‹ Les emblèmes et les drapeaux de la FranceChapitre 16 sur 62 · TO · texte numérisé non relu

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formes. Le plus souvent le coq est associé aux symboles monarchiques d'alors : les tlcurs de lis et la couronne pour la

royauté, le soleil pour le roi; le coq, lui, représente la Nation française. On voit aussi parfois les armoiries de la province

(page 83).

Nous avons vu, avec le coq, les marques des papiers timbrés d'Aix-en-Provence, Alençon, Amiens, Bordeaux. Bretagne,

IfcGE

Caen, Clermont, Dauphiné, Dijon. Limoges, Limousin, Mon tauban. Montpellier, l\nïs. Etiorn, Rouen, Toulouse, Tours.

LE COO A TUAVEHS L IIISTOIIŒ

Cette liste est sans doute incomplète. Quelques-unes des vignettes citées existent en plusieurs types.

1655. — A l'occasion de la levée du siège d'Arras, il fut frappé un jeton représentant une vue de la ville et, au premier

plan, le coq français faisant fuir le lion espagnol. La légende cantans fugal se traduit « en chantant il fait fuire ». Dans la partie inférieure on lit le millésime : 1655.

1659. -- Architecture. Ordre français. Une des inanifes tations les plus curieuses el les plus significatives en faveur du coq, c'est bien la création d'un ordre nouveau d'architecture que Louis Xl\' fil mettre au concours.

L'idée esl de Colbert :

Voulant assurer à la France dans le domaine de l'art une f souveraineté semblable à celle que le génie de ses capitaines et de ses ministres lui avait acquise près des rois de l'Europe, Colbert cul la pensée d'offrir un prix de 1,000 écus pour l'invention d'un ordre d'architecture qui devait servir eu premier lieu pour la galerie des glaces du palais de Versailles. Cette galerie, alors en construction, était une nouveauté merveilleuse où furent utilisées pour la première fois les grandes glaces d'une manufacture française.

Le concours eut lieu.

« La foule des concurrents, non moins que la bizarrerie de

leurs projets accentua ce qu'il y avait d'osé dans l'espérance du Ministre. M. Le Brun, écrit un témoin, fut un des premiers a blâmer cette nouveauté et à dire qu'elle alloit à condamner témérairement et à mépriser les ornements d'architecture employés dans nos temples et dans nos anciens édifices; qu'on étoit accoutume à une espèce de respect pour les monuments antiques et que les nations voisines de la France se moqueraient de notre nouvelle tentative et qu'enfin il nous falloit toujours revenir aux parties essentielles, puisque nous ne pouvons nous passer de colonnes, de chapiteaux, d'architrave, de frise, ni de corniches, le reste de l'invention n'étant qu'une minutie. Des lettres à Errard, écrit .M. Pierre Clément, parlent de dessins envoyés de Rome. De son côté. Claude Perrault, raconte qu'il en vint de partout. »

Néanmoins Le Brun se mil à l'œuvre et M. Desjardins décrit ainsi le chapiteau que créa le grand peintre :

« Cet ordre suit à peu de chose près. Les proportions du corinthien, semblable en cela à l'ordre romain ou composite En

conservant dans le chapiteau les ornements du Corinthien, on l'a décoré de façon à le faire bientôt reconnaître : à la place defeuilles d'en lias, on a mis des fleurs île li^ et au milieu du chapiteau à la place du caulicule (on dirait mieux à la place de la rosette ou du fleuron) on a substitué un v<h\. par allusion au mot gallus qui signifie coq et français, voici, du reste, ce chapiteau. (*) »

1 1 Nous ;i\nns retrouvé ce chapiteau de Le Brun avec le coq. mais sans les fleurs de lis, dans l'ornementation de plusieurs maisons modernes de Paris.

