ANTIQUITÉ
Comme signes distinctifs de ralliement, de possession, de
•" partis, les couleurs ont eu le pas sur les autres emblèmes. Les
guerriers sauvages se teignent ou se colorient encore la ligure
et le corps, se parent de plumes voyantes, principalement pour
distinguer les leurs dans les combats.
Dans l'antiquité, les enseignes militaires étaient fort employées; la composition de ces enseignes était essentielle ment variable, certaines n'étaient formées que d'emblèmes en bois ou en métal ; mais la plupart avaient, en outre, des étoffes tendues ou llottantes, des banderoles, etc. 11 en fut de très simples comme le paquet de foin porté au bout d'une pique, des premiers Romains ; d'autres, luxueuses, avec des ornements d'argent, d'or et de pierres précieuses.
Enseignes des Gaulois. — César, dans ses Commentaires, cite, en plusieurs passages, les enseignes des Gaulois : nous savons par lui qu'en temps de paix les Druides en avaient la garde : que, en telle circonstance, plusieurs peuplades, formant une alliance en vue d'une guerre contre les Romains, échangèrenl des otages, à titre de garantie, comme il était d'usage, et prêtèrent serment devant leurs enseignes réunies, ce qui constituait pour eux la cérémonie la plus solennelle ').
« Leurs enseignes réunies », cela montre bien que chaque peuplade, au moins, avait les siennes ; du reste elles devaient être nombreuses, puisque César dit encore qu'à la bataille d'Alésia on en prit soixante-quatorze.
Quelles étaient les formes et la nature des enseignes des
(i) Liv. vil, -2.
Gaulois? Rien ne l'indique dans les textes classiques. Le Coq gaulois, seul, est venu jusqu'à nous par la tradition et, très
heureusement, un monument antique que nous avons reproduit page 62 vient confirmer cette tradition.
[/alouette a été indiquée, d'après une citation de Cicéron, mais il n'en a jamais été question en tant qu'enseigne (voir page 328).
Le sanglier a une toute autre valeur, il est bien nettement sculpté parmi les trophées de l'Arc-ile-Triomphe d'Orange et disposé comme une enseigne ; de plus, on le voit assez souvent
xjg^Ë^S
sur les pièces de monnaies gauloises, accompagnant d'autres sujets (voir page 55) ; enfin, le musée de Saint- Germai n-en- Laye en possède plusieurs en bronze, dont l'un est de grandeur presque naturelle et les autres de toutes tailles, jusqu'à de
26fl
1res petits, comme des breloques, mais aucun, dans cette collection uombreuse, ne paraît avoir été fait pour surmonter une hampe.
Il faul uoter que le sanglier pullulait dans les forêts des Gaules, aussi le voit-on souvenl dans le- sculptures gallo romaines, parmi des sujets de chasse.
Il n'en reste pas moins établi que le sanglier étail le sujel d'une des enseignes gauloises, le fait est forl intéressant : mais, comme nous l'avons dit plus haut, les types des enseignes
étaient nombreux. Ainsi l'Arc d'Orange en montre une autre en forme de vexillum romain, non loin de celle au sanglier. On ne peut, en tout ceci, s'en tenir qu'aux hypothèses en attendant la découverte d'autres documents. Cependant . coiiimele but que nous poursuivons est avant tout pratique, puisqu'il s'agit de faire consacrer un emblème national pour la France, on nous accordera bien que le sanglier ue se peut. Le portique d'Athéna, à Pergame, montre aussi un trophée d'armes où l'on voit, au bout de manches croisés derrière deboucliers, certainement gaulois, des objets indéterminés, mais qui ressemblent un peu à de modernes hallebardes de parade : l'un est très large et l'autre se termine en forme de volute; malgré la beauté exceptionnelle de leurs ornement-., ces objets sont peut-être aussi des enseignes gauloises'.'
Les crapauds, soi-disant emblèmes des Francs. Se basant sur une tradition qui nous est inconnue, on a prétendu que les Francs a en souvenir des pays marécageux qu'ils avaient habités autrefois o portaient pour emblème trois crapauds,
LES DRAPEA1 \
lesquels seraient devenus, par altérations successives du dessin. les trois fleurs de lis des rois de France. On invoque, à l'appui de cette bizarre prétention, des documents fort intéressants, mais qui ne remontent pas plus haut que les xiv" et xv siècles; ce sont d'abord les fameuses tapisseries de la cathédrale de
Reims qui représentent des scènes de la vie de Clovis. Puis une sculpture sur bois du temps de François 1er.
Les croquis ci-dessus sont empruntés à l'une des tapisseries de Notre-Dame de Reims ; ils ont élé copiés parmi une dizaine d'étendards et de banderoles de trompettes, sur lesquels on voit, très distinctement, des crapauds. (Voir page 328).
