CHAPITRE IV
1. — Nous avons vu, dans le chapitre précédent, lavolition couronnée par une puissance de commandement général. La soumission graduelle des organes à des fins intermédiaires, à l'imitation, au langage, aux notions préconçues des mouvements et des changements qu'on peut produire sur les choses extérieures, complète l'éducation de la volonté; nous sommes alors capables (dans de certaines limites d'accomplir tout ce qu'on peut faire sous la direction et l'enseignement des autres. Je puis ne pas savoir jouer de la flûte, mais ma bouche, mes poumons, mes doigts sont capables d'imiter et d'obéir, si bien que je puis acquérir le talent de jouer sur la flûte sans passer par la période primitive de tâtonnements et d'erreurs que je serais forcé de traverser si j'étais livré à moi-même. Ce n'est pas cependant que nous puissions absolument échapper à ces erreurs qui sont presque inhérentes à notre constitution ; mais comme nous sommes capables de suivre la direction d'une autre personne nous approchons dès le début, de la bonne manière de faire, et nous diminuons ainsi le nombre de nos tâtonnements. Les associations qui ont ainsi développé notre facilité d'acquisitions, ne détruisent pas le stimulus original de la volonté ; ces associations sont directrices et non impulsives.
Cependant il reste encore bien des faits à observer. Nous n'avons rien dit des obstacles que peuvent rencontrer les im pulsions volitionnelles, puisque nous avons toujours supposé que si tout est préparé pour que l'action s'accomplisse elle
s'accomplit certainement. Mais bien des circonstances peuvent s'opposer à nos désirs. Le système physique peut être trop épuisé pour faire l'effort nécessaire. Les organes peuvent être activement employés dans une autre direction ; par exemple, dans une marche rapide nous sommes peu disposés à nous arrêter pour examiner un objet à côté de notre route. Enfin il peut y avoir quelque motif contraire, une puissance rivale dans l'esprit lui même. Il faut examiner tous ces cas. Dans le présent chapitre, je veux pourtant avant tout, observer deux applications de la puissance volontaire qui présentent quelques particularités ; premièrement, le contrôle qu'exerce notre volonté sur nos émotions ; secondement, l'empire que nous pouvons exercer sur nos opérations intellectuelles.
2. — Nous pouvons contenir ou régler le cours de nos sensations, c'est un fait incontestable. Nous pouvons, dans des circonstances ordinaires, arrêter la stimulation diffuse des muscles de façon à être calmes extérieurement, pendant que la passion fait rage à l'intérieur. C'est la manière la plus directe de faire intervenir la volonté dans un état d'excitation mentale. L'action musculaire d'un courant émotionnel peut être contrariée par un autre genre d'activité partie des mêmes muscles. L'élévation des bras et la fixité des yeux qui sont des signes de surprise peuvent être supprimées si nous avons un motif suffisant de rester tranquilles. Les deux forces étant homogènes, c'est-à-dire faisant toutes les deux, partie de la constitution des stimulants des muscles volontaires, l'une peut annuler l'autre si elle est plus forte. Mais quand nous passons aux autres effets du courant émotionnel, c'est-à-dire à son influence sur les muscles involontaires, ceux du cœur et du canal alimentaire par exemple, et sur les sécrétions et excrétions, le travail de la volonté n'est pas aussi clair. On doit en somme poser nettement cette question : le pouvoir de la volonté s'étend-il oui ou non, audelà des muscles reconnus volontaires ?
