‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 131 sur 368 · CLXXXVIII LES BIOGRAPHIES · texte numérisé non relu

CLXXXVIII LES BIOGRAPHIES

témoigner sa haute considération pour ce célèbre typographe, qui était, comme on sait, imprimeur de l'Académie, fit frapper en son honneur une médaille que nous avons fait reproduire. Elle est de forme ovale, et porte d'un côté la Minerve académique avec cette légende : Acad. Lvqd. Bat., de l'autre l'inscription suivante : Abrahamvs Elsevirivs Acad. Lvgd. Bat av. typographvs Anno mdclii*'^

Cet hommage rendu publiquement à la mémoire d'Abraham par un corps qui n'était pas prodigue de pareilles distinctions, confirme notre appréciation au sujet du mérite relatif des deux associés. L'Université n'en fit pas autant pour Bonaventure, lorsque celui-ci mourut un mois plus tard. C'est qu'en effet, si Bonaventure en sa qualité d'aîné était plus en vue et avait la haute main dans la maison, Abraham, dans sa sphère modeste, s'était acquis des titres plus essentiels et plus durables à l'estime du monde lettré. Confiné dans l'imprimerie, et tout entier aux travaux de sa profession, il avait borné son initiative à élever son art au degré de perfection dont il était susceptible. Nous sommes convaincu de ne pas nous tromper en le désignant comme l'auteur véritable de ces merveilles typographiques, où le goût le plus ingénieux s'allie à la plus grande délicatesse d'exécution. Sans lui Bonaventure n'eût été qu'un éditeur ordinaire , et ses productions seraient depuis longtemps ensevelies dans l'oubli. Les autres membres de la famille, Jean, Louis et Daniel, n'ont eu qu'à suivre l'exemple d'Abraham. Mais, quoique venus après lui, aucun d'eux ne l'a surpassé; de sorte qu'on peut dire qu'il a été le premier, et qu'il est resté le plus habile des quatre typographes qui ont illustré le nom des Elzevier.

(0 Elle a été publiée pour la première fois dans les Nederlandsche gedenkpenningen verklaard, door Jeronimo de Vrics en Johannes Comelis de Jonge, *s Gravenhage en Amsterdam, van Cleef, 1829, in-4, p. 4 et pi. Ill, puis par M. William Blades» A list of medalSijettons, tokenst etc., in connexion with printers, London, 1869, in-8.

FILS D'aBRAHAM.

L'aîné des trois fils d'Abraham Elzevier et de Catherine van Waesberghe est le seul qui ait suivi la carrière de son père. Jean Elzevier naquit à Leyde, sur la fin de février 1622, et fut baptisé en l'église St-Pierre le 4 mars suivant.

En 1638, âgé de seize ans, il fut envoyé à Paris^'\ moins, croyons-nous, pour se perfectionner dans la typographie, que pour apprendre le frg,nçais et contracter d'utiles relations dans le monde des lettres et de la librairie. J. Fr. Gronovius, qui lui rendit visite en 163g, nous apprend qu'il habitait chez un imprimeur; de certaines allusions contenues dans les lettres de ce savant on peut induire que l'imprimeur en question était Guillaume Pelé, le principal correspondant des Elzevier à Paris ^*^

La réputation que son père s'était acquise comme typographe, et plus encore peut-être comme l'éditeur en titre des

(1) Épître dédie, du Sénèque de 1640, au chancelier Seguier : • Existimavimus non fore Obi ingratum, si nova et commoda hujus editionis munnsculum, tibi nomine nostro, ab Elsevirio nostro, qui jam biennium apud vos degit, dimisissime offcrretur. •

(2) La première lettre adressée de Paris à Saumaise, sous la date du 16 oct. 1639 (Burm. SylL, t. II, p. 598), contient le passage suivant : • de Ëlencho meo jam cum typographo, pênes quem degit Elzevirius adolescens, locutus sum. » Ce typographe doit être Guillaume Pelé, car il s*agit évidemment de l'opuscule, fort rare, intitulé : loan, Freder, Gronovii Elenchvs antidiatribes Mercvrii Frondatoris ad P, Papinij Statij Syluas... Parisiis, apvd Qvilelmvm Pelé, via lacobsÂ, sub signo Crucis aureœ, CI3 IDC xxxx, in-8. Et en effet dans la lettre suivante, du 26 nov. 1639, Gronovius écrit au même Saumaise : • Prsefatio mea jam parabatur, et folia omnia Pclsto tradideram, qus tamen antequam excuderentur, visis tuis opus mihi erat. > D'après le Catal. chronologique des libraires et des imprimeurs de Paris de Lottin {Paris, 1789, in-8), G. Pelé fut libraire du 6 avril 1628 au 22 juin 1644. ^^ ^^^i^ 1^ correspondant ordinaire des Elzevier à Paris; car c'est bien de lui qu'il est question dans la lettre des EUevier au P. Mersenne (8 mars 1638) : • Quand aux livres que nous avons imprimez depuys 4 ou 5 ans, les trouverez tous chez le S' Pellée qui vous poura dire le prix. •

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