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LES PSEUDONYMES ELZEVIRIENS

Malgré la liberté dont ils jouissaient à l'abri d'un gouvernement républicain, les Elzevier n'ont pas toujours jugé à propos de mettre leur nom aux ouvrages sortis de leurs presses. Souvent ils gardent l'anonyme et se bornent à une simple indication de date; en certains cas ils se déguisent sous des noms supposés.

On ne se rend pas toujours compte à première vue du motif qui les a fait agir de la sorte. Depuis que les Provinces Unies s'étaient constituées en république, la presse y était plus indépendante qu'en aucun autre pays du monde ; on peut même dire qu'elle y jouissait d'une liberté presqu'illimitée. Non pas que les pouvoirs publics n'eussent tenté à maintes reprises d'en régler l'exercice et d'en réprimer les abus. Les édits et placards tant des États-Généraux que des Etats provinciaux contiennent une foule de dispositions prises en vue d'interdire, soit les libelles diffamatoires, soit les ouvrages dirigés contre les princes ou États alliés de la République, soit les écrits obscènes ou irréligieux. Mais la fréquence même de ces édits prouve qu'on était accoutumé à les enfreindre. Comme de nos jours en Angleterre, l'esprit public en Hollande était plus puissant et plus conséquent que les lois. En offrant un asile à tous les proscrits, les Pays-Bas étaient entraînés par la force des choses à leur octroyer, avec la liberté de conscience, celle de manifester et de propager leurs doctrines et leurs opinions^*^

(0 Voici une anecdote entre mille qui prouve à quel point les autorités ellesmêmes répugnaient aux mesures de rigueur. L'ouvrage du socinien Volkelius,

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