‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 153 sur 368 · CCXXXVIII LES BIOGRAPHIES · texte numérisé non relu

CCXXXVIII LES BIOGRAPHIES

sur la liste fort succincte de ses publications durant les deux années 1673 et 1674. Mais on aurait tort de supposer, avec le P. Adry, que TefiFet de la crise fût tel que depuis lors il se soit laissé aller au découragement. Jamais au contraire il ne déploya plus d'activité que durant la dernière partie de sa carrière.

Secondé par Wetstein, il put mener à fin, et publier dès 1674, l'immense catalogue de sa librairie. (Voir le n"" 15.) Cet inventaire, composé d'environ vingt mille articles, dépassait de loin le catalogue mis au jour par Blaeu en 1659, et mettait la librairie elzevirienne tout à fait hors de pair.

Ce fut également vers cette époque qu'il acquit certains ouvrages provenant du fonds de Blaeu : les uns, tels que le Jardinier françois et les Délices de la campagne ^ sans préjudice du droit de reproduction ; les autres en pleine propriété : par exemple le Frossardus et Cominœus de 1656, les Ragguagli de Boccalini de i66g, la Vita di Cesare Borgia de 1671, portés avec l'astérisque dans le catalogue de 1681. Un grand malheur était arrivé à Blaeu. Le 22 février 1672, son imprimerie, réputée la plus belle de l'Europe, était devenue la proie des flammes : on disait que tous les cuivres, y compris ceux du grand atlas, avaient péri dans l'incendie, et le dommage était évalué à 355,000 florins^'\ Mais la rumeur publique exagérait. Les pertes étaient évidemment très considérables. Le feu avait consumé le bâtiment, y compris les presses avec leurs accessoires, quatre à cinq mille rames de papier, 40,000 livres de caractères, et quatre ou cinq opuscules à peu près achevés d'imprimer. Mais les livres avaient été heureusement préservés, et quant aux cuivres, un tiers à peine avait été endommagé au point de ne pouvoir plus servir. Tout le dégât pouvait monter à soixante ou soixante-dix mille florins. Ces détails, inédits jusqu'ici, nous les empruntons à une lettre que Daniel lui-même adressa quelques jours après à l'imprimeur Balthasar Moretus, d'Anvers^*^

Blaeu ne survécut pas longtemps à cette catastrophe. Il

(0 Epistolœ claror, Belgarutn aSA. Magliabechium, t. I, p. 164. <«' On la trouvera à la suite de cette notice.

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