‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 138 sur 368 · FILS DE JEAN · texte numérisé non relu

FILS DE JEAN

Abraham n'est pas le dernier Elsevier dont nous ayons à parler, mais dans Tordre chronologique il est le dernier de tous qui ait exercé la profession d'imprimeur.

Second fils de Jean, et d'Éva van Alphen, il naquit à Leyde, le 5 avril 1653, fit ses études à l'Université de sa ville natale, et fut promu docteur en droit le 12 janvier 167g.

Dans le courant de 1681, il prit à son compté l'imprimerie, que sa mère avait continué à gérer depuis la mort de Jean. Par résolution du 17 mai de la même année les curateurs le nommèrent typographe de l'Académie; toutefois ils stipulèrent que sa mère continuerait à jouir sa vie durant des 300 florins d'émoluments attachés à cette fonction. La première thèse qui porte le nom d'Abraham est du 3 juillet suivant ^'^; maïs ce ne fut que le 13 août qu'il se fit inscrire comme maître imprimeur dans les registres de la corporation.

M. Pieters a donné place dans ses Annales à une traduction néerlandaise de Minutius Félix, œuvre d'un « A. Elzevier, jurisconsulte, » laquelle parut en i6g6 sous ce titre :

D'Octavius van Minutius Félix, handelende van d'ydelheid der afgoden. Ofte het christendom tegen *t heidendom verdedigt. Uyt het latyn vertaelt door H^ A. Elzevier, regtsgeleerde. 7 Amsterdam, by Joh. en GiL Janssonius van Waesbergey 1696, pet. in-8, de 6 ff. limin. et 126 pp.

Cet Elzevier est-il bien celui dont nous nous occupons? La chose nous a paru douteuse, et ne concorde guère avec la

(I) DisPUTATio medico-chirurgica inauguralis de spina ventosa, quaxn... ex authoritate Magnif. D. Rectoris D. Johannis Voet, J. U. D... publico examini subjicit Adrianus van Waard, Delpho-Batav. Ad diem 3 julii... Lugduni Batavorum^ apud Abrahamum Elxevier, Acad. iyPogr,, 1681, in-4, de 16 pp.

ABRAHAM EL2EVIER. CCI

réputation d'ignorance dont on Ta gratifié. Le fait que le volume a paru à Amsterdam, chez les Waesberge, alors qu'il eût été si simple à Abraham de l'éditer lui-même, nous semble également infirmer cette hypothèse. C'est pourquoi nous nous sommes abstenu de reprendre cet article dans notre catalogue.

Le 22 juin 1695, Abraham épousa Marie Vermeulen d'Amsterdam. Le 6 août 1710, il prêta serment en qualité d'échevin de la ville de Leyde**\

Rien ne peut donner une idée de sa négligence et de son inaptitude. Entre ses mains l'imprimerie de Leyde tomba dans une complète décadence. Nous avons cité ailleurs le témoignage accablant d'un voyageur contemporain sur les abus qui se pratiquaient dans l'établissement^'^ Ce fut sans doute par considération pour le nom qu'il portait, peut-être aussi pour les fonctions échevinales dont il était revêtu, qu'on ne donna pas suite de son vivant aux plaintes formelles qui s'élevèrent à ce sujet.

Il mourut à Leyde, le 30 juillet 17 12, laissant une fille unique, qui épousa Pierre du Mee et mourut sans enfants. La vente de son imprimerie, y compris les matrices, poinçons et caractères d'Erpenius, eut lieu le 20 février 1713. (Voir le n"* II.) Vu l'état de vétusté et de délabrement du matériel, le tout ne produisit, paraît-il, que 2000 florins.

Huit jours s'étaient à peine écoulés depuis la mort d'Abraham, que le conseil des curateurs était saisi d'un rapport du sénat académique, dénonçant « le préjudice causé à l'Université depuis nombre d'années par la mauvaise administration de l'imprimerie académique. » On ne s'y servait que de caractères vieux et usés, et de mauvais papier, donnant lieu à de « grandes exactions; » il n'y avait pas le moindre correcteur pour revoir les épreuves; on procédait avec une telle lenteur que plus d'une fois les thèses inaugurales avaient dû être réimprimées ailleurs. En un mot les

(0 Mémorandum, 6 août 1710 : « Hebbe ik M^ Abraham Ëlzevier den eed afgelegt als regerend schepen der stad Leyden. » U) Ci-dessus, p. xliv.

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