‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 18 sur 368 · LEYDE. LV · texte numérisé non relu

LEYDE. LV

Cinq ans plus tard (août 1646), le chanoine Joly, passant également par Leyde, visitait à son tour l'officine elzevirienne. • Au bas du Collège, dit-il en 1670, estoit en ce « temps là rimprimerie des Elzevirs, qui n'est pas si belle t que celle de Blaeu, quoy que fameuse pour les bons livres « qu'ils ont donnez; » et il ajoute ce détail qui n'est pas tout à fait exact : « Leurs enfans et neveux l'ont transportée main- « tenant à Amsterdam, et la rendent tousiours de plus en « plus considérable^*^ » Ces dernières lignes furent écrites en 1670, à une époque où la maison de Leyde n'imprimait plus guères que des thèses ou des ouvrages pour compte d*autres libraires. On conçoit que Joly, qui habitait Paris, ait pu croire qu'elle n'existait plus, ou plutôt qu'elle avait été transférée à Amsterdam.

Parival, qui était sur les lieux, est mieux renseigné : « Dans « la grande cour (de l'Académie) du côté du nord, écrit-il t dans ses Délices de la Hollande^*\ est l'imprimerie de mon- • sieur Jean Elzevier, tant renommée par toute la chrestienté « pour son beau charactère et qui met derrière elle les plus « glorieuses de ce siècle et des précédens. » Et Monconys, qui visita l'Université de Leyde en 1663, écrit dans son Journal : «L'imprimerie des Elzeviers est dedans la cour^^^ »

Nous terminons ce chapitre par une dernière citation, qui prouve qu'un demi-siècle plus tard les choses étaient encore dans le même état. Les Délices de Leyde, après une description sommaire de l'Université et de ses dépendances, ajoutent : « Ayant fait un pas [en sortant] dans la cour de l'Académie, on voit à gauche la célèbre imprimerie d'Elzevier, d'où sont sorties de si belles et de si nettes éditions, grèques, latines, hébraiques, arabes, &c., dont les sâvans ont grand soin de

HaarUmmerstraat et appartenant à Barthol. et Arend Corsz. van Hogenacker. M. Enschedé suppose que c'était là que les Elzevier faisaient fondre leurs caractères. (5^fciw^» de caractères typogr, de J, Enschedé^ Harlem, 1867, dans la notice prélim.)

lï) Voyage fait à Munster en Westphalie et autres lieux voisins, en 1646 et 1647, P^^ ^' Joly y chanoine de Paris. Paris, Promé, 1670, in-12, p. 135.

^** Leide, P. Didier (Elzevier), 1662, p. in-12, p. 54.

'3» Journal des voyages de A/, de Monconys, Lyon, 1665-66, in-4, t. II, p. 151.

LVÏ LES OFFICINES ELZEVIRIENNES.

fournir leurs bibliothèques. Tous les étudians, comme aussi ceux qui veulent se faire recevoir docteurs en quelque faculté que ce soit, y font imprimer leurs thèses, qu'ils soutiennent publiquement dans le grand auditoire de l'Académie, ou en particulier^'^ »

Le volume d'où nous tirons ce passage a paru en 1712, l'année même où mourut Abraham Elzevier, le dernier typographe de la famille.

Il est donc établi par l'ensemble des témoignages que nous avons cités, que l'imprimerie elzevirienne, dont jusqu'à ce jour on n'avait pas réussi à déterminer l'emplacement d'une manière précise, avait été installée en 1621, à peu près dès l'origine, dans la cour de l'Université de Leyde, et qu'elle a subsisté à la même place jusqu'à l'extinction de la maison, en 1712, c'est-à-dire pendant près d'un siècle.

§ 5. Les ventes publiques de livres.

Les multiples fonctions d'éditeur, de libraire et d'exportateur de livres n'absorbaient pas tellement l'activité de Louis Elzevier, qu'il ne trouvât moyen d'y joindre, dès 1609, la vente aux enchères des bibliothèques. Cette pratique fut maintenue par ses successeurs, et ne prit fin qu'après la mort de Jean Elzevier. Les vacations avaient lieu, non pas au domicile des vendeurs, mais au local de la librairie elzevirienne, qui pour la circonstance était transformée en salle de vente.

Dans un milieu universitaire comme Leyde ces ventes ont dû être assez fréquentes, mais il n'en est resté que fort peu de traces, la plupart des catalogues ayant été détruits. Quelques-uns cependant sont parvenus jusqu'à nous. Nous n'avons pas cru devoir faire place dans nos Annales à ces documents rédigés à la hâte et imprimés avec assez peu de soin. Toutefois, comme ils peuvent offrir encore quelque

(>) Les Délices de Leide, une des célèbres villes de VEurope. Leide, P. vander Âa, 171 2, in-8, p. 72. — Le volume est orné d'une vue de l'Université, reproduisant celle de S. van Leewen.

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