‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 27 sur 368 · DE COPENHAGUE · texte numérisé non relu

DE COPENHAGUE

Le fondateur de la dynastie elzevirienne eut le mérite, fort rare à cette époque, de comprendre que les productions de l'esprit ne sont pas faites pour être renfermées dans les limites étroites du pays qui les a vues naître. Tandis que la plupart des éditeurs hollandais, restés esclaves de la routine, ne portaient guère leurs visées au-delà de leur ville ou de leur province, Louis Elzevier, l'un des premiers, se mit en devoir de chercher pour son commerce des débouchés à l'étranger. Ce fut, nous le verrons, le point de départ et le principal fondement de sa fortune.

Ses successeurs ne dérogèrent point à cette règle de conduite. Les relations avec l'étranger demeurèrent de tout temps un des points essentiels de leur programme. De passagères qu'elles étaient, ils s'appliquèrent à les rendre régulières et permanentes; et ils y réussirent si bien que moins de quinze ans après la mort du chef de la famille, la maison elzevirienne avait des ramifications dans presque toute l'Europe. Là est le secret de la vogue rapide qui accueillit partout leurs premiers chefs-d'œuvre.

Le moment vint où cette branche de leur négoce avait pris une telle extension qu'ils durent songer à en faire l'objet d'un service spécial. Ce fut, croyons-nous, aux environs de l'année 1630. A partir de cette date les Elzevier n'ont point cessé d'entretenir un agent uniquement chargé de s'aboucher en leur nom avec leurs correspondants étrangers. De préférence ils confiaient cet emploi à un membre de la famille. La plupart des Elzevier ont passé dans leur jeunesse par

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