La présomption des faits est toute en faveur de cette réponse : notre contrôle direct est hmité à ces muscles. Indi-
rectement nous pouvons exercer d'autres influences, mais il semble presque impossible de montrer qu'alors les muscles sont les instruments de cette intervention. Je reviendrai làdessus dans la seconde moitié de ce chapitre en parlant du contrôle de la volonté sur la pensée. A présent il est suffisant de faire remarquer que les différentes fonctions organiques sont si bien liées aux mouvements musculaires que nous pouvons souvent les stimuler ou les arrêter par le moyen de ceux-ci. Ainsi la sécrétion des glandes lacrymales, celle de la vessie, etc., sont soumises à l'influence des muscles. Le sanglot involontaire que l'acteur sur le théâtre peut produire sans éprouver aucune émotion correspondante, peut être alors le résultat de mouvements volontaires appropriés, bien que quelques-uns de ces mouvements soient les mouvements de muscles involontaires. Là où le hen entre les fonctions organiques et les organes volontaires, manque ou est très faible, comme dans l'action du cœur, dans la sécrétion gastrique, etc., la puissance volontaire est absente aussi. La volonté ne peut faire rougir ou l'empêcher. A cause des liens naturels cités ci- dessus, et des autres associations qui se forment artificiellement, la volonté étend son contrôle très loin, au delà même de sa sphère originale, sans cependant pouvoir dépasser les limites que nous venons de lui assigner. On entend souvent parler de choses extraordinaires, de gens qui peuvent simuler un évanouissement ou une attaque d'épilepsie, de Fakirs indous qui tombent par leur volonté dans un état de léthargie qui leur permet d'être ensevelis pendant plusieurs semaines ; il faut croire que l'instrument de si grands changements' dans les conditions organiques, est une certaine manière de^diriger les organes volontaires.
3. — La seule chose pratique à faire lorsque nous voulons commander à nos états émotionnels, c'est de réprimer ou d'exciter toute cette partie de manifestations diffuses qui est composée des mouvements des organes volontaires. Le jeu des traits, les exclamations vocales, les gesticulations des bras sont soumis à notre volonté. Lorsque nous avons des motifs assez puissants, nous pouvons arrêter subitement un éclat de rire, ou encore faire tous les mouvements nécessaires pour éclater de rire alors qu'aucune de nos émotions ne nous y engage. Il est très intéressant, théoriquement et pratiquement,
CONTRÔLE des' SENTIMENTS ET SENSATIONS 351
déterminer jusqu'à quel point les autres éléments constituants d'un état d'excitation émotionnelle sont liés à la diffusion musculaire de façon à être supprimés si cette diffusion est arrêtée et vice-versa. Les mouvements ne sont pas tout dans une manifestation physique ; il faut tenir compte encore des effets organiques et de l'agitation générale du système nerveux aidant à cette manifestation. Il est probable que ce dernier fait est très important. On peut suspendre par un acte de volonté, l'activité des muscles, mais il ne s'en suit pas que les courants nerveux soient supprimés subitement parce qu'ils rencontrent un obstacle. L'expérience seule peut nous apprendre ce qui arrive dans cette circonstance. Nous trouvons que les courants émotionnels faibles, produits par une excitation faible, sont suspendus intérieurement s'ils sont arrêtés extérieurement; les courants cérébraux et l'agitation des centres meurent si on leur refuse toute issue externe. C'est par ce moyen que nous supprimons les manifestations de pitié, de colère, de peur, d'orgueil dans beaucoup de circonstances insignifiantes. Si les choses se passent bien ainsi, il faut admettre comme un fait que la suppression des mouvements actuels tend à la suppression des courants nerveux qui les provoquaient, si bien que l'apaisement externe est suivi d'apaisement interne. Cet effet ne se produirait jamais si le courant cérébral ne dépendait pas quelque peu de la libre manifestation d'une émotion. Cependant on professe souvent cette opinion, que lorsque l'excitation est intense, il vaut mieux, même lorsqu'on a l'intention de la supprimer rapidement, laisser pour un temps