LOUIS ELZEVIER. CXXXVII
nous avons un texte formel établissant qu'il se rendait à Francfort deux fois par an : « Literœ mihi tradentur, écrit Janus Gruterus à Adrien vander Meer, si commiseris bibliopolœ^ vivo ElzeviriOy quotannis bis commeanti ad Francofurdenses nundinas^^K » Le catalogue de 1603 (printemps) fait foi qu'à cette date il occupait une boutique à la foire, en société avec Georges Willer d'Augsbourg, fils du libraire bien connu qui avait institué les catalogues des foires ^*\ A partir de cette année son nom paraît seul sur les listes.
Il fréquentait non moins assidûment le marché de Paris. En 1602 il demande et obtient l'autorisation de se faire suppléer dans ses fonctions d'appariteur par son fils Matthieu, parce qu'il a l'intention de voyager en France durant quelques mois^^^ Joseph Scaliger constate, non sans une pointe d'humeur, qu'il en rapportait d'ordinaire des ouvrages de droit, le genre de livres qui se débitait le plus couramment à La Haye^^^ Un curieux passage du Journal de Pierre de Lestoile, du mois d'août 1609, prouve que les relations de L. Elzevier à Paris dataient de loin :
c Le jeudi 27s un marchant libraire, hollandois, que je connois dès long-temps, nommé Elvisier (sic), demeurant à Leyden, m'a apporté les trois bagatelles suivantes imprimées de nouveau au dit Leyden : Mare liberum, Dominici Baudii carmina congratulatoria t dicata honori ducis Spinolœ (qui est une pure fadèze), le Tombeau de ce grand personnage M. de l'Escale.... avec les oraisons très-doctes et élégantes deHeinsius et Baudius s), en la dernière desquelles qui est de Baudius j'ai remarqué
t') Lettre du 29 novembre 1601, citée par M. Dodt van Flensburg. — Le même Gruterus écrit à Meursius, le 18 juin 1602, qu'il a rencontré L. Elzevier à Francfort {Meursii opéra, t. XI, col. m).
U) Une division de ce catalogue est consacrée aux Libri Georgii Willeri et Elxeuirii harum nundinarum.
(3) t L. Elzevier versoekt dat syn soon Matthijs Elzevier, voor eenige maanden mag stellen in syn plaats, terwyl een reyse sal doen na Vrankryk, het welke hem is toegestaan. i6oz. » (Soermans, Acad, Regisier, Leiden, 1704, in-8, p. 130.)
^4) « Omnino scito, nihil eorum, quae isthic apud vos excuduntur, aut nunquam, aut sero nimis ad nos deferri. Nam Elzevirius tantum libros formulariorum, et scriptores juris Lutetiae convasatos hue perferre solet, quod Hags ejus mercimonii maximum vulgo incendium est. » J. Scaliger C. Labbaeo, 4 Non. Mart. 1608, Epistola, p. 687.
(5) Le Mare liberum de Grotius, les Orationes duœ in obitum J. Scaligeri de D. Heinsius et VOratio Junebris I. Scaligeri de Baudius sont trois publications de L. Elzevier, parues en 1609. L& seconde est ornée de trois planches, figurant les tombeaux des Scaliger à Vérone. C'est à cette circonstance que Lestoile fait allusion lorsqu'il parle du Tombeau de M. de l'Escale.