XCVI LES ÉDITIONS EL^EVIRIENNES
France devait continuer, il serait impossible de se procurer le papier nécessaire. » En effet, depuis longtemps on n'introduisait plus de papier français dans les Pays-Bas. Un édit des États -Généraux du 2 novembre 1671 (renouvelé le 12 février 1674) avait interdit d'une manière absolue Timportation, la vente, Tachât ou la consommation de cet article, sous peine de 600 florins d'amende et de confiscation de la marchandise ^'^
De tout ce qui précède il résulte que le papier des Eizevier provenait de différentes sources. Mais ils ont fait aussi un emploi très fréquent du papier fabriqué dans les Pays-Bas. C'est une erreur de croire que le « papier de Hollande » n'ait dû sa renommée qu'à un abus de langage. Celui dont ils se sont servis, chacun peut le vérifier, était de très belle qualité. Il faut croire que Ménage lui-même partageait cet avis, vu que, par le plus piquant des hasards, le recueil de ses poésies, dont il était question tout à l'heure (n° 1311), a été imprimé sur du papier de cette espèce, ce qui se reconnaît facilement au filigrane représentant les armoiries d'Amsterdam.
<i) Groot PlacaeUBoeckt *s Gravenhage, 1683, in-fol., t. III, pp. 272 et 288. Cette prohibition n'était pas nouvelle. Du moins esciste-t-il dans les œuvres de Vondel une pièce de vers datée 1654, et commençant de la sorte :
Men riep, de druckkunst ca de schrijfkunst zal venvildren, Nu Hollandt ons verbiedt 't gebruick van fransch papier.
(De werken van Vondel, édit. de J. van Lennep, t. VI, p. 617.)