LE COQ A TRAVERS L'HISTOIRE

Guillet de Saint-Georges dit :

« M. Le Brun, inventa des modèles et des moulures ou ornements qui étoient singuliers et très varies. Il donna à la colonne, pour la

(înnnnnn

I lhapiteau Je l'ordre français (projet )

hauteur, dix diamètres de la base, et voulut que la hauteur de l'entablement fut une moyenne proportion entre la quatrième et la cinquième partie de la hauteur de la colonne ; enfin il varia avec justesse le reste des modules et des moulures; et, comme on bàtissoit alors à Versailles la grande galerie qu'il a peinte ensuite, il fit en sorte qu'au-dessus des colonnes et des pilastres qui y furent élevés, on fit un entablement qui fut construit selon les modules de son ordre françois, mais non pas selon les moulures dont il s'étoit fait d'abord les maximes. »

Sébastien Le Clerc a gravé l'Ordre français. Ce travail comporte onze planches que possède la bibliothèque de Bruxelles. Lui-même s'était présenté pour ce concours, mais il y renonça pour des raisons intéressantes que signale Joinbert :

Sébastien Le Clerc avait une connaissance profonde des règles de l'architecture dont il a donné au public un traité complet en 17 14. On sçait que Louis XIV, dans le dessein d'éterniser son règne glorieux, fit proposer un prix considérable à tous les artistes de l'Europe, tant peintres, qu'architectes et dessinateurs pour celui d'entre eux qui inventerait un ordre d'architecture assez différent des 5 autres pour former un sixième ordre et qui, par des attributs propres à notre nation put mériter le nom d'Ordre françois. Les plus habiles artistes firent alors des efforts impuissants pour remporter ce prix. M. Le Brun

imagina celui qu'on vient de décrire et M. Le Clerc, en bon patriote voulant aussi courir la même carrière produisit la composition qu'on voit sur cette planche. Mais aussitôt après, la crainte de se trouver en concurrence avec le Premier Peintre du Roi, qui avait la direction générale de tous les arts en France, et qui exerçait un empire absolu sur les artistes des Gobelins où Le Clerc avait son établissement le détermina a supprimer totalement cette planche, sans en conserver aucune épreuve.

Ce fut d'ailleurs Le Brun qui triompha et il fut récompensé par un brevet du roi le nommant Membre de L'Académie d'architecture. Dans ce document le monarque se déclare « bien informé de la suffisance, capacité et expérience que le Sieur Le Brun, Premier Peintre de Sa Majesté, s'est acquise tant dans la théorie que dans la pratique de l'Architecture ».

Chapiteau de L'I >r lie français i i ralerie des glaces à \ ers tilles >

Le chapiteau de Le Brun exécuté à l'époque, en bronze doré, existe toujours dans la Galerie des Glaces où non- avons pu le photographier. Nous en donnons ici le dessin, mais on remarquera, ainsi qu'il a été dit plus haut, qu'il n'esl pas conforme au modèle d'abord accepté el que qous avons repro-

duit d'après M. Desjardins page 87. D'ailleurs Jombert, dans le Catalogue raisonné de l'cewwe de Sébastien Le Clerc, a dit :

« On voit sur cette planche la colonne ornée de feuilles d'eau, et le chapiteau formé par des palmes et des fleurs de lis : au lieu de volutes, ce sont des coqs, et une tète couronnée au lieu de roses. L'entablement consiste en une architrave formée de deux faces. »

Sur l'indication de M. de Nolhac, Conservateur du Musée de Versailles, nous avons trouvé encore deux ornementations

Frise du Salon de la Guerre i Palais 'le Versailles)

ayant le coq pour sujet : une, qui se répète, dans la frise du Salon de la Guerre et l'autre sur la porte d'entrée des gouaches

Ornement «le la porte «l'entrée des gouaches T.nuis XV

< Palais «il' Versailles)

Louis XV, Salon de l'Abondance, la porte est à double battant et sur les sculptures des deux cotés de cette porte, on voit, en haut, une très jolie tète de coq qui se termine en ornements.

'<!() LE COQ G W'I.olS

Dans i;i Salle des (lardes du Roi un grand motif en lironze

don; présente encore deux têtes de coqs avec des Qeurs de li-. Un co([ de grande taille esl placé à la voûte du Salon du grand couvert, au-dessus d'une peinture de forme ronde.

Tant a Versailles qu'au Louvre, nous avons bien supposé qu'il devait exister d'autres coqs mêlés aux ornementations, mais nous avons dû renoncer à les découvrir, les peintures étant souvent noircies et à contre jour.

Allégorie peinte par Lebrun i Palais de Versailles)

Cependant, dans la même Galerie des Glaces, Le Brun a exécuté une composition magistrale qui représente la France armée secourant la Hollande attaquée par l'évêque de Munster.

