LEYDE. XLIX
charge résultant de l'entretien d'un correcteur spécial. (Résolut, du i8 nov. 163 1.)
Cet état de choses se prolongea jusqu'en 1649. A cette époque le conseil fut saisi d'une plainte relative à l'exagération de certains comptes d'impression. Il fut question, dans la séance du 16 août, de réduire le traitement des imprimeurs, et ce traitement fut aboli, par résolution du 14 février 1650. Bonaventure et Abraham réclamèrent à plusieurs reprises, non pas seulement le maintien de leurs honoraires, mais une augmentation, motivée sur l'onéreux entretien de l'imprimerie orientale. Durant près de deux ans leurs réclamations furent mises à l'ordre du jour de presque chaque séance du conseil, mais la décision à prendre renvoyée de séance en séance, si bien qu'à la mort de Bonaventure et d'Abraham, en 1652, rien n'était encore résolu.
Jean et Daniel, leurs successeurs, après avoir repoussé d'abord les conditions que les curateurs voulaient leur imposer (9 fév. 1653), agréèrent le titre d'imprimeurs de l'Université, dans les termes consentis par Isaac en 1620, moyennant 300 florins de traitement annuel, jouissance pour eux et pour leur chef d'atelier de la franchise d'impôt et d'accise sur le vin et la bière octroyée aux membres de l'Université, et le droit de faire usage de la loge construite dans la cour de TAcadémie (26 août 1653). Depuis lors, jusqu'en 1712, le même traitement resta affecté aux fonctions d'imprimeur officiel.
En 1655 de nouvelles plaintes s'élevèrent au sujet d'un compte d'impression, que les curateurs trouvèrent exorbitant (24 fév. 1655). Mais il ne paraît pas qu'on y ait donné suite.
Le 12 novembre 1661, la veuve de Jean, Eva van Alphen, fut admise à lui succéder. Enfin, le 17 mai 1681, Abraham Elzevier remplaça sa mère. Entre ses mains le titre d'imprimeur juré perdit tout son prestige. On a publié le procèsverbal d'une séance des curateurs, en date du 8 août 1712, dans laquelle on exposa longuement le tort fait à l'Université par l'incurie et les malversations de ce même Abraham. Mais cet ample réquisitoire n'avait d'autre but que de fixer l'attention des curateurs sur la nécessité de faire choix d'un
L LES OFFICINES ELZEVIRIENNES.
typographe habile, de remettre en vigueur les règlements et de stipuler une peine pécuniaire en cas de contravention. Car Abraham était décédé le 30 juillet précédent, et par là avaient pris fin toutes relations entre les Elzevier et TUniversité. Ces relations, à compter de la nomination de Louis Elzevier comme appariteur, en 1586, avaient duré près dé cent ving^six ans; il y en avait plus de quatre-vingt-douze que la famille était en possession du titre d'imprimeur de l'Académie, titre qui passa depuis dans la famille des Luchtmans.
§ 3. Les thèses académiques.
En leur qualité de typographes officiels de l'Université, les Elzevier de Leyde ont imprimé une multitude de thèses ou dissertations académiques. Ces thèses, qui comprennent d'ordinaire de deux à six feuilles d'impression, ont toutes paru dans le format in-quarto. La plus ancienne de celles qui nous ont passé sous les yeux, date de l'année même de la nomination d'Isaac Elzevier. Elle est intitulée :
Dispvtationvm theologicarvm tertia, de libris canonicis : itemque apocryphis. Qvam.... 8vb prssidio.... Antonii Thysii.... publiée defendere annitetur Theodorvs Gisberti Vianensis. Ad diem 21 martij. Lvgd. Bat., apud Isaacvm Elsevirivm, 1620, in-4, de 16 pp.<*'
A l'exemple de M. Pieters, nous n'avons pas donné place dans nos Annales aux productions de ce genre. Quelques-unes, il est vrai, portent des noms connus et peuvent être mises à profit par l'histoire littéraire. Mais la publication àeV Album stiidiosoriim leur a fait perdre la majeure partie de leur intérêt.
M. Ch. Fr. Walther, à qui l'on doit l'un des deux catalogues de la collection elzevirienne de St-Pétersbourg, a inséré dans le Bulletin dn bibliophile belge et fait imprimer à part un Catalogue méthodique des dissertations ou thèses académiques imprimées par les Elzevier de 1616 (lisez : de 1620) à 1712,
(I) Elle fait partie de la collection Meulman (no 1741), aujourd'hui à la Bibliothèque de Gand. — Isaac avait été élu le 9. février 1620; comme cette pièce doit avoir paru avant le 20 mars, il n'est pas impossible que les deux dissertations auxquelles elle fait suite, aient été imprimées par Paedts, le prédécesseur d'Isaac.