'une maison de charité; il y ajouta le dixième du revenu des terres et propriétés endiguées, situées en Flandre (entre Bruges et Gand), qu'il possédait par indivis avec son beau-frère Daniel Colonius. Il légua à son fils aîné Daniel sa maison située sur le Rapenburg, ainsi