‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 69 sur 368 · CORRECTION ET CORRECTEURS. CXIII · texte numérisé non relu

CORRECTION ET CORRECTEURS. CXIII

annuelle de cent florins, motivée principalement par l'onéreux entretien du correcteur des livres orientaux^'^

Ce Meisnerus est le même qui publia en 1642, chez Louis Elzevier, sous le titre de Institutiones aulicœ (n° 987), une traduction abrégée du Traicté de la Cour du S*^ Du Refuge, d'après un manuscrit qui lui était tombé entre les mains. Il la fit précéder d'une longue dédicace aux curateurs de l'Université. Cette publication ne lui porta pas bonheur. Deux ans plus tard, le véritable auteur de la traduction, Joachim Pastorius, la fit imprimer chez le même Elzevier (n° looi), et dénonça dans sa préface le Suisse de Bâle, correcteur à Leyde, qui, non content de s'approprier son œuvre, lui avait fait subir des changements ineptes, « au point, ajoute-t-il, que le héros du livre a parfois l'air d'un bouffon plutôt que d'un homme de cour. »

Vers 1652, les Elzevier, mécontents, comme nous l'avons vu, du traitement qui leur était alloué comme imprimeurs de l'Université, se décidèrent à réduire les frais occasionnés par rimprimerie orientale. Le malheureux Meisnerus, cassé aux gages, eut encore une fois recours au conseil académique.

11 demanda qu'on lui confiât les fonctions de répétiteur pour le latin, le grec ou l'hébreu, ou qu'on voulût bien utiliser ses services dans un autre emploi quelconque. Les curateurs lui accordèrent une place subalterne d'aide à l'observatoire et au cours d'astronomie, au traitement annuel de quarante florins'*^ Nous ignorons l'époque de son décès.

L'autre correcteur, Simon Moynet, est né à Paris en 1618, et c'est à Paris qu'il fit ses études. On ne sait par suite de quelles circonstances il alla s'établir à Leyde. Sans doute les Elzevier le prirent à leur service vers 1648, lorsqu'ils eurent conçu le dessein de réimprimer les principaux auteurs français. Nous trouvons pour la première fois son nom au bas d'une épître adressée à Gui Patin, sous la date du

12 décembre 1650, pour lui dédier la jolie édition de VEschole de Salerne (n° 693). « Nos Messieurs » ainsi s'exprime-t-il,

^') Rammelman Elsevier, Uitkomsten, p. 17 des Bijlagen. ^^) Rammelman Elsevier, Ibid,, p. 17.

Page 1