Chape ou cape de Saint Martin. — Depuis la conversion des soldats francs au christianisme, les évoques firent remplacer, sur leurs enseignes ou bannières, les emblèmes habituels : portraits, armes, animaux, etc., par des figures, des devises, des monogrammes religieux. Parmi les drapeaux ou bannières qui ont laissé en France des souvenirs historiques il faut citer d'abord la fameuse cape ou chape de Saint-Martin, qui fut bien un insigne de dévotion et même probablement une relique 0). Elle fut remplacée plusieurs fois ; on ne sait
(1) Plusieurs auteurs pensent que la cape (cappa, capella) «lait une chapelle mobile, contenant des reliques et portée par des prêtres dans les combats.
d'ailleurs pas comment elle était faite, on indique seulement sa couleur qui, "dans le principe, était bleue sans ornements.
En 507, Clovis la fit porter au fronl de son armée à la bataille de Vouillé, près Poitiers, où il vainquit Alaric, roi des Visigoths.
Plus de deux cents ans après, Charles, qui fui surnommé Martel après son triomphe, battit les Sarrasins en se plaçant, dit l'histoire, sous la protection de la même relique. Il sauva la civilisation mise en péril par la barbarie musulmane.
La cape, devenue bannière de Saint-Martin, vit également fuir les Normands en 838, devant Tours. Elle esl encore mentionnée glorieusement en 1043, 1066 et pour la dernière fois en 1195 (Chroniques d'Anjou .
Etendants et gonfanons de Charlemagne. — En 795, le pape Léon III, qui venait d'être élu, envoya à Charlemagne un étendard qui fut dit : la Romaine.
La forme et la couleur de cet étendard ont pu être rétablies d'après une mosaïque de l'église de Sainte-Suzanne :
« On y voit Saint-Pierre qui, de la main droite présente un manteau à un pape à genoux, et, de la gauche, un étendard à un prince dans la même situation, avec une épigraphe donl voici la traduction : Saint-Pierre donnez la guérison au pape Léon et la victoire à Charles. Cette bannière porte sur un fond bleu sis r - a
rouges. Attachée d'un seul côté à la lance, elle n'a aucunement la forme du labarum. C'est une large flamme à trois pointes (i). »
D'autres auteurs ont décrit autrement cet étendard : le fond serait vert et les roses des sortes d'anneaux, ayant la
circonférence rouge, le fond verdàtre et le centre blanc?
Contradiction curieuse ; on lit dans Velly :
« Charlemagne abattit, dans la chapelle de , un étendard
sur lequel était peinte une rose qui serait considérée comme le symbole du peu de durée de la gloire militaire '-) ».
M. Sepet estime que cet étendard doit être considéré comme national, ce qui nous semble exagéré, vu son origine. 11 dit :
« Il faut arriver au temps de Charlemagne pour trouver un étendard auquel il semble bien qu'il y ait lieu d'attribuer un caractère national. . . .
Et plus loin M. Sepet ajoute :
On pourrait, ce semble, supposer même, avec quelque raison, que transmise à ses héritiers avec sa couronne par le grand empereur, cette bannière fut, avant la bannière de Saint -Denis, Tétendard religieux et national des Français, Voriflamme par excellence ».
Et cependant les vers de la Chanson de Roland cités par M. Sepet disent que cette bannière « fut de Saint-Pierre et s'appelait Jlomaine » :
(1; Marius Sepet, Le drapeau de la France. (2) Velly, Histoire de France, I, 392.
Munjoie escrient. Od els est Carlemayne Gefçeiz d'Anjou portet l'orie-flambe, Scint Pierre fut, si aveit num Romaine ; Mais de Munjoie iloec out pris escange.
La même chanson de Roland dil que les gonfanons l'armée de Charlemagne étaienl blancs, rouges cl bleus :
E gunfanuns blancs e vermeil/ e blois.
Du reste, les Sarrasins portaient les mêmes couleurs. Le gonfanon de Roland était blanc, frangé d'or.
de
Bannière ou oriflamme de Saint-Denis. — La célèbre bannière fut d'abord simplement paroissiale, à ce titre elle avait déjà été portée à la guerre par les comtes du Vexin. Le Vexin comprenait, entre autres places, Pontoise, Chaumontel Mantes, il avait été donné par le roi Dagobert à l'abbaye de Saint-Denis, laquelle avait cédé à des Comtes ses droits féodaux, à charge pour ceux-ci de la défendre et de remplir certaines obligations.
En L082, le comté du Vexin. faute d'héritier, lit retour à la
I ) Goufahoi signifie éttndard de giu'rr.'. 11 y en eût de diverse- I
couronne. Le premier roi qui leva la bannière de Saint-Denis fut Louis-le-Gros lorsqu'il partit en 1124 pour repousser l'empereur d'Allemagne, Henri V, qui se proposait d'assiéger Reims; celui-ci se retira sans combattre. Cet heureux résultat fut attribué au mérite miraculeux de l'oriflamme et lui acquit une grande réputation, d'autant plus que Saint-Denis était considéré comme le patron de la France.
