‹ Les emblèmes et les drapeaux de la FranceChapitre 12 sur 62 · HENRI II · texte numérisé non relu

HENRI II

Henri 11 continua la lutte contre Charles-Quint. On trouve dans les mémoires du maréchal de Tavanes un passage où est cité le coq gaulois. Il s'agit de la bataille de Renty livrée le L3 août 1554, où Henri II et Charles -Quint figurèrent en personne. Henri II y courut même de grands dangers. Charles- Quint avait dans son armée 2,000 reîtres allemands dont le chef, disent les mémoires de Tavanes, « le comte Wolgang, estimant ses pistoliers des diables noircis, se ventoit de passer sur le ventre de tonte la gendarmerie française, présomptueusement portoit en sa cornette un renard mangeant un cocq ». Le coq ne fut pas mangé, car Tavanes ajoute : « Quatre pièces des Impériaux gagnées, cinq Cornettes dé/dictes, dix enseignes des lansquenets la plupart tue\ », furent les trophées de la victoire des Français. — « Le sieur de Tavanes envoie au Roy la Cornette du Renard qui mangeait le cocq qui dénotait les François, du mot (iallus, devoir estre mange\ par les Renards allemands. »

HKNKI III — HKNRI IV

Nous |io>s( d( » us un très beau portrait de François de Bourbon, duc <l<' Montpensier, qui uaquil vers 1540. On

remarque, dans la partie inférieure de la gravure, nu coq qui chante vie toire posé sur des dra peaux abaissés.

La Ligue. — Jean Pas serai, qui est dénom mé dans ses ouvrages :

Professeur d'éloquence et interprète royal, fui un des poètes renommés de ce temps. On lui doit une grande partie des vers de la Satire Ménippée, il esl aussi l'auteur de plusieurs poèmes latins très esti mes qui ont été réunis sous le titre de Kalendai Januai iae I I. Il écrivil en cette langue, en L585, un ('■loue du coq où il pro page cette idée « que le nom des valeureux habitants de la Gaule leur venait de l'oiseau vigilant et hardi que les anciens consacraient au dieu Mars. »

Ce poème renferme des passages curieux et dous demandons la permission d'en donner ici quelques extraits traduits :

» Par où (le poète) commencera-t-il pour chanter les louanges du coq. son courage, son allure intrépide, son port de t « ■ t < ■ . sa crête splendide, ses jarrets munis d'éperons redoutables, sa poitrine puissante Qu'un lion le rencontre par hasard et le roi des

(1) Jean Passerai, Kalendae Januariae, Paria 1602.

LE COQ A TRAVERS L HISTOIRE

fauves, oublieux de sa force, prend la fuite et court cacher sa honte au fond des forêts, crinière basse et queue serrée

Apollon et sa sieur, reine des bosquets touffus, déclarent aimer le coq

Le coq, fidèle satellite de Mercure et compagnon de Mars (imperterritus) surmontant le casque de Minerve

Idoménée le portait au milieu de son bouclier d'airain dans les combats autour de Troie

Le coq a l'esprit prophétique : les augures le consultaient à Thèbes

Il éveille l'Aurore et salue le premier le Soleil

C'est a lui ([ue Milon doit ses fréquentes victoires et -a renommée éternelle.

Hic idem invictis populis Mavortius aies Praeclarumque simid tribuit tibi, Gallia nomen.

L'oiseau de Mars l'a aussi donnée (la renommée) aux peuples invaincus.

Et à toi, Gaule, ton nom illustre. »

Le poème de Passerat se termine par un appel au bon sens et au patriotisme de ses contemporains :

« Maudit soit cet amour insensé de la guerre civile Puisse

Janus apporter à la patrie de plus heureux présages et. fermant pour cent ans ses portes bardées de fer. nous permettre de consacrer ce qui nous reste d'une vie trop courte au culte m doux des muses. »

Henri IV, à l'occasion de la naissance de son fils qui devint plus tard Louis XIII, lit exécuter par un artiste italien une

médaille dont on voit ici la reproduction : reniant royal tient de la main gauche une Heur de lis qu'il élève et de l'autre un sceptre. A ses pieds se trouve le coq qui pose une palle sur la

houle du monde. La légende regnis natus et orbi se traduit : il est né pour ses peuples et pour le momie .

Le berceau du futur Louis XIII étail égalemenl orné d'un

coq (l).

Dès cette époque, ou peut consister les différences bien nettement établies entre l'emblème royal représenté par les fleurs de lis et le symbole national figuré par le coq.

En 1596 une carte, gravée par les Espagnols, nous montre la ville de Calais alors en leur pouvoir et assiégée par les Fran çais (2). Dans l'angle supérieur droit on voit un coq avec cette légende :

Quand ce coq chantera Calais François sera

Cette bravade avait déjà servi à Cassel en 1328.

Calais revint à la France à la suite du traité de Vervi ns ( 1 598 )

Quad ce coa chantera Calais Trâcet sera- \

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