LXIV LES OFFICINES ELZEVIRIENNES
bon nombre de bibliographes, entre autres Adry, se sont imaginé que Jean Jansz était un pseudonyme de Jean Blaeu; là encore, non loin de la Oudebrugsteeg ^ que l'éditeur Jacob Aertsz Colom avait son officine, dont l'enseigne formait une sorte de rébus : la Colonne flamboyante (de vyerighe Colom). A la Presse blanche (in de Witte Perse), au coin de la Vrouwensteegy habitait le libraire poëte Dirck Pietersz, plus connu sous le nom de Fers, que, suivant un usage assez répandu, il avait emprunté à la maison même qu'il occupait. Sur le même quai devait venir également s'établir, au Laurier (in de Laurier), Jean van Waesberge, gendre, puis successeur de Jansson. Enfin le Livre d'écriture (in 't Schrijfboek) allait bientôt servir d'enseigne à Jean van Ravesteyn, l'imprimeur en titre de l'Athénée Illustre. Nous nous bornons aux noms les plus connus; car il nous serait facile d'étendre cette liste. On voit que l'officine elzevirienne, dont on ignorait jusqu'ici l'emplacement, était située de la manière la plus avantageuse, au cœur de la cité, au centre même des affaires.
Par un singulier hasard, la dernière production de la maison, le catalogue de l'œuvre de Christophe van Dyck (n° ig), porte également l'adresse : op H Water, in den Olmboom (voir aussi le n° 1543) ; en outre elle indique que l'officine était située bij de Papenbrug (près du Pont des Prêtres). On aurait tort néanmoins de conclure de là que les Elzevier n'aient eu à Amsterdam qu'une seule installation* En réalité ils ont demeuré de tout temps sur l'Eau, mais ils y ont habité successivement trois maisons différentes. Voici ce qui le prouve.
Les biens -fonds à Amsterdam étaient soumis à l'impôt connu sous le nom de huitième denier, c'est-à-dire à un droit annuel de 12 7» pour cent sur la valeur locative. Le plus ancien registre de la contribution foncière {Ver poudingsrcgisters) que l'on ait conservé remonte à l'année 1647. On y voit qu'à cette date Louis Elzevier occupait la cinquième maison au sud de la Vrouwensteeg^ celle qui porte aujourd'hui le n"* 64; elle avait dans ses dépendances un corps de logis (probablement l'imprimerie), avec issue sur la ruelle voisine.