D'après les plus anciens auteurs, l'oriflamme était d'abord un simple étendard à trois queues, disent les uns, à deux queues, disent d'autres, sa couleur était rouge et il avait, autour, des houppes de soie verte.
Du Cange a dit :
Il est hors de doute qu'elle était faite comme les bannières de nos églises, que l'on porte ordinairement aux processions, qui sont carrées, fendues en divers endroits par le bas, ornées de franges, et attachées par le haut à un bâton de travers qui les tient étendues, et est soutenu d'une forme de pique.
Cette oriflamme que Saint-Louis emporta dans la croisade de 1248 fut certainement perdue à la bataille de la Massoure ; il en fut donc fait ultérieurement des copies, c'est l'avis du P. Daniel :
« Il paraît hors de doute que Saint-Louis ne rapporta pas l'oriflamme de son expédition d'Egypte... et de plus cet étendard n'étant pas de matière incorruptible, on en substituait un autre quand il était usé C1). »
Sur un vitrail de Notre Dame de Chartres, datant du
I) P. Daniel, Milices françaises.
mu" siècle, l'oriflamme esl une sorte de drapeau attaché à une pique et déchiqueté aux trois quarts de sa longueur <mi cinq queues ou banderoles inégales. Il est rouge uni.
Celui que donne le manuscrit des Célestins au \i\ siècle est en forme de drapeau ordinaire, avec frange; l'étoffe est rouge, ornée ou damassée.
Enfin, nous reproduisons ici une troisième for d'après
la miniature des Chroniques de Froissait qui se rapporte au chapitre où il esl question de la bataille de Rosebecque 1382 . On a vu un croquis de cette miniature page 263.
Cette oriflamme, très dilïé renie de- invcnlrnir-.. c-t rouge, bordée d'or, et porte l'inscription :Joie Saint-Denis, également
en or. Froissart en parle dans le récit de la bataille de Rosebecque et son appréciation est très intéressante à recueillir car elle montre bien le rôle réconfortant que l'on attribuait à ces insignes de dévotion :
« Cette oriflamme 0) est une illustre bannière et enseigne, qui fut envove'e du ciel par grand mystère ; elle est en manière de gonfanon, et de grand confort à ceux qui la voient. Encore montra-t-elle ce jour-là ses vertus ; car toute la matinée il avait fait une si grande brume et si épaisse qu'à peine pouvait-on se voir l'un l'autre : mais dès que le chevalier qui la portait la déploya et leva en haut la hampe, cette brume tomba sur-le-champ et s'éclaircit, et le ciel fut aussi pur, aussi clair, et l'air aussi net qu'on l'eût jamais vu auparavant cette année-là : ce dont les seigneurs de France furent bien réjouis.
Je fus alors informé par le seigneur d'Esconnevort qu'il vit, et ainsi firent plusieurs, quand l'oriflamme fut déplovée et la brume tombée, une colombe blanche qui volait à plusieurs reprises sur la bataille du roi, et quand elle eut assez volé et qu'on allait s'engager et combattre avec les ennemis, elle alla se poser sur une des bannières du roi, ce qu'on tint à grand signe de bien ».
De 1124 à 1386, dit M. L. de Bouille, l'oriflamme fut levée 21 fois et portée dans 4 croisades et 17 guerres contre les ennemis de la France. En 1412 et 1414 elle figura dans les guerres civiles; elle fut alternativement arborée par la faction des Bourguignons et par celle des Armagnacs ou Orléans, et quoiqu'elle fut encore levée en 1415, 1450 et 1405 dans des guerres contre l'étraDger, son emploi dans les luttes intestines entre français lui fit probablement perdre son crédit aux yeux de la nation, avant même l'époque où des troupes régulières remplacèrent les armées ou milices féodales.
Après Louis XI. l'oriflamme n'est plus mentionnée qu'en 1504 dans un inventaire du trésor de Saint-Denis qui parle d'un étendard que les religieux nommaient l'oriilamme ; trente ans plus tard, dans un autre inventaire de ce même trésor, on trouve cette mention :
« Un étendart d'un cendal fort épais, fendu par le milieu en façon d'un gonfanon, fort caduque, enveloppé autour d'un bâton couvert d'un cuivre doré et un fer long et aigu au bout ».
Fn demi-siècle plus tard l'oriflamme était devenu»' la proie des mites.
(I) Chroniques de Froissait, français moderne de Madame de Will).
■y, ï LES EMBLEMES DE LA FRANI E
Bannières des paroisses. - Les seigneurs féodaux engageaient sous leurs bannières personnelles des chevaliers, leurs vassaux, qui amenaienl avec eux des troupes d'autres cheva liers, bacheliers, écuyers et hommes d'armes. Les seigneurs ajoutaient à ces armées, lorsqu'ils en avaienl besoin pour une guerre importante, des bandes ou Lroupes engagées dans les provinces voisines, voire même à l'étranger.
