Psych. Rewiewy novembre 1894» p- 621 et suite
2. Uber den Begriff des Gemûthbewegung. Zeitschrift fih Psychologie y XXI, i et 2, 1899, p. 68, note x.
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dans les cas d'anesthésie réelle des sensations externes, les émotions disparaissent dans la même mesure.
2. Que des émotions peuvent être produites au moyen d'excitants comme chez les alcooliques, ou dans les états morbides comme dans la mélancolie ou dans la manie transitoire où les motife font absolument défaut.
Il s'attache à détruire ces deux preuves déjà invoquées par James ; mais je ne le suivrai pas dans ses travestissements de la question ; je les ai rapportés ici parce qu'il les emploie lui-même contre la conception sensualiste.
Stumpf, admettant qu'une définition doit être réversible, trouve que la proposition : les émotions sont des sensations organiques, devrait se convertir en cette autre : les sensations organiques sont des émotions. Alors, dit-il, il n'y a pas de raison pour ne pas comprendre parmi les émotions les spasmes d'estomac, les sensations de faim, de soif, etc. Si on ne le fait pas, ajoutc-t-il, c'est parce que la conscience nous avertit qu'il y a une différence essentielle entre les unes et les autres. Si l'on ne fait pas une seule classe des émotions et des sensations organiques comme celles indiquées plus haut, cela vient de ce fait que, dans ces dernières, manque la perception d'un avertissement extérieur qui soit en connexion avec elles. Or, cette. perception à ajouter pour donner le caractère émotionnel, c'est une chose intellectuelle.
Et alors, continue Stumpf, nous devons nous souvenir que, selon la théorie sensualiste, la partie intellectuelle peut faire défaut sans que l'émotion cesse
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d'être une émotion et sans qu'elle change de qualité ; nous devons nous souvenir que de simples mutations physiques provoquées par les alcools peuvent produire de véritables émotions. Avec ceci, c'est-à-dire par la nécessité d'un élément intellectuel pour produire l'émotion, tombe tout fondement de la théorie.
Nous trouvons ici, vraiment, une ignoratio elenchi, car, non seulement nous ne trouvons pas réversible la proposition exprimée plus haut : les émotions sont des sensations organiques, mais nous avons aussi admis que les émotions sont provoquées par une idée, un fait intellectuel quelconque, tandis que les sensations organiques qui ne sont pas des émotions sont provoquées par des faits purement organiques. Nous admettons, et tout notre livre le démontre, que les mutations purement sensationnelles sont cause de douleurs et de plaisirs physiques, provoquant ces dites émotions organiques de la vie de nutrition, tandis que les faits intellectuels provoquent des émotions, justement parce qu'ils provoquent les mêmes sensations organiques. On peut donc distinguer les émotions et la douleur d'estomac dès leur origine, c'est-à-dire par ce fait qu'ils ont une cause différente et qu'ils ne peuvent entrer dans une même classe ; mais ils disparaissent dans le produit intérieur.
La conscience, pourtant, ne nous rend pas manifeste la chose entière parce que, dans les sensations localisées produisant de la douleur, elle est principalement occupée de ces sensations locaUsées et non des sensations viscérales qu'elles provoquent; tandis que dans les émotions, le motif étant intellectuel et non localisé, la conscience se trouve davantage oc-
cupée des sensations viscérales non localisées mais diffuses. Enfin, ainsi que je l'ai démontré à plusieurs reprises, la conscience ne nous manifeste que des phénomènes accomplis et non pas des processus de phénomènes; elle est donc souvent un témoignage faussé des événements psychologiques.
Cette considération du caractère de la conscience qui peut être plus occupée des sensations localisées que des sensations diffuses et organiques si elles sont moins intenses, nous montre la fausseté de l'autre affirmation de Stumpf pour les émotions esthétiques, dans lesquelles, comme James, il croit yoiv une pure affection cérébrale (rein cérébrale affecte^ sans accompagnement de manifestations périphériques. Car, dit-il, la commotion profonde éprouvée pour un grand et noble caractère, la surprise d'un artiste devant une œuvre de premier ordre ou à l'audition d'une symphonie de Beethoven, ne correspond nullement aux changements de pouls, â la dilatation des vaisseaux, àTctatdela température, à aucun changement sensible. Cette belle période de Stumpf ne persuadera personne, à mon avis, qu'une commotion profonde est un phénomène purement cérébral et, par conséquent, intellectuel ; une commotion est profonde en tant qu'elle est viscérale. Le spectateur d'une œuvre d'art ou l'auditeur d'une symphonie de Beethoven a la conscience très, trop occupée de ce qu'il voit ou entend pour pouvoir s'apercevoir des mutations viscérales et le psychologue de la conscience considère superficiellement ce fait, il le considère comme le seul et unique phénomène qui constitue l'émotion esthétique; bien plus, il le considère
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comme plus intellectuel qu'il n'est, surtout pour la musique dans laquelle il n'y a pas à rechercher des idées et des pensées qui lui soient propres, mais simplement des sensations provoquant des émotions ; les idées et les pensées qui peuvent être évoquée? ou suscitées par la musique sont des effets d'associations.