SsàâL ^hââ

^Gortus ^Yjjius

Allégorie relative à 1* embellissement de Vers - X'v

par Le Brun

LE CO(J A TRAVERS L HISTOIRE

Les trois puissances en présence sont caractérisées par des signes distinctifs : la Hollande et l'Evêché portent chacun un bouclier à leurs armes, la France a un manteau semé de (leurs de lis et un casque avec un coq pour cimier.

Pour terminer ce qui a trait à Versailles nous donnons cicontre la réduction d'une jolie gravure de Lebrun, qui a pour titre : Hortus Jtcyius (Jardin Royal).

Elle représente Louis XIV sous les traits d'Apollon, dirigeant un quadrige supporté par les nuages. A l'avant du char on voit un superbe coq posé sur un globe fleurdelisé. Le quadrige plane au-dessus de Versailles. La future ville est personnifiée par une femme couchée s'apprètant à recevoir une couronne que lui apporte un petit génie.

La couronne porte une inscription latine qui signifie : « Elle va fleurir sous l'influence de ce demi-dieu ». Au fond on aperçoit le pavillon de chasse et le petit château qu'avait fait construire Louis XIII en 1632.

Ce château constitue la partie centrale des magnifiques constructions élevées sur l'ordre de Louis XIV qui ne consacra pas moins d'un milliard (taux actuel) à l'édification du palais de Versailles et des jardins qui l'entourent.

Enfin au [Louvre on peut voir un coq monumental et

superbe d'allure sculpté pendant le règne de Louis XIV. au milieu de l'un des frontons de la grande cour, celui qui esl

opposé à la colonnade de la place du Louvre : ce «•<»(( esl placé au milieu d'un cercle forme par un serpent qui se mord la queue, symbole de l'éternité, le toul dans une

Uni» i

L'un des frontons du palais du Louvre

gloire. De chaque côté, une renommée apparaissant sur des nuages présente une guirlande de fleurs ou de feuillage. Cette œuvre est de Nicolas Coustou, né en 1658, mort en L733.

Dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides que Louis XIV lit construire sous la direction de Mansard, nous avons noté parmi d'autres attributs el emblèmes plusieurs coqs dont l'un, très grand, placé au dessus de la galerie d'Occident fait pendant à un aigle de même dimension.

LE f.OO A TRAVERS L HISTOIRE

Manuscrit <l<'s campagnes de Louis XIV (1675-77). — 11 existe à la Bibliothèque nationale une superbe copie sur peau de vélin du manuscrit autographe de Louis XIV, relatant les campagnes où il a commandé en personne.

Le premier volume(') a, en tète, un magnifique frontispice peint à l'aquarelle et à la gouache qui tient toute la page. On

(1) Bibliothèque nationale, section des Manuscrits, n° 7S91

il COQ GAI LOIS

y voit la monarchie française personnifiée par une femme ayanl la couronne royale, un manteau bleu fleurdelisé el un sceptre qu'elle tienl de la main gauche.

Puis la Renommée avec une trompette a laquelle esl attaché un fanion présentant un soleil d'or, armes personnelles de

Voir p

Louis XIV. Dans le bas esl couché un lion vaincu ! qui esl déchiré par un coq : un étendard roui:»' ou rose, avec une aigle est aussi renversé.

[1] [ci le lion personmGe la Hollande.

LE COQ A TRAVERS I- HISTOIRE îb

Dans la partie centrale de cette composition on lit : Cartes des marches et mouvement et plans de tous les postes occupe^ par l'ai mec du Roy commandée par Sa Majesté en personne pendant la Campagne de l'an MDCLXXV . . .

Chacun des volumes de ce précieux manuscrit contient des cartes ornées de délicieuses miniatures, allégories accompagnées parfois de devises latines, à la mode du temps; des coqs se trouvent le plus souvent clans ces compositions et nous donnons ici la reproduction photographique des plus curieux.

Ces coqs personnifient bien les Français puisqu'ils se trouvent en lutte avec les animaux emblématiques des autres pays.

« Marche du camp de Gevries à celuy d'Haisne Saint-Pierre ». Le Temps posant un pied sur le lion batave et sur L'aigle autrichienne, tous deux blessés, leur montre une boule du monde reposant sur des branches de chêne et de laurier et sur laquelle est perché un coq, de face, les ailes soulevées.