Suzerains et vassaux étaienl turbulents, indisciplinés et ne bataillaienl que lorsqu'ils y trouvaienl un intérél direct.
La suzeraineté suprême du roi étail fictive, aussi voit on, en 1090, Philippe I" chercher à se créer une armée indépen dante des grands vassaux. Il l'ut amené ainsi à leur opposer le peuple qui souffrait si cruellement des rapines et de l'insolence des seigneurs et de leur soldatesque. Telle l'ut l'origine de l'affranchissement des communes.
Les armées féodales étaient presque exclusivement composées de cavalerie ; Philippe Ier ordonna que les évoques s'entendraient avec les bourgeois pour lever (\i-> milices a pied , lesquelles iraient combattre sur l'ordre direcl du roi, ayant leurs curés en tôle et portant la bannière de la paroisse.
Le P. Daniel croit qu'antérieurement à celte ordonnance.
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les crucifix portés au boul d'un long manche dan- les processions, n'avaient pas de bannières et qu'alors seulement
on en aurait ajouté comme signes de ralliement en service de guerre. Cette opinion est discutable, toujours est-il que les bannières des paroisses présentèrent toutes sortes de formes, aucune n'ayant été prescrite; on comprend même l'utilité de ces différences qui constituaient autant de signes de ralliement; on ne s'explique même pas comment, sans cela, eussent pu évoluer ces multitudes qui n'avaient pas de costumes militaires ni la hiérarchie actuelle des grades.
Bannière rot/air fleurdelisée. — Les oriflammes que nous avons étudiées au commencement de ce chapitre, aussi bien la cape de Saint Martin, la Romaine de Charlemagne, l'étendard de Saint-Denis n'ont pas un caractère national. Il nous faut arriver aux bannières royales fleurdelisées, pour trouver un emblème stable qui, du reste, se mêlera constamment à d'autres, mais leur survivra.
A quelle date ont commencé à être employées les fleurs de lis sur des bannières? Nous avons étudié cette question dans le chapitre des emblèmes (page 319) auquel nous renvoyons le lecteur.
11 est certain qu'antérieurement au vir siècle plusieurs historiens ont eu l'occasion de citer la bannière royale, mais ils
n'ont pas jugé à propos d'en donner la description, et il faut arriver au règne de Philippe-Auguste pour trouver abondam
ment la preuve que la bannière de ce prince étail d'azur semé de Heurs de lis d'or. Guillaume Guiart, dans ses Royaux lignages, le répète eu plusieurs passages: c'esl d'abord au siège de Ptolémaïs, en 1 191 :
Près de l'une est ja sa bannière
D'azur fin sur cendal parfaicte
Et à flours de lvs d'or pourtraicte. . .
Puis au siège de Château-Gaillard en 1205 :
Du roy de France la bannière A fleur de lys d'or bien apertes. . .
En 1214, à la bataille de Bouvines :
Galon de Montigny portant. . .
De fin azurO) luisant l'enseigne A fleurs de lys d'or aournée, Près du roi fut celé journée. . .
D'autres écrivains du temps confirment encore ces renseignements.
On a conservé aux archives du Ministère de la Marine un devis curieux des frais que pouvait occasionner la guerre pro jetée en l'an 1337 par le roi Philippe VI.
« C'est l'ordonnance de 40 gales Igalères) armées que l'on doit avoir tant de Jennes (Gènes) que de Moneghes (Monaco) pour le sen ice du roi pour sa guerre l'an 1 33 7 . . . par-devant Jean de Rueil et Nicolas Legras, notaires à Paris... c'est l'estimacion que l'armée d'Escopeut couster. . .
200 bannières cousues des armes le roi et le connestable où il faudra 90 cendaux indes et 3o jaunes.
200 bannières battues des armes le roi et le connestable où il faut 100 cendaux indes.
2? bannières battues des armes le roi où il faut i3 cendaux indes et autant de connestable et tant de garniture.
5 10 panonceaux equenels que; des bannières et panonceaux où il faut 800 aunes de toile inde et 200 aunes de toile jaune.
3o bannières des armes au roi pour 10 gales et 20 bannières des armes au maréchal où il faudra 33 cendaux inde vert et jaune
On le voit, le nombre des bannières employées à cette
1 Évidemment Voltaire se trompe lorsqu'il dit qu'à celte bataille, la bannière de Philippe-Auguste était blanche, semée de fleurs de lis.
Voir au chapitre des emblèmes la citation qui est bien curieuse sou> d'autres rapports.
