CXXXVI LES BIOGRAPHIES
situation très embarrassée. Mais patience, nous touchons au dénouement de la crise, et la situation ne va pas tarder à s'éclaircir.
Le 8 août 1594, L. Elsevier se fit recevoir bourgeois (poorter) de la ville de Leyde, sous la caution de son fils Matthieu, qui avait rempli cette formalité quelques jours auparavant^'^ Accoutumé qu'il était de transporter ses pénates de ville en ville, il avait tardé quatorze ans à réclamer le droit de bourgeoisie.
A partir de ce moment une ère nouvelle s'ouvre pour Louis Elzevier. La mauvaise fortune qui s'acharnait contre lui paraît définitivement conjurée : sa nouvelle installation lui a porté bonheur; désormais ses affaires iront eh se développant avec une constante progression.
Son fils aîné Matthieu, marié depuis peu, est devenu son associé. Son second fils, Louis, est allé à La Haye établir une succursale de la librairie de Leyde. Un autre de ses fils, Josse, va bientôt s'installer comme libraire à Utrecht.
Jusqu'alors Louis n'avait édité à ses frais qu'un seul livre, un EutropCy paru en 1592. A partir de 1594 les publications se succèdent avec une sorte de régularité. L'année suivante nous voyons apparaître pour la première fois la fameuse marque de l'Aigle avec le faisceau de sept flèches, qui pendant vingt-cinq ans sera l'insigne distinctif de la maison.
Comme si la Hollande ne suffisait plus à son activité, il commence vers la même époque à se montrer l'hôte assidu des célèbres foires semestrielles de Francfort, qui étaient alors le grand marché international de la librairie européenne. Le nom de L. Elzevier figure pour la première fois dans le catalogue de la foire de 1595, pour un seul ouvrage, en 1597 pour un autre, en 1599 pour trois articles^*^ De l'année 1601
(0 Rammelman Elsevier, Uitkomsten, p. $, note 3. Sa belle-sœur Catherine van Opstal se fit recevoir le même jour. Louis lui servit de caution. Ibid,, p. 7, note i.
(2) Ceci résulte du dépouillement, fait par M. F. L. Hoffmann de Hambourg, des catalogues de 1564- 1600, d'après le Codex nundinarius Germania lUeratts bisccularis, de G. Schwetschke, HalU, 1850, in-fol. Voir le Bulletin du bibliophile bclge^ t. VIII, pp. 209-219.