« Marche du camp de Stratem à celuy d'Elexeim ». Un coq s'élance sur une furie qui est renversée el démasquée. Ce

LE mm» G \' LOIS

coq esl excité par un génie qui tienl des foudres de la m. un droite et qui s'appuie de la gauche sur un écusson.

« Marche du camp de Waseiges à celuy de Perwy ». Un coq est perché sur le dos d'un lion terrassé qui, cependant, se retourne menaçant. Un génie attache une guirlande de laurier au piédestal, guirlande qui lie en même temps la

Fortune.

LE COQ A TRAVERS L HISTOIRE

Une des miniatures du second volume ' , montre la Franec vêtue d'un manteau bleu fleurdelisé couchée au pied d*un arbre.

Cette allégorie, que notre photogravure rend imparfaitement par suite de ses couleurs pales, a été décrite ainsi par M. Desjardins :

« Je ne citerai qu'une seule de ces allégories, qui me parait admirable de sentiment et d'exécution. Couchée dans un manteau bleu et blanc, sur des trophées, la France, en robe bleue, se réveille au cri du coq gaulois qui bat des ailes à ses cotés. Près d'elle est l'étendard personnel de Louis XIV, bleu au soleil d'or. Un génie lui montre dans le lointain une victoire blanche qui lui tend des couronnes de laurier ».

(,1) Mss. fr. 78112.

"i G M LOIS

Le troisième volume du manuscrit autographe de Louis XIV l) a aussi un frontispice où la France est repré sentée sur un pavois. Elle tient une pique de la main droite et s'appuie delà main gauche sur un bouclier portant l'inscriptiou ci Campagnes du Roy en l'an mdclxxvii

Elle esl vêtue d'une tunique blanche avec ceinture dorée, sur laquelle esl jeté un grand manteau bleu fleurdelisé. Le casque, avec bordure de 'leur- de lis, a pour cimier un coq; le tout esl empanaché de blanc.

A ses pieds sont les aations vaincues.

Page 75, la miniature représente un coq attaqué par i roi-

hibous. Au dessous esl inscrite cette légende : Spes certa salutis (espoir certain du salul |.

,1) Uss. fi.

LE COQ A TRAVERS L'HISTOIRE 99

Page 78, quatre coqs poursuivent et battent cinq oiseaux de

proie au plumage jaune et noir. Légende : Armis non n'unis paribus (à armes inégales).

Voir page 100

100 LE COQ G IULOIS

Page 112, un coi| posé sur un arbre chante el fait fuir un lion

qui se réfugie dans une grotte. Légende : Sola dabit latebra quietem (seule la retraite donnera le repos).

l'âge 105, un coq vole au dessus de trois lions. Légende : Hostes ma nubiœ (dépouilles ennemies? .

Enfin une dernière miniature représente le globe royal

accosté de deux coqs.

LE COQ A TRAVERS L'HISTOIRE 101

1667. — Un jeton frappé en 1667 représente le buste de Louis XIV. Au revers on voit un lion fuyant à droite et tournant la tète vers un coq perché sur un arbre ; (il existe plusieurs variétés de cette pièce). Légende : Veni. Vidi. I ici.

M. J. Rouyer déclare que ce revers vise la campagne de Flandre de 1667 et non la conquête de la Franche-Comté.

1669. — Sur un calendrier qui présente en même temps le

tableau des Nations de l'Europe sous Louis XIV, on voit ce

monarque et divers autres personnages. Au premier plan un

grand coq pose son bec sur le nez d'un lion. (Collection

Hennin).

1674. — Un autre calendrier, également illustré d'une très belle gravure, porte ce titre : L'Admirable victoire du Roy de la Toison d'Or reconquise dans la Franche-Comté en 1674. Au bas de ce calendrier on voit un grand coq ramassant des épis avec son bec ; près de lui trois lions sont couchés et on lit :

Meritai-je une louange Est-ce estre brave a demy Que de manger l'ennemy Et de faire qu'il se mange

La même gravure montre Louis XIV à cheval avec cette légende :

Je viens, je voids, je vaincs C'est se perdre que se défendre Contre mov tous efforts sont vains Il faut ou mourir ou se rendre.

Iii7)i. — Estampe intéressante, Urée de ['Abrégé chronologique de l'Histoire de France par Mézeray(i). Cet ouvrage est composé par L'historiographe de Louis XIV et dédié à ce monarque ; le frontispice du premier volume représente la France un peu comme on la voit sur le livre autographe dr

(!) Édition Abraham Wolgang, Amsterdam, 1673.

