AVANT-PROPOS
La réunion des trois couleurs : bleu, blanc, rouge, qui forment le drapeau français est d'origine relativement moderne.
Plusieurs de nos rois les avaient adoptées déjà pour leurs costumes et ceux de leurs gardes, mais cette rencontre est absolument fortuite.
Improvisées pour composer la cocarde symbolique de Louis XVI, elles s'étendirent peu à peu aux drapeaux durant la Révolution.
Napoléon Ier, qui n'aimait que ce qu'il créait lui-même, hésita à les remplacer, il y renonça parce que trop de gloire y était attachée, grâce à lui, en grande partie; cependant, on peul constater qu'il préféra toujours ses aigles à la soie tricolore.
Ce n'esl vraiment qu'à partir de la République de L848 que le drapeau français fut, de façon immuable, fixé comme forme et comme disposition de couleurs et servit indistinctement pour l'armée de terre, la marine el les services publics.
D'autre pari, on sera étonné de voir, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, que le drapeau blanc, royaliste, ue remonte qu'à la Restauration.
Antérieurement, les drapeaux étaient des marques distinc lives et même personnelles, chaque régiment avail le sien. " chaque chef militaire de marque également.
Lorsque les rois et les seigneurs s'attachaienl à telles ou telles nuances, rarement ils leur restaienl fidèles; on changeail de drapeau comme de toute autre fantaisie.
Le chevalier adoptait les couleurs de sa dame; Louis XI. dauphin, parut au siège de Compiègne avec un étendard sur
lequel se détachait le réhus qui formait le nom de sa mie : Cassignelle. M. Susanne a dit qu'en 1G70 les chef- de corps choisissaient, pour leurs soldats, les couleurs qui s'alliaient le mieux entre elles « ou qui plaisaient à telle maîtresse adorant le bleu pâle, ou à telle autre idolâtrant le cramoisi. »
Louis XIV adopta, vers 1780, pour ses costumes civils, la couleur mordorée ou feuille morte, qui était celle préférée par Madame de Mainlenon. Jusque-là il avait porté le tricolore, qu'il conserva d'ailleurs pour ses tenues militaire-.
Aussi serait-il bien inutile de chercher un ordre quelconque, une classification à donner aux formes, aux dimensions, aux couleurs et même aux noms des drapeaux anciens ; à part les armoiries, et encore, tout y change avec les époques. Sur les documents historiques : tableaux, gravures, miniature- et tapisseries, on voit le plus souvent des drapeaux en aombre el on se rend parfaitement compte que le même personnage, roi ou commandant en chef, en a toujours plusieurs sortes qui flottent dans son entourage.
Voici, par exemple, le croquis d'une partie de la miniature
taille de Rosebecque (Fragment d'une miniature des chioniques de Froissart)
qui, dans les chroniques de Froissart. a trait à la bataille de Rosebecque ; le roi de France, Char les VI, estau milieu de son armée, qui entre en lutte avec les Gantois. On dis lingue en avant le pennon royal, bleu, fleurdelisé; puis ensuite l'étendard personnel du roi, grislilas, pailleté d'or et, enfin, la fameuse oriflamme de Saint-DenK
Il y en avait certainement bien d'autres, mais on comprend que les miniaturistes restreignaient au minimum le nombre des personnages et des accessoires. Les drapeaux étaient alors très nombreux, ils servaient de signes de ralliement autant que d'indications convenues d'avance, comme on le fait encore de nos jours à bord des navires.
Rechercher dans le nombre, sans parti pris, ceux qui peuvent être considérés comme nationaux, tel es) le but que nous nous proposons.