le champ libre à une complète manifestation externe. Lorsque la joie ou le chagrin fondent brusquement sur nous, que nous sommes la proie de la colère ou de la peur, il nous est recommandé de laisser couler le torrent pour mieux le barrer ensuite. Si cette opinion est juste, cela ne prouve qu'une chose, une émotion peut être trop forte pour qu'on puisse lui résister; on perdrait inutilement ses forces à le tenter. Mais si nous sommes capables de nous opposer au torrent, il n'y a pas plus de raison de reculer devant la tentative que lorsque les émotions sont faibles. Sans doute le contrôle habituel de la volonté sur les émotions ne peut s'obtenir que par une grande et systématique surveillance appliquée aux émotions fortes aussi bien qu'aux faibles. C'est une loi de notre
constitution que le courant interne tend à disparaître si on lui refuse toute issue extérieure ; le sentiment, l'émotion doit même alors disparaître de l'esprit s'il est vrai, comme je le crois et comme j'ai essayé de le prouver, que les courants nerveux diffus sont l'élément conscient ou mental indispensable du phénomène. Les cas exceptionnels n'annulent pas la règle ; ils indiquent seulement la présence de quelque circonstance spéciale dont il faut tenir compte. Dans une grande souffrance, un grand chagrin il faut laisser au sentiment une certaine liberté de manifestation afin que notre sensibilité première s'émousse, et que nous puissions plus tard revenir sur l'incident pénible sans que l'amertume primitive renaisse. Je ne veux pas entreprendre, de chercher jusqu'à quel point le système de répression volontaire pourrait s'appliquer dans un tel état de choses, parce que je n'ai pas mesuré exactement la portée du principe que je viens d'énoncer. Lorsqu'on a trop joui et trop souffert, le plaisir et la souffrance perdent l'un de son charme, l'autre de son aiguillon ; une excitation prolongée engourdit à la fin la sensibilité, et de là s'ensuivent des conséquences favorables ou défavorables ; c'est ce qui peut justifier dans une certaine mesure l'opinion qu'il faut laisser éclater le chagrin dans le malheur. C'est d'après ce principe que nous nous répandons en lamentations lorsque nous perdons un ami et que nous ajoutons le deuil au langage naturel que nous dicte la séparation.
Il semble donc que la volonté, opérant par ses propres instruments, les muscles volontaires, atteint les profondeurs les plus cachées de l'émotion et, en apaisant les courants nerveux, fait disparaître les états de conscience qu'ils soutenaient. Une ferme résolution, c'est-à-dire une puissante impulsion motrice peut détruire entièrement des manifestations de pitié, de colère ,ou de remords, si toutefois elle est persévérante et qu'on lui donne le temps nécessaire pour cela.
Par la même intervention nous pouvons réveiller une émotion apaisée. 'En produisant les manifestations externes, les nerfs sont peu à peu atteints par contagion, et finalement le courant diffus est provoqué par une sorte d'induction ab extra. Ceci est le résultat de notre tendance originale de provoquer l'activité des centres nerveux en commençant les mouvements, ce qui présente une grande analogie avec le
mode de suppression décrit ci-dessus, et sans doute aussi des associations qui unissent intimement l'externe et l'interne. C'est ainsi que parfois, forcés que nous sommes de donner ii nos traits une expression joyeuse, nous arrivons à nous trouver dans un joyeux état d'esprit. J'aurai, dans peu de temps, à parler d'un moyen plus efficace encore d'évoquer une passion donnée.
Il ne faut pas cependant supposer que feindre une émotion, la provoque toujours nécessairement en réalité. Il y a tendance à ce que cela se passe ainsi, mais bien des circonstances peuvent venir s'interposer entre la manifestation externe et l'état mental qui y correspond. L'attitude qu'on prend devant des personnes étrangères ne coïncide pas précisément avec la manifestation naturelle diffuse, c'est plutôt une adaptation faite pour plaire aux yeux des spectateurs. C'est en somme une sorte de construction volontaire faite d'après le modèle de la manifestation naturelle avec les additions et les suppressions qui en font une œuvre d'art.