LE < oit GAULOIS

Louis XIV; c'esl une femme casquée el armée ayanl sur !;i poitrine une fleur de lis; elle esl assise sur un globe terrestre; on voii à ses pieds des rois vaincus el enchaînés.

La Vérité, qui apparaîl dans le fond du tableau, inscril les mémoires qu'elle lui dicte. Détail curieux, I»' coq aide la France à porter un sceptre terminé par une main de justice qui a une fleur de lis dans la paume.

Frontispice d'une traduction de l'Histoire de Franci

En 1687 une traduction flamande du môme ouvrage présente un frontispice analogue, mais réduit, c'esl celui que nous reproduisons ici.

LE COU A TRAVERS L HISTOIRE

1673. — Nous extrayons d'une grande gravure française relative à la prise de Maastricht, l'écusson ci dessous qui

montre l'enceinte fortifiée de cette ville. Deux tètes de coq sont aux extrémités de ce motif , disposition que nous retrouverons souvent.

1678. — A l'occasion de la paix de Nimègue plusieurs

médailles furent frappées pour célébrer la gloire de Louis XIV.

Les revers de ces médailles représentent des allégories.

Nous en trouvons les fac-similés dans une gravure de

le coq Gai lois

l'époque, sur laquelle ou voit au centre le portrail de Louis XIV avec cette légende :

Ces monuments sont grands, chacun semble sul

Aux exploits les plus innouïs

Mais jettez les yeux sur Louis

Il vous dira bien plus qu'ils ne vous peuvent dire.

Voici la reproduction de trois de ces médailles où le coq personnifie la France. On peut traduire ainsi le- ]f-.n.|r.s :

Pour vous le salai, pour moi la gloire.

— Ils sont aiis en fuite par sua cri

— Ils se reposent quand il se tait.

1679. — Dans un ouvrage intitulé : Histoire du roy Louis

h 5 us Je eèiuree J* Koy. tu Lt Ku tUtiOem. Au rhxtJ quelle ornent perJuej Jomj les denuerri ju*rrf>.ve*tl»rrtiuir* r*rLf*- L

\otfjcmct par cette JiltLullt, ou le eoq perdu sur U Ôiche àm.+Mc*At rtprtstntr le R.\* ^mîe bemr SOV S L'OMBRE Dt Sli S.eomme JTjr appelle' LE FROTICTIVR. l±ns le rtuerj.êu U Gtrïf est le 5ynMÉ de U^meÀe le J.'ptrt L* ,'•.'■«/ erlf trrr

le Grand par 1rs médailles (1) qous trouvons la reproductioD

I) Ménestrier Claude, IG89.

LE COQ A TRAVERS L HISTOIRE

d'une médaille qui a été souvent citée et mal comprise ; elle viendrait de la Suède dont le nom Svecia est inscrit sur le globe où est posé le coq. La légende Gallus protector sub umbra alarum signifie « le coq le protège à l'ombre de ses ailes », allusion à l'aide que la France venait de prêter à ce pays.

Dans le même ouvrage sous la rubrique « Devise militaire » on voit un coq qui fait fuir un lion ; légende : Assez de le voir pour le vaincre.

16S9. — M. de Somerie, gentilhomme génois, fit présent à Louis XIV d'une pièce de bijouterie très luxueuse dont nous donnons ici la reproduction.

Le Mercure de France La décrit ainsi :

« C'est un char de triomphe d'environ dix pouces de longueur ; il est d'or e'maillé enrichi de diamants. On y voit les armes de France. Ce char porte un coq qui a sur sa tête une couronne et qui tient un

ion

LE I OQ GAULOIS

cartouche sur lequel on lit : Gallorutn Rex. Ce coq esi d'une -

orientale pesant une once. Le char est conduit par le temps qui est aussi d'une geste orientale, le reste du corps est d'or garni de

diamants, ainsi que les ailes du coq. »

1684. — Une gravure de I'. Lepautre représente le •< Magazin royal des armes, »de Paris, appelé vulgairement ci de la Bastille peu «la ni la visite qu'y l'ont des ( trie ni aux qu'à leur costume on reconnaît pour être des ambassadeurs siamois [venus auprès de Louis XIV en 1684).

