CCLVIII LES BIOGRAPHIES
lupanars et maisons de débauche d'Amsterdam; il y règne un langage en parfaite conformité avec le lieu de l'action; nous rougirions d'en citer ici une seule ligne^*^ »
Outre ces quatre pièces, le même P. Elzevîer a publié un recueil de chansons, que M. Pieters n'a point connu :
Apolloos snaaren. Gestelt op de nîeuwste en aardigste voysen, zoo als die hedendaags gezongen werden. Mitsgaders veelderhande lof en veijaardichten, snakerijtjes, quickslagen, rondeeltjes, raatzeltjes, en andre vermakelijckheden, 200 frans, duyts, als latijn. Noyt voor desen in 't licht gezien. Amsterdam^ Abr. van Lanckonit 1664, 12 obi., avec front, gravé.
Une seconde édition parut en 1667 sous un titre différent :
Dbn lacchbndbn ApoU, uytbarstende in droUige rymen. Lof en punt-dicbten, aardige quink-slagen, nieuwe voysen, en vermakelîjke minne-zangen. Voor aile zang-lievende juffers, en vrolijke geesten. Desen laetsten druk by na de helft vermeerdert. f Amsterdam^ by Baltes BoekhoU, boekverkooper in de Niesel^ anno 1667, 2 part, en i vol. in-i6 obi.
Enfin l'ouvrage fut réimprimé, à peu près sous le même titre, '^ Amsterdam f by Baltes Boekholt^ 1670, 2 part, en i vol. in-i6 obi. Les trois éditions sont anonymes, mais le nom de l'auteur, P. Elzevier, se lit au bas de l'épître dédicatoire.
Cet Ekevier est-il le même que le libraire d'Utrecht? M. Pieters répond sans hésiter par l'affirmative; mais il nous sera facile de montrer le peu de fondement de cette assertion.
Rappelons d'abord que le neveu de Louis Elzevier est né en 1643. A l'époque où l'on représentait à Amsterdam la farce intitulée De Scheele Griet^ il n'avait que dix-neuf ans, et poursuivait paisiblement ses études de droit à l'Université d'Utrecht. Cet argument suffirait pour faire révoquer en doute l'identité des deux personnages. On peut se demander en outre pour quel motif Pierre Elzevier, qui à partir de 1667 était devenu libraire, aurait confié à Baltes Boekholt à Amsterdam le soin de débiter un recueil de chansons dont lui-même était l'auteur. Mais le doute n'est plus même possible si l'on prend la peine de parcourir ce chansonnier. Une des pièces du recueil est datée de Rouen, 1664 (p. 28 de l'édit. de 1667); une autre est adressée à Fr. Snellinx « sur mon départ de Harlem »
ti)
Biographisch woordenboek der nederd. dichters, t. II, p. 285.
PIERRE EL2EVIER, CCLIX
(p. 29); une troisième est datée « du vaisseau de TÉtat (In 's Lands Schip) HoUandia » (p. 29) ; enfin une pièce de vers dédiée à C. Huygens, « aen de heer van Znylichem^ » est datée de Londres, 1664 (p. 37)^'^ Il résulte de là, ce semble, que le P. Elzevier en question suivait une toute autre carrière que celle de libraire, et avait probablement pris service dans la marine. Le nom d'Elzevier n'est pas tellement rare dans la littérature néerlandaise, que cette homonymie doive nous surprendre.
(I) 11 existe de lui un poëme latin adressé au même Huygens et daté de Paris, Oct. 1664 (CataL Van Voorst, t. IV, no 1196).