‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 132 sur 368 · CXC LES BIOGRAPHIES · texte numérisé non relu

CXC LES BIOGRAPHIES

illustres professeurs de Leyde, lui servit d'introduction auprès des savants et des bibliophiles français. Tel fut l'accueil que lui firent certains d'entre eux, notamment les frères Dupuy et le chancelier Seguier, que Bonaventure et Abraham se crurent tenus, nous l'avons déjà dit, d'en témoigner publiquement leur reconnaissance.

Ce premier séjour à Paris se prolongea jusqu'en i640. Le 10 septembre de cette année, Jean se fit inscrire comme étudiant en philosophie à l'Université de Leyde. Néanmoins dès l'année suivante, en avril 1641, nous le retrouvons à Paris, débitant des livres qu'il avait apportés de Hollande. Le fait est consigné en ces termes dans le recueil des Règlements des imprimeurs et libraires de Paris^ imprimé en 1652 : « Les syndics et adjoints de la librairie ont obtenu sur leur requeste une sentence du lieutenant civil, le 27 avril 1641, par laquelle il est enjoint au nommé Elsevier de fermer son magasin trois semaines après l'ouverture de ses balles, avec défense de vendre ni débiter aucuns livres en blanc ou reliés, sinon aux libraires : le tout conformément aux règlements, à peine de cent livres d'amende et confiscation de sa marchandise, sans autre forme ni figure de procès ^*^ »

En effet, tout en poursuivant ses études, Jean était revenu en France avec une mission temporaire. Nous constatons qu'il y est retourné fréquemment depuis, et à des intervalles en quelque sorte réguliers. Ces nombreux déplacements sont faciles à expliquer, car ils coïncident avec l'époque où Louis Elzevier venait de quitter la maison de Leyde. Jean se trouvait à Soroe en Danemark au mois de janvier 1643^'^; il était à •Paris en février 1644 ^3^; il y est revenu au commencement

(i> La réimpression de 1687 porte que la sentence avait été rendue contre • Daniel Elzevir libraire d'Hollande. » Voulant spécifier davantage, on a songé naturellement à celui des Elzevier dont le nom avait le plus de relief; mais on ne 8* est pas aperçu que Daniel, né en août 1626, n'avait que quatorze ans à l'époque de cette procédure.

(a) Vossii Epistolœ^ p. 343. Voir ci-dessus, p. lxxvii.

(3) • Adest quidem Ëlzevirius. Sed nondum ejus sarcinse advenere : hodie eas Rothomago expectat. » Sarravius G. Salmasio, 8 Id. Febr. 1644 (p. 57). Voir aussi

p. CLXXIV.

JEAN ELZEVIER. CXCI

d'octobre i645^'\ pour repartir le lo février suivant^*^ Durant ce dernier séjour il alla sans doute loger auprès de son cousin Daniel, chez le libraire P. le Petit (G. Pelé était mort Tannée précédente). Ce fut sur ses instances que Nicolas Heinsius, qui était également à Paris, se décida à y faire imprimer un recueil de ses poésies, et Jean se chargea de choisir le typographe^^^ D'après Tépître dédicatoire des Grotii Epistolœ ad Gallos, il paraît qu'il fit encore une excursion à Paris vers la fin dé 1647^*^

Ce fut probablement la dernière. Le 9 juillet 1647, ]^^^ épousa Éva van Alphen, native comme lui de Leyde et âgée de vingt-sept ans^'^ On a dit qu*à la suite de ce mariage, son père, voulant l'initier complètement aux affaires, lui donna une part d'intérêt dans l'association. Ce point n'est pas démontré, mais paraît fort vraisemblable. En effet, au mois de mai 1649, Jean va s'établir avec les siens dans la Houtstraat^ au domicile de son grand -oncle Bonaventure^^^ Dès ce moment il cherche à entrer en relation avec les auteurs, et à négocier avec eux pour son compte personnel. En mai 1651, il propose à Nie. Heinsius de se charger de la publication

(X) « Exemplaria haud dubie secum adferet Elzevirius junior, qui quotdie hic expectatur. > Heinsius Qronovio, Kal. Cet. 1645 (Burm. Syll,, t. III, p. 158).

(3) • Hodie sub noctem Johannes Elzevirius per dispositos equos Caletum cum vestro tabellario, profecturus est. » Sarravius G. Salmasio, 10 febr. 1646.

<3) c Compellavit me ante abitum ex hac urbe suum junior Elzevirius, ut versus meos ederem... Prospexit statim mihi de typographo, etc. » Heinsius Gronovio, 3 mart. 1646 {Burm, Syll.j t. III, p. 166). Cette édition des poésies de N. Heinsius est intitulée : Nicolai Heinsiiy Dan, F. EUgiarum liber, Accedunt varia diuersi argumcnii poêmatia codem auctore, Parisiis, apud viduam Joannis Camusat et Petrum le Petit, via Jacobaeâ, ad insigne aurei Velleris, m.dc.xlvi, in-4, de 92 pp.

U) « Vestrum istum beneficum animum, nos quoque, in fîliis nostris, saepiuscule experti sumus : qui nuper e Gallia reversi, prolixam humanitatem vestram, et ex vestra auctoritate praesidium, praedicare non contenti, in cœlum efTerre non desinunt. » Lugd. Bat., Kal. Mart. 1648.

(5) • Anne 1647, den 9 july, ben ick Johannes Elzevier, oudt synde ses en twintich iaer, getrout met Eva van Alphen, sy oudt synde seven en twintigh iaer. Ende heeft ons getrouwt D. Hendricus Fabricius inde Hogelandsche Kerck. » Note de J. Elzevier dans le Mémorandum de famille (Jaavhockje voor den boekhandel, *s Grav., 1839, p. 144)-

«6) « In mey 1649 zyn wy gaen woonen in de Houtstraet, in het huys van 00m Bonaventura. > Mémorandum, (Rammelman Elsevier, UUkomsten, p. 28, not. 3.)

Page 1