‹ Les émotions et la volontéChapitre 22 sur 194 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1. — On parle souvent du principe fondamental de la relativité ; en discutant les émotions on doit toujours l'avoir devant les yeux. Chaque allégation sur la présence ou le degré d'un sentiment doit être qualifiée d'après la supposition de quelque état antérieur corrélatif. L'étonnant sort de l'ordinaire. La mesure d'un sentiment est la mesure d'une transition.

Le caractère relatif de tout plaisir ou de toute souffrance, n'a pas été oublié dans les maximes courantes de l'humanité, souvent même les conséquences en ont été exagérées. L'assertion : « l'esprit de l'homme s'accommode de la condition de l'homme» a grand besoin d'être tempérée. La théorie de Paley : « un homme ne trouve pas de plaisir à se comparer avec ses inférieurs, et n'est content que lorsqu'il surpasse ses égaux, » n'est pas susceptible d'être confirmée par l'expérience . On peut dire que la remarque suivante de Swift est incorrecte: « Tous les degrés de plaisir sont balancés par des degrés égaux de souffrance ou de langeur; jouir d'un plaisir c'est comme dépenser cette année une partie du revenu de l'année prochaine. »

2. — Comment alors formuler une loi qui soit le principe régulateur des effets de l'émotion, et qui rectifie les empirismes populaires sur ces effets? car les prétendues évaluations scientifiques de l'esprit , ne sont trop souvent pas autre chose.

La règle générale est enveloppée dans des propositions comme les suivantes, toutes semblables en substance, quoi-

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