Le trophée principal porte au centre les armes de France accompagnées de chaque côté d'uu coq sortanl a moitié de derrière l'écu (•).

1689. — Les relations de voyage du pire Tachard, envoyé par Louis XIV au Siam (ouvrage dédié au roi), contiennenl une très belle vignette où l'on voit, cidre différents attributs, le soleil et les emblèmes royaux. A côté se dresse un joli coq portant au cou un écusson avec trois (leurs de li-. I lette vignette est reproduite en tète de ce chapitre, page M.

1689. — Souvent, dans des compositions allégoriques, h' coq surmonte le globe du monde, d'azur aux trois fleurs de lid'or, emblème de la monarchie française. Lu voici encore trois

exemples tirés du Cabinet des Estampes. Le premier esl pris

(1) L. île Houille, Lex Drapeau* français.

ie ur>i\ èa ei

sur le frontispice du Dictionnaire [nuirais et lutin publié en 1689 et sur lequel figurent les médaillons du roi et de la famille royale.

Le second provient d'une très grande estampe au milieu de laquelle se trouve, sur un cartouche, l'inscription Louis le Grand triomphant îles princes de l'Europe en 1690. Ce cartouche est surmonté du globe aux trois fleurs de lis, couronné ; le coq est posé sur la couronne royale.

Le troisième motif est tiré d'une belle gravure do 1703, représentant le roi Louis le Grand formant son petit fils Philippe L, roi d'Espagne eu l'art de régner.

1695. — Dans une gravure de la collection Hennin ayant pour titre La Catalogne soumise au Roy par les Victoires <!<■ Monsieur le Maréchal duc de Noailles, on voit le médaillon de- Louis XIV et, plus bas, un écusson surmonté d'une Heur de lis et d'un joli coq.

1692. — La gravure ci-contre représente La France personnifiée par une jeune femme costumée à la mode de l'époque; elle tient à la main des épis et des grappes, emblèmes de l'abondance. Près d'elle est le coq national.

108 LE < <hj GAI LOIS

1689. - Voici une caricature hollandaise de 1689 qui a trail paraît-il, au départ des papistes de l'Angleterre. Le coq,

perché sur la ttHe d'un personnage français important, est pris à parti par un aigle.

li>!)7. — A l'occasion du mariage de c Monseigneur le Duc de Bourgogne avec la princesse de Savoye » parut une grande gravure montrant la l\ii\ qui unit le jeune couple; auprès, se trouvent le Roi, le i\nc de Savoie et d'autres personnages :

LE COQ A TRAVERS L'HISTOIRE 109

le sujet d'un des six médaillons du haut de la gravure, reproduit

ci -dessus, est une allusion satirique aux conséquences de cette union sur les espérances de la maison d'Autriche.

1700-1713. — Voici deux jetons frappés pendant la guerre de la Succession d'Espagne ; ils portent d'un côté l'effigie de Louis XIV et de l'autre la France personnifiée par le coq tenant les dépouilles de la Toison d'or. Ces dépouilles lui sont disputées sur l'un des jetons par le lion batave et le léopard anglais ; sur l'autre pièce, dont nous connaissons plusieurs variétés, une troisième puissance, l'Autriche, est personniliée par une aigle.

Les légendes se traduisent ainsi : Le travail de l'oiseau l'emporte. — (Ces dépouilles) sont m sûreté sons nui garde.

i 10 LE i OQ G M LOIS

1708. - Une allégorie satirique, reproduite ici en partie,

CHcis fpecttfejrsapr^octc Etce combat regarde; .

Oalecoq foute de fone De quoi le chapon fc ne; C cfkpourq joi il vi'iiiu mien Delesaccorder tous deui.

A Le Chapcrt Romain Le chapoo Romain voyant, Le coccj aio(i l'eflançiot.

Au combat po.ir ren'le: H irdi fe va préparer , Er excite fil chalcuf Pour demonfticr fa vileui Mut ie cciinscj le foa cri oit Ne legardcrade mort,

Cirlc ic>q Jepr«netrudri1e , Le ponrehiflera fao' ceje, Ocfr< »ilie« !f fiappaoi Erdcfor^ccuei pic-qua h

6 LlCoce faut, Le Co.-^ fou lain Cocrre le chapon ,'; rue , Poutl II ùine-ir-ra. net:

Leseffeihd: fifateU' E: fes erpors ilai£mf- Pour finir loo tôt. cpi.if; C jr il fait rpv;- Ion c~ »tl Toit bieo roft le mettre a rr.o;f Defei aille» il lebai .