LES DRAPEAUX 2* i
époque était considérable, puisqu'on en compte ici 20 environ par galère. Ces bannières devaient porter à l'endroit les armes royales, c'est-à-dire des fleurs de lis d'or (remplacées économiquement par de l'étoiïe jaune) sur fond inde, c'est-à-dire indigo ou bleu foncé ; cette couleur toute particulière, tirant sur le noir, est du reste encore la seule employée pour les drapeaux officiels, ceux de l'armée et les pavillons de la marine.
L'envers des bannières en question devait avoir les armes du connétable(l). Cet usage des bannières à double face, dont l'une aux armes royales, s'est conservé longtemps.
Sur les bannières dites cousues, les fleurs de lis et autres pièces d'armoiries sont découpées dans l'étoffe et cousues en place.
Les bannières dites battues, ont les fleurs de lis ou autres pièces d'or frappées sur l'étoife du fond, où elles sont retenues par un apprêt, comme on opère encore aujourd'hui pour la reliure par exemple.
l'en non royal. 1306. — A cette époque à côté de la bannière royale, on voit apparaître une autre enseigne, destinée dans les armées à indiquer la présence personnelle du souverain.
« L'ordonnance du roi (i3o6) quand il va en armées... dit... le premier chambellan porte la bannière du roi... le premier valet tranchant doit être le plus prochain derrière le Roi, portant sonpanon qui doit aller ça et là partout où le Roi va, afin que chacun connaisse où le Roi est (2i ».
M. L. de Bouille ajoute :
Lorsqu'une armée royale n'était pas commandée par le roi en personne, le pennondu roi accompagnai! celui qui la commandait à sa place.
Nous en voyons une preuve dans une miniature du mss. de Froissart (Bibl. nat.), où, avec l'armée de Du Guesclin, en Espagne (1365), est un pennon triangulaire bleu chargé des trois Heurs de lis d'or. Une estampe de la collection Hennin
(1) Le premier connétable indiqué ici était Raoul de Brienne, comte d'Eu, dont le blason est d'azur semé de billettes d'or, au lion d'or. Le second, aux trente bannières, était Robert Bertrand, sire de Briquebec, qui portait d'or au lion de sinople. C'est pourquoi la commande d'étoffe indique de l'inde, du jaune et du vert.
(2) Galland, Anciennes enseignes, etc.
l liibl. nat.), représente le navire du duc de Bourbon ; au grand mât est un pavillon carré bleu à trois fleurs de lis dur.
En 1372, Jehan de « France », duc de Berry, à grand compagnie alla chevaucher, les bannières déployées, devant la noble cité de- Poitiers. Les bons bourgeois et citoyens de Poitiers qui étaient bons et vrais français, quand ils virent les bannières des Heurs de lys, les armes de leur souverain seigneur le Roi de France. . . [Mirent à crier : Montjoye. (0
Pennons royaux a 1 n is fleurs île lis
Réduction à trois du nombre des fleurs de lis dans Uécusson royal. 1364-80. — C'est au règne de Charles V que l'on fait remonter le changement du blason dit « Armes de France ». On prétend que cette transformation eut lieu en l'honneur de la benoite Trinité; nous avons vu divers exemples de cette transformation antérieurement à 1304 mais ce qui était exceptionnel va devenir la régie et cette régie même sera bien transgressée quelquefois.
11 y a donc à cette époque la grande bannière féodale de France, d'azur aux Heurs de lis sans nombre et le Pennon du Roi qui est d'azur à trois fleurs de lis d'or. Louis XI ajoutera à l'étendard la croix blanche pour les drapeaux des paroisses.
Tout cela est vague, sans suite précise, et les documents sur lesquels sont copiés en général les anciens drapeaux étant des
(P Chronique des quatre premiers Valois, publ. par la Société d'Hist. de France,
manuscrits enluminés, des tapisseries, des vitraux, qui fourmillent d'anachronismes pour les costumes et les armes, sont bien incertains.
Toutefois, il existe un document formel, précieux pour l'histoire des drapeaux, c'est la description écrite par FavynO en 1620, des drapeaux authentiques et reconstitués qui figurèrent aux funérailles du roi Henri IV. Voici la partie de ce récit qui nous intéresse :
« Le sieur de Rodes, grand maître des cérémonies de France, chevalier, grand prévost des deux ordres du roi, premier écuyertranchant et porte-cornette du roi, seul, à cheval, en sa robe de deuil, et le chaperon en tète, portant une lance peinte de bleu, ferrée d'or, où était le Phanon carré, c'est-à-dire la Cornette de France de veloux violet semé de fleurs de lys d'or de Cypre en broderie, plus plain que vuide frangée d'or ». Il était suivi des cornettes des « marches et provinces de France, appartenant au sacré domaine du roi » : La cornette de Béarn, de satin jaune, chargée au centre des armes de la principauté qui sont d'or à deux vaches passant de gueules ».
Favyn décrit ensuite 24 cornettes des marches et provinces, sans intérêt pour nous.