4. — Ces observations préliminaires nous ont montré jusqu'où pouvait intervenir la volonté pour supprimer ou évoquer nos diverses émotions ; nous devons m^iintenant étudier comment se développe ce côté de la puissance volontaire. Si nous imaginions une personne ayant acquis toutes espèces de contrôle volontaire énumérées dans le précédent chapitre, et cela par des expériences analysées, nous comprendrions facilement l'application de ces diverses acquisitions, au cas présent. On peut facilement étendre la soumission des muscles, des motifs opérant sur l'esprit, aux manifestations émotionnelles. La puissance qui s'impose aux traits, à la voix, aux extrémités supérieures et inférieures, doit être capable de restreindre ou de provoquer n'importe lesquels de leurs mouvements. Les regards d'étonnement peuvent être supprimés par une impulsion agréable ou désagréable suffisamment forte. L'éclat de rire convulsif lui-même peut-être brusquement arrêté par la volonté commandant au diaphragme et aux autres muscles volontaires en mouvement. Cependant en général, la volonté n'attend pas pour contrôler les émotions, que son éducation soit complètement achevée sur tous les autres points. Nous commençons à commander à nos émotions alors que nous luttons encore au milieu des liaisons mal formées entre les impulsions pénibles ou agréa- Bain. — Émotions et Volonté. 23
bles et le mécanisme exécutif du système. On prêche de bonne heure à l'enfant la répression des émotions violentes, et il peut y être habitué alors qu'il n'a encore formé qu'un petit nombre d'aUiances volitionnelles. Lorsqu'un motif très fort qui prend la forme d'un plaisir ou d'une souffrance tend à neutrahser les mouvements d'une rage de cris, on peut l'aider à persister jusqu'à ce qu'il ait accompli son œuvre. Sans doute cette œuvre est plus difficile encore à accompHr que lorsqu'il s'agissait d'autres mouvements initiaux. Non seulement il faut ici comme ailleurs qu'une impulsion spontanée naisse et se trouve par hasard être celle qui est nécessaire, mais il faut encore qu'elle soit d'une énergie rare pour pouvoir dépasser en violence le flot émotionnel. Il faut réunir de forts motifs de plaisir et de souffrance afin que les puissances naissantes de la volition puissent s'opposer à la force de l'émotion. Il est possible néanmoins d'apprendre à un bébé de dix ou douze mois de supprimer des manifestations bruyantes. De grands progrès s'accomplissent en ce sens dans la deuxième année. La méthode de développement est toujours la même ; les difficultés pour obtenir une bonne impulsion et pour la conserver une fois trouvée, sont toujours semblables. La discipline qu'on impose au jeune cheval rétif est également imposable à l'enfant que l'on veut dresser au contrôle de ses émotions. Le coup d'éperon doit être proportionné à la violence des manifestations et des mouvements à supprimer. Il ne faut pas cacher les difficultés de la situation. Cette spontanéité sur laquelle nous comptons pour amener la première conjonction d'un sentiment et d'un mouvement donnés est favorisée par le calme du système pour ce qui regarde une émotion forte. Comme cette spontanéité est une décharge du surplus de force des membres actifs, elle a des chances de subsister si le système est engagé ailleurs ; mais sans l'aide d'une stimulation extraordinaire nous ne pouvons espérer que lorsque nous la rappellerons elle renaîtra de la même façon. Cependant il y a dans notre organisation, même dans l'âge tendre, des éléments de succès qui, ici comme dans les autres départements de l'acquisition volontaire, croissent en importance avec le temps. Si nous ne tenons pas compte de la souffrance qui naîtra si l'on force le développement d'une association entre un effort de répression et un indice donné, nous pouvons
