CXXXII LES BIOGRAPHIES
Bonaventure de Smedt (plus connu sous le nom de Vulcanius), qui fut probablement parrain d'un de ses fils, Janus Drusius, d'Audenarde, Juste Lipse, Sylvius, l'imprimeur de l'Université; un peu plus tard, Chr. Plantin, Simon Stevin, de Bruges, l'imprimeur Henri van Haestens, de Louvain, Daniel Heinsius, Baudius, Polyander a Kerckhoven, etc.
Unis par la double confraternité des croyances communes et de l'exil, ces réfugiés se réconfortaient les uns les autres et se prêtaient un mutuel appui. Louis Elzevier dut trouver dès l'abord parmi eux des amis et des protecteurs.
Il n'était pas d'ailleurs dénué de ressources : peu de temps après son arrivée il avait acquis de ses deniers la maison qu'il occupait sur le Rapenburg et une autre sise non loin de là dans la Clockstege.
Le registre de recensement de 1581 désigne Louis Elzevier comme relieur, et ajoute qu'il avait amené avec lui un aide, Paul Reyniers, originaire comme lui de Louvain. On peut inférer de là qu'il exerçait cette profession avant qu'il ne s'établît à Leyde. Les comptes de l'Université attestent qu'il eut à relier maintes fois des livres pour le conseil d'administration, et Ton conserve encore aujourd'hui à la Bibliothèque de Leyde plusieurs volumes recouverts en vélin par ses soins.
A la profession de relieur il joignit bientôt celle de libraire, modestement d'abord, comme un nouveau venu, disposant de modiques capitaux et sans relations sérieuses dans le pays. Il est probable que dans le principe il se bornait à débiter en détail aux professeurs et aux étudiants les livres publiés par ses confrères. La maison qu'il occupait sur le Rapenburg, presqu'en face de l'Université, était très bien appropriée à cette destination.
Le 15 septembre 1583 comparaît devant les magistrats « Loys Delsevier, libraire, et reconnaît devoir à Christophe Plantin une somme de 1270 florins pour livres à lui fournis; il a promis de payer la somme susdite par termes, c'est-à-dire 70 florins le dernier octobre prochain, et ensuite 25 florins par mois, jusqu'à extinction de la dette, stipulant que si le paiement n'est pas dûment eff'ectué, le susdit Plantin aura