‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 70 sur 368 · CXIV LES ÉDITIONS ELZEVIRIENNES · texte numérisé non relu

CXIV LES ÉDITIONS ELZEVIRIENNES

parlant de Bonaventure et Abraham « auroient bien réimprimé ce livre en Testât qu'il sort des presses de Paris, c'est-àdire avec la mesme épître dédicatoire qui vous y est vouée. Mais s'estant remis à moy de la correction de partie de leurs impressions et entièrement des françoises, ils m'ont dit de vous y témoigner de leur part l'estime qu'ils faisoient de vostre personne, et de ne la changer que pour la grossir de l'abondance de l'affection qu'ils vous portent, etc. »

Moynet demeurait encore à Leyde en 1656, car le 28 septembre de cette année il se fit inscrire dans les registres de l'Université. Il y est désigné comme maître de langue française, linguœ gallicœ magister, natif de Paris, âgé de 38 ans.

On peut présumer qu'il quitta Leyde en 1659, à l'époque où Jean Elzevier prenait la résolution de liquider sa librairie. Au mois d'avril 1660, nous le trouvons installé à Amsterdam, comme « correcteur à l'imprimerie de messieurs Elsevir^'^ » Une lettre, datée du 6 janvier 1661, où il prend cette qualification, a été publiée dans V Annuaire de la librairie hollandaise^*'. Nous y voyons que Moynet avait composé un Traité de Vortografe française^ qu'il se proposait de dédier à De Thou, l'ambassadeur de France à La Haye. N'ayant pu obtenir audience du ministre, il avait confié son manuscrit à un secrétaire de l'ambassade, et depuis plus de neuf mois il n'en avait plus eu de nouvelles. Après bien des démarches infructueuses, il prenait le parti de s'adresser à Nie. Heinsius, espérant par son intercession rentrer enfin en possession du manuscrit.

Le Traité en question n'a jamais vu le jour, et il n'y a pas à le regretter. L'orthographe de Moynet, à en juger par l'échantillon que nous fournit sa lettre, est un modèle de cacographie. Le correcteur des Elzevier était de ceux qui aspirent à simplifier l'orthographe en la rapprochant de la prononciation. A l'exemple de Pelletier, de Meigret, d'Hélie Poirier (un parisien comme lui, également réfugié en Hollande ^3^) et de vingt autres, il avait imaginé d'écrire le français

(<) Cela résulte d'un passage de la lettre dont il va être question.

<2) Jaarboekje voor den boekhandcl voor 1843-1843, 's Gravenhage, 1843, pp. 68-7I'

(3) Voir les nos 1643 et 1651.

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