MARQUES TYPOGRAPHIQUES
A quelques exceptions près, tous les volumes dont les Elzevier se reconnaissent éditeurs portent sur le titre une de leurs marques typographiques. Les bibliographes ne citent que trois de ces marques. En réalité il y en a quatre : trois pour les Elzevier de Leyde, V Aigle j le Solitaire et le Palmier; ' une seule, la Minerve, pour les Elzevier d'Amsterdam ^'\
Voici les renseignements que nous avons recueillis relativement à la signification de ces diverses marques et à l'emploi qui en a été fait.
I. Le fondateur de la dynastie elzevirienne, Louis Elzevier, adopta pour insigne : un Aigle sur un cippe, avec un faisceau de sept flèches, accompagné de la devise : Concordia res parvŒ crescunt. C'était tout simplement l'emblème et la devise de la république batave; le faisceau des sept flèches figurait l'union indissoluble des sept provinces qui venaient de se constituer en république. Il se peut, comme on l'a dit, que Louis Elzevier y ait attaché un sens plus restreint, et qu'il n'ait eu en vue que sa propre famille; mais il semble plus naturel qu'en sa qualité d'émigré, il ait songé surtout à rendre hommage au gouvernement sous l'égide duquel il était venu se réfugier.
Le millésime 1595 se trouve à la suite de la devise sur le type primitif de cette marque. Faut-il en conclure que la
(z) N'omettons pas de signaler en passant un autre insigne elzevirien, le petit bûcher enflammé^ qu'on remarque dans VHippocrate de 1628, le Barlœus de 163 1| ie Cotnmines, le Charron des quatre éditions et dans une quantité d'autres volumes, tant de Leyde que d'Amsterdam. C'est une sorte d'armoirie parlante, clse-vuf pouvant signifier, d'après l'ancienne prononciation, feu d^aune. Mais on ne rencontre jamais cet insigne que sur la planche gravée servant de frontispice, et il n'en a point été fait de cuivre spécial.