« Suivaient après la cornette des couleurs et livrées de Sa Majesté très chrétienne, Orengé, Blanc et Bleu semée de masses d'Hercules
Cornette 'lu roi Henri IV
en broderie d'argent avec la devise de S. M. qui était d'une H couronnée, entrelacée de deux sceptres en sautoir et d'une épée en pal sur
(1) Favyn. Le Théâtre d'honneur, 1620. [Bibliothèque nationale'.
LES E.MIiLKMES DE LA FRANCE
le lotit en riche broderie d'or de Cypre, avec cette légende : Duo protegit unus ; le Pennonet et le Guidon desdiles couleurs, livrées et devises... le Heaume d'or, couronné, tarré de front, à cimier d'une double fleur de lis d'or, aux lambrequins des couleurs et livrées. ... le cheval de parade, housse de velours bleu couvert de riche broderie d'or et d'argent, à la devise.... Le Grand Estendart de satin bleu, à la devise en broderie d'or de Cypre. Suivaient après le (in and Estendart de satin bleu céleste, en broderie de fleurs de lys d'or, plus plain que vuide, à une grande croix pleine de satin blanc, qui est la croix de France. Le Grand Estendart saint Michel, ange gardien de la France, de satin bleu, semé d'étoiles d'or. Le Grand Estendart saint Denys aréopagite et apôtre de la France, de satin cramoisi, semé de flammes d'or, à l'image de saint Denys, vêtu de blanc à l'antique, portant son crâne entre ses mains. Le Grand Estendart de l'ordre du benoît Saint-Esprit, de satin vert, à une colombe d'argent rayonnée d'or, le reste semé de flammes d'or, à la bordure des chiffres du collier de l'ordre... Le Penon de France, de velours violet, semé de /leurs de 1rs d'or; le Guidon de France, idem;... le Grand Estendart de France, idem;... le chevalier de Guise portant la Grandi: Bannière de France de veloux violet bleu céleste, semé de fleurs de lys d'or en broderie plus plain que vuide;... les quatre drapeaux des quatre compagnies des archers de la garde du roi, de quatre différentes couleurs, asçavoir : rouge, verde, bleue, grise ».
Croix blanche sur les drapeaux. — Nous ne pouvons suivre dans l'histoire la formation lente des troupes royales d'infanterie dont Charles VII et Louis XI furent les plus habiles organisateurs. Peu à peu, ou bien à une époque que nous
n'avons pu déterminer, la croix qui surmontait d'abord 1rs bannières des paroisses Eut tracée largement en blanc sur
1'étofïe des bannières, lesquelles devinrent ainsi les drapeaux de l'infanterie.
Le plus ancien exemple que nous puissions citer (1480) est le drapeau des bandes organisées par Louis XI qui occupèrent les garnisons de la Picardie, il était rouge à la croix blanche ; le régiment de Picardie le conserva ainsi jusqu'en 1793.
Après le désastre de l'armée française à Saint-Quentin (août 1557) il fut fait en Italie un inventaire de 160 drapeaux, guidons, cornettes trouvés sur le champ de bataille; presque tous ceux provenant de l'infanterie ont la croix blanche et, pour le reste, sont unis : rouge, gris bleu, bleu céleste, rouge changeant, gris, ont les cantons ondulés, alternés, bandés de diverses couleurs, ou bien chargés de fleurs de lis de couleurs ou d'autres pièces héraldiques.
Furent également de couleurs extrêmement variables, tous les drapeaux des régiments levés en France et transformés dans la suite du xvie au xvm° siècle (1562 à 1793) et où la croix blanche resta immuable.
Nous remarquons, dans le nombre, le régiment des gardesfrançaises (1563-1793) dont une compagnie sur deux était chargée en 1569 de porter l'étendard royal bleu d'azur semé de fleurs de lis d'or, traversé d'une croix blanche chargée d'une couronne au bout de chaque branche, qui fut donné plus tard aux autres compagnies et qui demeura jusqu'à la fin le drapeau particulier du régiment.
En 1789, ce même régiment avait 30 drapeaux, dont 1 blanc (colonel) et 29 du modèle qui vient d'être décrit (l).
Nous remarquons encore les drapeaux des Suisses dont le roi Charles VII en 1496 avait fait une garde pour le service du palais, usage que conservèrent ses successeurs et même jusqu'à Louis XVI et qui fut repris par Louis XV111 et Charles X ; c'était une véritable institution royale.
Les Cent Suisses, au début, avaient un drapeau à croix blanche avec la devise : Ea est fui uc ia gentis dont deux cantons bleus étaient chargés d'un rocher battu par la mer et frappé de la foudre et deux cantons rouges au chiffre du roi.
Les Gardes Suisses (régiment de Wateville 1616 1792) avaient le drapeau à croix blanche dont les quatre cantons ont des flammes ondées, partant du centre : rouge, bleu, orange.
(1) L. do Houille, Les drapeaux français, études historiques.