Pou: ' efcbaurlei 1 1 combat Erleont facreft il lance Sesrrjors Jedaa

"on ta i

Pie ce qj'il t- adviendra

Veu o, i iltionf ::e;rraL:1rr, -

• Jr ai .

• Que roft jrieme

e< accordant Ct co ipaout feroit lati! • El nous touche et je i Or leur perre icrible:; 1 oat, Scanrn ne .

aatique sur une rivalité entre la France et la Cour di

;i Lrail à un différend survenu entre l<i Pape, représenté par un chapon coiffé de La tiare, et Louis XIV sous l'apparence d'un

LE C00. A TRAVERS L lIISÏ'oiHi:

coq couronné. Une légende en vers que l'on voit sous cette caricature en donne l'explication.

D'après l'exemple donné par le Souverain et ses artistes préférés, le coq est souvent employé par les industriels d'art de cette époque ; aussi le voit-on sur les pendules, les appliques de cuivre, etc., accompagné ou non du soleil, emblème per sonnel de Louis XIV.

Sur la grande gravure reproduite au commencement de ce chapitre, page 80, et qui est intitulée Louis le Grand, Roy de France, le coq figure dans les sculptures de la table, de chaque côté de l'écusson aux trois Heurs de lis.

En voici encore deux superbes qui 'encadrent le portrait de Louis XIV et qui sont mêlés aux attributs royaux.

1709. -- Une estampe relative au siège de Lille par les alliés montre un coq dans un écusson.

Aux archives du Ministère «le la Marine, dans la série des dessins originaux dos riches sculptures qui, du temps de 'Louis XIV, couvraienl l'arrière des vaisseaux de guerre, se trouve celui qui représente l'arrière du vaisseau à trois ponts Le Gaulois où l'écusson de France esl protégé par les ailes d'un coq ( ').

Dans une magnifique composition due au sculpteur F. Girardon, qui fui Inspecteur général des sculptures sous Louis XIV, se trouve la statue équestre de ce monarque qui servil de modèle à toutes celles qui furenl laites alors : l'éminenl artiste u'a pas oublié le coq, il esl placé au bas du piédestal sur un trophée d'attributs militaires anciens.

Citons encore la reproduction d'un monument avec le coq que nous avons photographié au Cabinet des Estampes. Autour de cel obélisque sont groupés les portraits de tous 1rs rois de France. Sur un document du même genre intitulé : « Histoire de la Monarchie françoise depuis Pharamond jusqu'à Louis 14 à présent régnant u on voit en haut une femme tenant un sceptre et personnifiant la Monarchie et, en bas, pour représenter la France, un grand coq héraldique.

\Z\ZV - f/\/\A

Les guerres continuelles, le faste de Louis XIV, son orgueil, la flatterie outrée de ses courtisan-, lui avaient aliéné toutes les nations et l'Europe entière se souleva contre lui.

(1) L. de Bouille. Les Drapeaux français.

Statue équestre de Louis XIV, par F. Girardon

il 4

Les revers assoinln irenl doue la lin du règne et l'étranger

retourna contre le grand roi les allégories qu'il avail lui même prodiguées dans les années glorieuses.

Une gravure hollandaise représente Louis XIV sous les traits de Polyphène; ou y voit l'aigle autrichienne, le lion batave et la licorne anglaise terrassanl le coq el lui arrachant

un sceptre et des branches de (leurs de lis. On lit en dess une légende en vers dont voici une traduction libre :

« Le Polyphène français, aveuglé par l'orgueil, siège, enchaîné à

un roc par les liens d'or de l'ambition. Son Coq est déchire par le lion

LE COQ A TRAVERS L'HISTOIRE 115

et l'aigle qui projettent, avec plaisir, son plumage dans les airs. Oh ! Géant de la Terre, c'est là votre châtiment pour l'infâme abus de la foi. Votre Soleil plonge déjà dans l'occident; le temps de disparaître n'est-il pas encore venu? »

Voici encore tout un lot de caricatures ou d'estampes allégoriques, la plupart hollandaises et provenant du Cabinet des Estampes (collection Hennin) :

Un coq est dans les flammes et plusieurs personnages sont occupés à briser une boule sur laquelle on distingue le soleil.

