Les emotions de Polydore Marasquin
Dans ces derniers temps, un écrivain d’une noble intelligence rehaussée par une exemplaire générosité fonda, sous le manteau fort transparent de la Société des gens de lettres, plusieurs prix destinés à récompenser, entre autres productions de l’esprit, la meilleure nouvelle qui serait envoyée à un concours spécial. Ayant eu l’honneur d’être un des juges du camp, nous avons été en position, dans notre modeste stalle, de compter le nombre de lances,
AVERTISSEMENT
comme on disait autrefois en langage de chevalerie, présentes à ce magnifique tournoi. Il avait infiniment de lances. Si quelques-unes sont revenues avec l’écharpe d’or à la hampe, beaucoup aussi ont été noblement brisées dans la lutte. Parmi les innombrables nouvelles adressées à la Société, pour être soumises aux arrêts du coucou!*!, Il en èst qui laisseront, dans les archives du comité, un souvenir marqué au coin d’une curieuse bizarrerie. Personnellement, nous en avons lu plusieurs dontles caractères étaient tracés avec des encres de différentes couleurs, et cela, sans doute, dans une intention cabalistique que nous n’avons pas pu pénétrer. Nous en avons tenu d’autres qu’encadraient des vignettes à la plume, exécutées avec la patience et la perfection monacales des maîtres copistes du moyen âge. La faute de français était entourée de ravissants petits amours demandant grâce pour la syntaxe compromise. Nous ne voulons pas omettre non plus une nouvelle, d’ailleurs