‹ Les émotions et la volontéChapitre 3 sur 194 · PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION

Le désir (le revoir complètement cet ouvrage en a fait différer longtemps la troisième édition.

Des trois divisions de l'esprit humain, la plus difficile à traiter scientifiquement, est celle qui a pour objet les sentiments, ou en d'autres termes, le plaisir et la souffrance; on ne peut guère la traiter que d'une façon un peu vague, en rapport avec l'incertitude du but vers lequel tendent les eftbrts de l'homme. D'un autre côté, il est maintenant absolument nécessaire, dans tout traité scientifique, d'évaluer les quantités avec précision. Agir ainsi en psychologie c'est, semble-t-il, se donner une tâche sans espoir de réussite. Cependant, nous devons nous enquérir des moyens employés pour fixer des degrés dans les sentiments, et chercher si ces méthodes peuvent être employées ou améliorées. J'ai consacré à ces recherches une partie de l'introduction.

Dans un chapitre séparé, j'ai discuté l'application de l'hypothèse de l'évolution aux émotions. Le seul côté de la question à étudier ici, est celui-ci : Les faits considérés au point de vue de cette hypothèse gagnent-ils en clarté? Ceux qui rentrent dans le grand couple ennemi, l'amour et la haine sont mieux éclairés, je crois.

Les chapitres sur les émotions premières, sur l'émotion idéale, sur la sympathie, ont été entièrement écrits à nouveau. Dans le chapitre sur les émotions esthétiques, j'ai largement profité des recherches de M. James Sully qui promet d'être le psychologiste des beaux-arts de la génération actuelle. Dans l'analyse du sens moral, j'ai fait place à quelques mots, sur les difficiles problèmes liés à nos impulsions désintéressées.

Sur la volonté, les changements ont été peu nombreux; je n'ai fait qu'agrandir le sujet. Ayant à examiner jusqu'à quel point ma théorie primitive sur la naissance et l'accroissement de la faculté de vouloir, était affectée par l'hypothèse de l'évolution, j'ai acquis la conviction que mes assertions premières s'accordent avec cette hypothèse. Des modifications secondaires ont seules été néces-

lY PRÉFACE

saires sur la nature de nos aptitudes volontaires à leur naissance.

J'ai augmente le chapitre sur le désir.

Dans le chapitre sur la liberté et la né(!essité, l'argument en faveur de la libre volonté de la conscience, reproduit par M. Sidgwick, a subi un nouvel examen.

J'ai écrit de nouveau, avec quelques modifications, le chapitre sur la foi (bclicf).

L'exposé de la conscience a été revu ainsi que l'analyse du sujet et de l'objet.

Aberdeen, novembre 1875.

Page 1