commencer (iiiaïul cela nous plaît à discipliner l'enfant. Après quelques essais sans résultat l'enfant tombera sur l'association désirée et la conservera sous l'empire de la souiïrance et de la crainte. Nous avons surtout besoin d'opérer sur les violentes manifestations vocciles de l'enfant parce qu'elles sont un mal en elles-mêmes et qu'elles sont le début de manifestations plus violentes encore. En conséquence nous nous appliquons à les supprimer avant leur complet développement, et nous arrivons très vite à forcer sur ce point la formation d'un lien volontaire défini. Après un certain nombre de répétitions, l'enfant sera capable de lier l'impulsion qui supprime la manifestation vocale à la cessation de menaces pénibles et parfois exécutées ; et, bien que ce soit difficile de convertir une volition imparfaite en une puissance capable de résister à un violent flot émotionnel, cependant grâce à l'emploi du grand mécanisme de la souffrance, la volonté aiguillonnée arrivera à égaler et à surpasser sa rivale en puissance. On peut se placer sur un pied d'indépendance complète pour commencer cette espèce d'éducation, c'est-à-dire n'attendre l'aide d'aucune autre acquisition volitionnelle. On peut au contraire attendre que les premières associations soient formées, que la voix par exemple obéisse au commandement extérieur fait dans un autre but. Si nous supposons un enfant déjà familier avec l'ordre de faire silence ou qui lie déjà certaines impressions reçues par l'oreille à un stimulus de la voix, on peut avoir recours à cette association pour arrêter un accès de cris désordonnés. Quand l'intelligence est préparée nous n'avons qu'à doter l'impulsion propre de la volonté, d'une intensité suffisante. Quand l'enfant comprend nettement la signification de ces mots : silence^ chut^ taisez-vous , cela veut dire que les chemins sont ouverts, que ce sont exactement les organes nécessaires qui entrent en mouvement, que la spontanéité fortuite a été régularisée, réglée. Une impulsion volitionnelle ordinaire sera alors suffisante ; elle pourra, gouvernée par l'idée d'échapper à l'infliction d'une souffrance, entrer en conflit avec l'émotion furieuse et finalement gagner la bataille. Nous ne pouvons nous empêcher de sentir une sorte de pitié en même temps que nous provoquons les efforts de répression lorsque les associations nécessaires ne sont pas encore formées entre nos indications et les mouvements
désirés ; lorsque renfant n'a pour ainsi dire aucune notion de ce que nous lui demandons, en d'autres termes, lorsque rien ne peut aider les courants nerveux à se diriger dans la bonne voie. Nous provoquons des luttes, des mouvements énergiques, mais il peut s'écouler bien du temps avant que ce soit le bon qui paraisse ; delà une période parfois longue, de souffrances sans résultat. La souffrance cependant, active étonnamment les progrès intellectuels. La coïncidence entre la cessation d'une souffrance et la production d'un mouvement, est frappante, et après quelques répétitions, s'imprime pour toujours dans l'esprit. Les premières leçons de contrôle volontaire sont inévitablement très sévères. Toute personne attentive essaie de sonder la raison qu'a un enfant d'éclater en sanglots ; et si le mal produit par cette explosion de chagrin est plus grand que celui qu'elle aide à adoucir, cette personne essaiera résolument de supprimer la manifestation émotionnelle.
5. — La répression des manifestations de chagrin, de colère, de peur, fait toujours partie du gouvernement de soimême et se continue par le moyen des motifs divers appropriés aux cas différents. L'intelligence arrive rapidement à donner aux courants nerveux leur juste direction, et il ne reste plus alors qu'à appliquer un coup d'éperon volitionnel d'une force suffisante. Une des grandes difficultés avec certains tempéraments d'enfants, c'est de réprimer les éclats de rire; ces éclats étant formés de mouvements volontaires aussi bien que d'involontaires, le contrôle n'est que partiel et parfois insuffisant. On peut dire la même chose des sanglots qui sont des séries de spasmes convulsifs s'étendant à des parties du système qui n'appartiennent pas au gouvernement de la volonté. Il y a un intérêt particulier à étudier ce côté du gouvernement de soi-même parce qu'il nous permet de découvrir la puissance volitionnelle du caractère individuel. Ce qu'on appelle « force de volonté » est assez bien manifesté par le plus ou moins de contrôle exercé sur les manifestations émotionnelles. Quand une détermination volontaire en annule une autre de la même espèce, quand par exemple un homme fuit une existence luxueuse pour conserver sa santé, nous ne pouvons pas juger de la force de la volonté totale, nous ne pouvons que comparer deux espèces de motifs. Mais quand nous réunissons toute notre