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PRÉFACE DE L'ÉDITION FRANÇAISE

Ce volume, dont le titre est maintenant les Emotions, fut publié d'abord en italien sous celui de : la Douleur et le Plaisir, Histoire naturelle des sentiments. J'avais tenté d'y donner une théorie complète des émotions, tant pour celles qui surgissent dans les diverses occasions de la vie journalière et qui constituent les émotions naturelles, que pour celles qui sont artificiellement provoquées et que l'on appelle sentiments esthétiques ,

J'ai soutenu la nouvelle théorie fournie par James et Lange, que ces auteurs laissèrent incomplète sur bien des points. L'application de la théorie aux sentiments esthétiques est nouvelle, car Lange ne s'en occupa pas dans son beau travail, et James, ne pou vant les interpréter convenablement, les exclut.

Les objections qui ont été faites à cette théorie ne sont parvenues, selon moi, ni à l'abattre ni à l'infirmer, malgré qu'elles aient pu mettre en lumière quelques points faibles. De même les expériences ne sont point toujours arrivées à la confirmer : je donne la raison de cela dans un chapitre de ce livre.

Cette théorie est aujourd'hui défendue en France,

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principalomont par M. Ribut ol par M. (j. Dumas. Pour M. RiBOT cette théorie est physiologique, pour d'autres, sensnaliste\ pour moi, je l'ai déjà appelée périphérique et je continue à l'appeler ainsi pour un motif très simple : c'est qu'elle est en opposition à la vieille théorie selon laquelle les émotions — comme les phénomènes intellectuels — ont des origines cérébrales centrales. Dans notre théorie, ces phénomènes se développent primitivement dans les organes de la vie de nutrition qui, par rapport au cerveau, sont périphériques.

Malgré que quelques années se soient écoulées depuis l'apparition de l'édition italienne, je n'ai pas eu grand 'chose à changer à ce livre pour l'édition française. Cette dernière, pourtant, est plus correcte, se trouve remaniée dans quelques parties et contient un chapitre, le dernier, entièrement inédit, dans lequel je rends compte de ce qui s'est fait et publié de plus important au sujet de la nouvelle théorie des émotions. Je n'y ajoute point une bibliographie qui serait, sans doute, inutile; mais je dois indiquer ici que, depuis une dizaine d'années, physiologistes et psychologues de tous les pays — américains, anglais, allemands, italiens et français — ont travaillé soit à infirmer soit à confirmer la théorie périphérique des émotions et notamment en recherchant si elle correspond ou non à la nature des faits. Les nombreux travaux qu'elle a suscités montrent l'importance que les psychologues et les physiologistes lui ont généralement accordée.

Rome, mai 190U.

(j. SEhCil.

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