LX LES OFFICINES ELZEVIRIENNES
La Haye y furent vendus publiquement dans le courant de Tannée 1661 (voir le n° 10). La boutique passa en d'autres mains. Si Ton peut s'en rapporter au témoignage d'Adry, elle fut reprise par un libraire nommé Jacques van Borreveld; du moins Adry prétend-il avoir rencontré un catalogue imprimé à La Haye, en 1663, par Adrien Vlacq; on voit sur le titre que le libraire J. a Borreveld est chargé de la vente, qui aura lieu dans Pofficine elzevirienne : Auctio habebitur in officina elzeviriana.
Il nous reste un détail à ajouter. Les Elzevier avaient coutume de tenir à La Haye des ventes aux enchères, comme ils le pratiquaient à Leyde. Trois catalogues ont passé sous nos yeux :
1. Catalogua variorum et insignium librorum illustrissimi et celeberrimi cujusdam viri non ita pridem extincti. Nec non nobilissimi viri Cornelii Copier a Calslagen, castelli Wourdani quondam gubernatoris. Quorum auctio habebitur Hagse Comitis, in officina Elzeviriana, op de Sael, die Lunae, qui erit i8 januarii 1638. Lugd, Batav.^ ex offic. Bon. et Abr. Elzevirij Acad. typogr., 1638, in-4, de 44 pages.
(Bibl. de St-Pétersbourg.)
Il est question de cette vente dans une lettre de Gronovius à Nie. Heinsius, iv Non. Febr. 1638. {Burmanni Syll.^ t. III, p. 44.)
2. Catalogua librorum doctiss. eruditissimique viri, D. loannis Baptistae de Monte Valdono, quondam secretarii Bevervicensis, ejusdemq.... patris D. Bernhardi de Monte Valdono.... Quorum auctio habebitur in officina Elseviriorum Hagae-Comitis, op de Zaele, ad diem 9«° martii, die lunse, hora octava matutina (l'Aigle et la devise simple). Haga-Comitis f anno 1643, in-4, de 6 feuillets.
(Bibl. Roy. à La Haye.)
3. Catalogua variorum et rarissimorum in quavis facultate librorvm, quorum auctio habebitur Hagae-Comitis in officina Elseviriana op de Zael. Ad diem 8 aprilis 1658. Stylo novo (le Solitaire). Haga Comiih, apud Johannem Elsevirium, 1658, in-4, de 45 pages. (Bibl. Nat. à Paris.)
§ I. Résumé historique.
Le fils aîné de Josse Elzevier, qui se nommait Louis, comme son grand-père, fonda en 1638 Tofficine elzevirienne d'Amsterdam. Simple libraire d'abord, il ne tarda pas longtemps à acquérir une imprimerie (fin de 1640). Quoique rinsuffisance de son matériel l'obligeât de recourir assez fréquemment aux presses de ses confrères, le public s'habitua de bonne heure à ne point faire de différence entre les productions d'Amsterdam et celles de Leyde^'\ et la réputation de Louis balança bientôt celle de ses parents.
Le I" mai 1655, Daniel Elzevier, que nous avons vu associé àLeyde avec son cousin Jean, contracta une nouvelle association avec Louis. L'arrivée de Daniel à Amsterdam marque une date décisive dans l'histoire de la famille. La primauté, qui durant vingt-cinq ans avait appartenu à la maison de Leyde, passa dès ce moment à sa rivale, qui la conserva à son tour pendant un quart de siècle. Non pas qu'elle ait réussi à s'élever au même degré de perfection : toutes les fois qu'on aura le choix entre deux éditions d'un même livre, Tune de Leyde, l'autre d'Amsterdam, on donnera sans hésiter la préférence à la première. Mais Louis et Daniel n'en sont pas moins les plus habiles typographes de leur temps, et certaines de leurs publications en grand format peuvent
<') Par exemple, dans les liminaires du Schcdius, de Dits Germants^ publié en 1648 (no 1072), il y a une pièce de vers d'un pasteur de Mayence, Stephanus Hane; elle contient ce distique :
Haec dabit in lucem culto Elsevirius aère, Cujus ubique viget nomen honosque viri.