LES EMBLEMES DE l.\ 11'. wc.K
La croix blanche qui dura ainsi jusqu'à la Révolution el même après, doit rire considérée, pensons uous, comme un signe national.
Croix blanche sur 1rs rosi murs pendant les croisades. — Il est intéressant de rappeler ici qu'en 1188, une conférence tenue près de G i sors, réunissait : Philippe Auguste roi de France, Henri II roi d'Angle terre et le comte de Flandres. Il s'agissail de déterminer les couleurs au moyen desquelles se distingueraient, dans la croisade en Terre Sainte, les différents peuples de l'Europe et il lui arrêté que la croix qui devait se porter par dessus les costumes sérail :
Rouge pour les Français.
Blanche pour les Anglais.
Verte pour les Flamands.
Noire pour les Bretons.
Jaune pour les Italiens.
Mais par la suite, les Anglais el les Fran cais, souvent en guerre, changèrent la couleur de leurs signes distinctifs : ils portèrent tantôt l'une, tantôt l'autre.
A la mort de Charles VI, le duc de Bedford, se prétendant régent de France, porta les deux croix à la fois.
Ajoutons encore que pendant les guerres civiles qui déso lèrent la France au xvi° siècle, le blanc lui la couleur adoptée par les huguenots; ainsi, les hoquetons des soldats étaient blancs et leurs drapeaux également. (Les catholiques avaient le rouge pour couleur distinctive à la même époque).
Esquisse, d'apn s un ancien vitrail.
Le blanc marque de commandement. Cornette colonelle. — La couleur blanche fui autrefois le signe du commandement dans l'armée, le chef se reconnaissait souvent par l'écharpe blanche posée sur sa cuirasse et le panache de son Casque. Dans les temps modernes, l'aigrette du colonel, les plumes d'autruche qui orneni le chapeau du général de division sonl blancs.
Lorsque les rois eurent opposé aux armées des grands vassaux, les troupes paroissiale- ou communales, les étendards
féodaux des seigneurs perdirent leur importance et il fallut trouver un signe de commandement qui primât tous les autres ; ce ne fut pas la bannière du roi mais un simple fanion auquel on donna le nom de cornette parce que, selon le P. Daniel :
« Ce fut d'abord une espèce d'ornement qui se mettait sur le casque, principalement dans les cérémonies publiques, où l'on paraissait en habillement de guerre ».
On connaît plusieurs représentations de casques ornés singulièrement de ces sortes de petits drapeaux, qui vont rarement seuls et sont de couleurs diverses.
Le P. Daniel ajoute :
« L'étendard auquel on donne le nom de cornette est une pièce d'étoffe de taffetas d'environ un pied et demi en carre, sur lequel sont brode's les chiffres, armes, devises du prince ou du mestre de camp : on l'attache au bout d'une lance longue de 8 h 9 pieds ; on l'enferme lorsqu'il fait mauvais temps dans une bourse attache:e au fer de la lance; en campagne, on v attache une espèce d'écharpe de taffetas afin qu'on le distingue de plus loin ».(i)
Il faut rappeler ici le mot célèbre de Henri IV qui commandait au combat d'Ivry et auquel les auteurs attribuent pour ce jour-là une cornette blanche. Ce drapeau était porté près de lui par Pot de Rodes, lequel, blessé, fut entraîné au loin : « Si la cornetle vous manque, dit crânement le roi, voici le signe de ralliement », et il montrait le panache de son casque.
Or, il n'est nullement prouvé que le drapeau, non plus que le panache du roi étaient, ce jour-là. de couleur blanche. Il est établi, par contre, que la cornette personnelle de Henri IV était à ses couleurs, c'est-à-dire tricolore ; c'est ainsi qu'elle figura à ses funérailles d'après la description qui en fut donnée par Favyn en 1620. (Voir page 279).
Mais, si à l'origine les cornettes furent inarques particu lières, destinées à faire connaître les titres et qualités des personnages couverts d'une armure et masqués par le casque, elles devinrent, dans la suite, marques exclusives de commandement et. à ce titre, furent bla iiches.
Pour bien démontrer que la cornette blanche était non pas
(1) I*. Daniel. Milice française, 1721.
l'emblème royal, mais l'insigne du commandement, nous citerons, d'après Brantôme (!), quelques exemples de querelles auxquelles donna lieu la possession simultanée du drapeau blanc, dans une môme armée, par plusieurs grands capitaines :
« Le vicomte de Turenne vint rejoindre l'armée, y amena
1200 arquebusiers sous Lavedant qui en était le colonel, et entra avec son drapeau blanc dans le camp. Bussy (colonel de l'Infanterie), assez ombrageux, en parla à Monsieur pour le faire cacher, autrement il ferait quelques désordres. Monsieur le pria de temporiser et qifil ne fallait pas mécontenter Turenne. Bussy, perdant patience, se résolut avec douze braves de prendre, arracher, envahir le drapeau. Monsieur s'en fâcha et accorda le tout ».
