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Dans ses caracicres généraux, la mélancolie prend l'aspect d'une maladie corporelle générale et trouve son siège dans les viscères de la vie nutritive comme rabattement, la dénutrition, le ralentissement du cœur et de la respiration, ou l'accélération avec respiration superficielle, les troubles vaso-moteurs, la diminution des sécrétions, une peau aride, dilrophiquo, une diminution de la température, spécialement aux extrémités, des stases veineux et des œdèmes, un pouls variable et faible. L'une des plus graves de ces diverses formes est celle qiii est accompagnée d'angoisse, dite aussi anxiété précordiale à cause d'ime sensation très pénible dans la région du cœiir; elle se trouve psychologiquement en correspondance avec Panxiété et l'angoisse que l'on éprouve dons l'état normal et qui se localise dans la même région, bien qu'avec une sensation moins intense, mais en produisant une inquiétude bien connue. « L'anxiété précordiale, écrit Krafft-Ebing, est le principal élément qui, dans la mélancolie, enlève le malade à la passivité, le rend errant, agité, et le met au désespoir \ »
Les symptômes de cotte maladie sont nombreux à l'état aigu : « irrégularité de l'action cardiaque, en général, accélération et inégalité, irrégularité des mouvements et ralentissement du cœur, sensation de souffrance et de pression à la région cardiaque, pouls sautillant, capillaire et faible, pâleur de la peau et des muqueuses, respiration pénible et par internip-
I. Traité clinique pratique des maladies mentales. Traduction italienne de TonniiNI et Amadei, vol. III, p. a5.
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tien, ou précipitée et superficielle d'où vient en partie ]a faiblesse de la voix, parésie générale des muscles ; relâchement, mouvements incertains et pertes involontaires de l'urine *. » Et Krafft-Ebing : « Souvent, c::liaque accès d'anxiété est précédé d'un état avantcujureur sous forme de dépression de l'esprit... Les t^roubles physiques sont précédés de troubles consicJérables de la respiration et de la circulation. Celle-ci ^st ralentie, superficielle ou bien fréquente ; l'action ^^ardiaque est accélérée et irrégulière ; le pouls est ~petit, rapide, la pe^u est froide et pâle, les sécrétions sont interrompues durant l'accès ^ » Ces mêmes phénomènes se rencontrent dans les émotions dépressives normales, mais ils y sont moins intenses et plus transitoires que dans les états morbides.
La manie correspond à l'état d'exaltation émotionnelle ; en elle prédomine une humeur gaie. « La nianie constitue donc un tableau opposé à celui de la mélancolie. Bien plus que celle-ci, les anomalies affectives fondamentales peuvent s'expliquer exclusivement par l'altération du cours (ici accéléré) des activités psychiques, bien que l'on ne puisse mettre en doute l'influence d'une source de sensations agréables pour les malades, comme cela résulte de la conscience d'un mouvement psychique facilité et de la disparition de toute idée d'arrêt '\ » On voit que ces expressions sont peu cohérentes, bien qu'elles aient l'apparence d'expliquer quelque chose. Cepen-
1. Emminguaus, AUgemeine Psychopathologie, p. 77. Leipsig, 1878.