Un cardinal est à cheval sur un grand coq.

Gravure intitulée : « La fête des Trois liais au.r Invalides ». L'un des personnages (Louis XIV) est coifte d'une couronne surmontée d'un coq bizarre.

Autre gravure intitulée : Louis le petit dort près de ses louis d'or » Sous une table, près d'un manteau royal, on voit un grand coq.

« Allégorie sur 1rs malheurs arrivés à la France à la suite des Conquêtes de Louis XIV ». Un coq est perché sur une boule et des animaux emblématiques cherchent à l'atteindre.

I 11 personnage, dont le manteau fleurdelisé est à terre, se débat dans une cuve tandis qu'on lui verse un seau d'eau sur la tête; un coq perché sur la cuve cherche à le défendre.

La reine d'Angleterre, assise sur un trône, est occupée à plumer un coq. Légende : « Mauvaise conséquence de l'Eclipsé du Soleil français obscurci par la lune d'Angleterre et les planètes allie\. »

WV-'-WV

LE i 00 GAULOIS

Une fraction d'une caricature compliquée montre ud guerrier (Vendôme) dans un char traîné par deux coqs; la roue

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du char esl formée d'une fleur de lis. Quelques unes des

Ir-rmlcs sont traduites m fiançais.

ITOo. -- Une femme pleure près d'un buste de Louis XIV : elle (end la main vers un grand coq. <>n lit en français :

Complaintes de VElectrice de B réfugiée à Venise.

J'ai délaisse ma Cour, mon époux m'a quitté.

Mes pauvres rils. hélas, languissent de tristesse.

L'Un d'eux est au tombeau, objet de charité.

O ! le foudre aquilin, le tort du Cocq nous presse

De supplier le Rov, le Pape, ou l'Empereur,

De nous pourvoir au moins de quelque sûre place

L708. — Neuf emblèmes retracent « l'histoire de la campagne glorieuse des hauts allie\ et des victoires remportées dans les païs-Bas sur les François en ijoS ». Un coq esl perché sur un moulin à vent.

Le coq français est attaqué par plusieurs animaux emblématiques qui lui arrachent des plumes sur lesquelles on voit le

nom des villes perdues. In paon s'enfuit à tire-d'ailes.

I7i,:{# nous détachons le cartouche ci dessous d'uu plan

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du camp de l'armée des alliés. Le liou batave ' menace le

coq gaulois.

(1) Le lion hollandais héraldique li-'iit de la patte droite un.' êpée e» de la gauche un faisceau de sept flèches, représentant les sept provinces qui secouèrent le joug de L'Espagne.

LE COQ A TRAVERS I.'lIISTOIRE

Sur une grande gravure emblématique intitulée : Situation de l'Europe au moment de l'élection du prince d'Orange, les puissances sont représentées par des animaux symboliques.

La fraction que nous donnons ici monde le lion batave lullanl contre le coq gaulois; derrière celui-ci flottent des drapeaux français fleurdelisés.

1708. ■ — « Retraite «les Français el des Bavarois qui aban donnent l'Escaut. » In guerrier esl représenté coiffé d'un grand chapeau sur lequel ou voit un soleil. Un coq esl perché sur celle coiffure ridicule.

1 7(>'.). - Vue d'une bataille. Au premier plan un guerrier dirige son épée dans la direction d'un char que l'on aperçoil dans les nuages el il dit : Arrête-toi ! C'est lu volonté de Dieu.

Le char esl celui de Louis XIV, il esl traîné par des coqs.

Des médailles étrangères ont également un sens injurieux ou satirique contre la France. L'une, Erappée en 1706, représente un coq qui se laisse prendre à un hameçon ; elle a trait à la bataille de Ramillies, gagnée par Malborough contre Villeroi et qui entraîna la perte de la plus grande partie des Pays lias, plusieurs l'ois conquis par Louis XIV.

1712. — Sur une autre médaille hollandaise on voit le coq gaulois qui demande la paix au lion batave et au léopard anglais. Cette médaille, dit Bouille, doil Être antérieure à la victoire de Denain, à la suite de laquelle les Hollandais se virent contraints de reprendre les négociations qu'ils avaient interrompues.

Personnification

DE LA

Monarchie franc use sous Loris XV

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