« Brissac, colonel général de l'infanterie au delà des monts
avait aimé mon frère Dardelay ; il avait résolu, s'il fût sorti du siège de Chartres, de se battre avec lui, ou qu'il quittast l'enseigne blanche du régiment des Gascons dont il était colonel et avait été successeur du chevalier de Montluc qui avma mieux quitter sa charge que son enseigne colonelle ».
« Brissac gagna Strozzi (colonel général de l'infanterie en
deçà des monts) et lui fit jurer que jamais il n'y aurait qu'eux colonels, ny enseigne blanche en France que les leurs ».
« Sommerives amena au Roy en cette troisième guerre mille
hommes de pied provençaux et portoit l'enseigne blanche et entra ainsi dans le camp. Qui fust dépilé ? Ce fust Brissac. . . Enfin le tout bien pesé et disputé qui n'est plus grand affront et dépit à un colonel général que de voir un autre se vouloir parangonner à lui et porter cette enseigne blanche, il fust arrêté que ledit drapeau se plierait. Sommerives souffrant cela impatiemment, ne se plut guères à l'armée et tôt après renmena ses gens. Voilà la contention qui fut entre ces deux grands et tout pour un morceau de taffetas blanc ».
Les prétentions du Colonel général de l'Infanterie, l'étendue de ses pouvoirs et de ses privilèges portaient ombrage même au roi. Louis XIV profita de la mort du due d'Lpernon pour abolir cette charge (1661). Il en réunil les prérogatives à celles de la couronne, et le drapeau blanc qui était jusque-là celui du Colonel général fut ajouté aux divers drapeaux que possédai! déjà le roi.
Ce ne fut d'ailleurs qu'à titre transitoire, puisque Louis XIV accorda peu après aux « mestres de camp » et la qualité de colonel et le drapeau blanc.
(1) Brantôme, t. VI, j». 178 et I3C ii lis.
Une collection très importante d'aquarelles faites d'après les originaux du Ministère de la Guerre, et que l'on peut voir au musée de l'Armée (Hùtel des Invalides) montre les costumes
(Ù^^uj.beLùm^^CJcneîL tfUpeo^ d'entonnant
et aussi les drapeaux des régiments existant sous Louis XIV Louis XV et Louis XVI.
xXous reproduisons un croquis de deux de ces aquarelles
286 LES EMBLÈMES DE LA rit INI E
où l'on peut voir bien nettement d'un côté le drapeau dit « d'ordonnance », et de l'autre le'drapeau colonel, intitulé sur les tableaux « drapeau de la Compagnie colonelle. ' o
Sur la pluparl des aquarelles, la croix blanche du drapeau d'ordonnance ou régimentaire sépare des quartiers de couli urs 1res diverses, tandis que le drapeau colonel esl enti< remenl blanc avec cette même croix blanche cousue par dessus l'étoffe.
En vérité, nous n'avons pas trouvé d'autre drapeau blanc à cette époque et nous inclinions à croire que ce drapeau, en lani qu'emblème royal, n'était qu'une fiction, réalisée plus tard, lorsqu'en relisant les auteurs, nous avons aperçu le pavillon de la marine, celui-là blanc, aux armes royales.
Donc, sauf exception, le pavillon français qui flottait sur les mers était blanc, mais comme il n'était pas d'usage encore d'arborer un drapeau sur le palais où résidail le roi, le drapeau blanc n'était pas employé à Paris.
Drapeaux de l'infanterie. — Ainsi que nous l'avons vu dans le chapitre « Croix blanche sur les drapeaux ». et comme le montre la collection d'aquarelles du Ministère de la Guerre que nous venons de citer, tous les régiments d'infanterie el aussi de cavalerie tinrent toujours à se distinguer par des couleurs différentes. Nous avons remarqué que le nombre des drapeaux était excessif.
Maurice de Saxe a blâmé justement cette pluralité d'ensei
gnes : « Il se pourrait, dit il. q •elle mode d'entasser les
drapeaux fut une preuve de notre ignorance, car vraisembla blement les drapeaux étaient jadis destinés à conduire chacun une troupe. . . »
Les drapeaux de l'infanterie portent les emblèmes di îs
provinces ou des personnages qui ont créé les régiments, ces emblèmes sont souvent accompagnés de devises presque toutes en latin.
En résumé, à part la croix blanche caractéristique que l'on peut probablement dire « française », ou chercherait vainement parmi tous ces drapeaux l'idée d'un insigne national.
(1) Le drapeau lilanc, qui ne se portait jnmais seul, ne figurait dans le service de garde que lorsque le colonel montait la ^unle pour le roi ou le dauphin : les autres drapeaux suivaient le piquet de service chez les princes du sang ou légitimés et les maréchaux de France. (Les drapeaux [nuirais, par !.. X. Ney, lsyn .