‹ Les emblèmes et les drapeaux de la FranceChapitre 13 sur 62 · LOUIS XIII · texte numérisé non relu

LOUIS XIII

Des fêtes magnifiques Eurenl données à Paris en 1612 pour célébrer les fiançailles du jeune roi alors âgé de 11 ans. Nous retrouvons encore le coq parmi les motifs qui, à celte occasion,

J\) M. P. Blossère. Etude île nos emblèmes, etc. (2) Collection Hennin. Cabinet des Estampes.

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ornaient la Place Royale, ainsi qu'il résulte de la description que nous copions dans l'ouvrage déjà citédeMarc de Wulson(l) :

Compte rendu du Magnifique et Admirable Carroosel qui fut fait à Paris dans la Place Royale le cinq, le six et le septième jour d'avril, l'an mil six cent et douze pour les resjouissances de la publication de la double Alliance par les Mariages du Rov Louis XIII et de Madame sa sœur avec l'Infante et le Prince d'Espagne et la description des Machines, des habits, des armes, des livrées, des cartels et des devises des Chevaliers qui y parurent

Aux quatre coins de cette Cour (du palais] estoient quatre autres tours enrichies de plusieurs devises.

Il y en avoit une pour la Reine. C'estoit un Soleil luisant en son Midy avec ces mots : hoc censore

Il y en avoit deux autres, l'une repre'sentoit les deux Génies de France et d'Espagne qui s'embrassoient ; au dessous on lisoit ces paroles : sic finem posverf. malis.

L'autre estoit un Coq et un Lion et a costé ces mots : félicitas ex concordia.

Le souhait : félicitas ex coxcordia ne se réalisa pas et nous allons voir constamment aux prises le coq français et le

lion, emblème de l'Espagne. Un jeton en argent, reproduit cidessus, est daté de 1619, sa légende : ïgnevs-est-ollis-vigor peut se traduire : leur courage est embrasé.

Une notice du temps explique ainsi le revers :

Le corps est d'un Lion mis en posture d'avoir tourné le dos pour prendre la fuitte et se retirer au seul estonnement qui l'a saisi, d'avoir entendu la vois de deux Cocqs, mis en action de dresser leurs veux vers les rayons d'un Soleil paroissant dans un Ciel serein.

Pour marquer l'estonnement qui fut porté en Guyenne au bruict

(1) Marc de Wulson. Le vraij Théâtre d'honneur et de chevalerie dédié nu

Maréchal de la Millerai/e, Grand Maître îles Armes et des Trésors de France.

iliation de la France et de l'Es] i bataille <!• I

LE COQ A TRAVERS I. HISTOIRE

du souslevement des Armes du Roy, afin de refréner l'audace et chastier la te'me'rité de ceux de Béarn qui s'estoient révoltez et avaient refusé d'obéir à des Edicts pour le rétablissement des Ecclésiastiques en leurs biens et dignitez.

Un jeton analogue 0) représente au revers la couronne royale posée sur un pic et surmontée d'un coq qui chante, le tout entouré de rayons, au dessous deux lions et un dragon

s'enfuient, légende vigili cvstode fvgantvr que l'on peut traduire : Ils sont mis en fuite par ce gardien vigilant. Une notice du temps explique ainsi l'allégorie :

Pour avoir rapport au succès heureux des Armes du Souverain, portées de là les Monts au secours de ses alliez et en faveur de la Liberté publique.

La gravure ci contre, qui date de 163o, a été faite à propos de la guerre déclarée en Flandre contre l'Espagne (2). Elle représente Louis XIII en hercule ; le coq est posé sur un bouclier armorié. Sous le cadre il y a une ode en français dont voici un passage :

Raison, le Lion, dit l'Histoire Voyant notre Coq plein de gloire Battre de l'aile, hausser la voix Baissa la hure et le courage Ne paroissant plus que l'image D'un Lyon peureux dans les bois.

Autre raison beaucoup plus forte C'est que le Ciel aime de sorte La blancheur de nos fleurs de Lys Qu'il les fait ressembler au foudre Qui sous des monts réduits en poudre Tient les Titans ensevelis.

(lj Bibliothèque Nationale. Collection des jetons des rois et reines de France. ('2) Collection Hennin.

Celle gravure esi de Abraham Bosse qui Eul membre de l'Académie de peinture (1602 L676).

Une autre gravure allégorique fut faite en 1640 à l'occasiou du rapprochemenl de la France el de l'Espagne. Ces deux puissances y sonl représentées par deux femmes en costume guerrier. La Kraucc, sur la gauche, a près d'elle le coq el

l'écusson fleurdelisé ; l'Espagne, à droite, esl ace pagnée

d'un lion.

lu troisième personnage, costumé en romain, provoque la réconciliation tandis que des soldats, excités par une furie, combattent encore dans le lointain, allusion à la bataille de Casai (!) gagnée par les troupes françaises.

Une grande gravure, datée de 1642, que nous reproduisons ici en réduction, est le frontispice de l'Histoire des guerres civiles de F nuire. Ces guerres civile- onl été décrites par le célèbre historien italien Davila, témoin oculaire qui avait pris du service en France sous Henri IV. Son ouvrage embrasse

la longue période comprise entre la i i de

Henri II (1559) et la paix de Venins 1598 :

il fut traduit en français par J. Baudoin en

1642). La gravure en question montre, sur

le coté droit, un drapeau à moitié enroulé

sur lequel on distingue plusieurs coqs en

vv T ' W\ train de se battre; l'inscription latine placée

^'< -w/liv au dessous, signifie : « ils se précipitent sur

la fumée el dans le feu. » Un renard, qui

représente l'étranger, contemple tranquil

lement la lutte.

Une autre gravure qui date de 1643, c'està-dire de la fin du règne de Louis XIII, esl intitulée europe : comédie béroïque ; «m y voit les puissances représentées par des personnages couronnés, el la France par un guerrier dont le casque a pour cimier un grand coq.

J) Ville forte des Étals Sardes, sur la rive droite du Pô.

Frontispice de l'histoire des guerres civiles de France

LE COQ A TRAVERS LHISTOIRE

Voici enfin un jeton du commencement du xvir siècle. Il est à l'effigie du roi Louis XIII, n'est pas daté, et porte au revers un lion furieux qui tient sous sa patte droite un petit quadrupède ; il a devant lui un petit coq debout. La légende formido rapacis se traduit : (il est) la terreur du fauve.

Voici ce qu'en dit M. .1. de Fontenav dans son Manuel de l'Amateur de jetons, L854 :

« Dans cette image du roi «les forêts, près de lâcher la proie que tient sa patte droite et reculant en face du coq perdu'' sur un rocher, il faut voir une conquête mal assurée quand la France l'ait entendre sa voix. »

Une variété de ce jeton de format plus grand présente le coq perché sur une branche d'arbre, l'effigie de l'avers est à droite.

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