11 est vrai, comme l'affirme Stumpf, que les animaux ne sont pas aptes, comme nous le pensons, à percevoir un ton, un intervalle musical et à en avoir la conscience qu'il considère comme le fondement de Fémofion musicale ; mais ceci n'enlève ni n'ajoute beaucoup à notre théorie si l'on songe qu'il y a des hommes incapables, comme les animaux, de distinguer un do d'un la et qui sont profondément émus par des sons musicaux et jusque par le son d'une cloche ; de même que des animaux sont émus, et souvent pleurent, comme les chiens, en entendant de la musique. Le discernement musical est l'affaire d'une oreille fine et bien exercée à laquelle les plus faibles discordances sont pénibles et les accords ou intervalles, agréables, pour l'exquise sensibilité spéciale acquise par l'usage des organes.
11 y a d'autres objections dues à Stumpf ; mais je les passe sous silence afin d'abréger et parce qu'elles ont un caractère purement théorique. Je passe donc à d'autres auteurs.
Lorsque j^ai voulu déterminer le plaisir et la douleur de caractère physique, j'ai dit qu'ils étaient pro Sekgi. 25
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voqués par une couse e.r terne qui consiste dans les excitations des organes sensoriels et qui, en fait, se rapporlent aux tissus, muscles, etc. J'ai ajouté que cette cause ne suflisait pas à engendrer les phénomènes de douleur et de plaisir comme sentiments ; il est nécessaire d'y trouver une autre cause qui doit être interne et elle consistera en Pallération des fonctions de la vie nutritive, mouvements du cœur, et de la respiration, circulation et pression artérielle, et ainsi de suite. Or ces altérations, phénomènes que j'ai appelé causes, constituent la base physique des sentiments et sont causes de ceux-ci en tant qu'elles revêtent un caractère psychique et qu'elles sont déterminées par ces mêmes conditions que l'on peut appeler physiques ou physiologiques, comme on voudra. UiBOT, dans son livre sur les sentiments, croit corriger sinon la conception, du moins l'expression de Lange et de James en ce qui constitue justement la cause des émotions. 11 dit :
« Il est évident que nos deux auteurs, inconsciemment ou non, se placent au point de vue dualiste tout connue Topinion courante qu'ils combattent, la seule diiTérencc* est dans l'intervention des eflets et des causes : l'émotion est une cause dont les manifestations physiques sont les effets, disent les uns; les manifestations physiques sont la cause dont Témotion est Teffct, disent les autres. Selon moi, il y aurait un grand avantage à éliminer de la question toute notion de cause et d'effet, tout rapport de causalité et à substituer à la conception dualiste une conception unitaire ou monistique. . . Aucun étal de conscience ne doit rire dissocié de ^cs conditions
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physiques : ils composent un tout naturel quUl faut étudier comme tel. Chaque espèce d'émotion doit être étudiée de celte manière : ce que les mouvements de la face et du corps, les troubles Taso-moteurs, respiratoires, séCrétoires, expriment objectivement, les états de conscience corrélatifs que l'observation intérieure classe suivant leurs qualités l'expriment subjectivement : c'est un seul et même événeihent traduit en deux langues. Nous avons assimilé plus haut les émotions à des organismes psycho-physiologiques : le point de vue unitaire, plus conforme a la nature des choses et aux tendances actuelles de la psychologie, me paraît, dans la pratique, éliminer beaucoup d'objections et de difficultés \ »
Ces observations de Ribot faites au point de vue général des phénomènes psychiques ne me paraissent pas ici conformes à la nature des faits. Car les altérations vaso-motrices , respiratoires, sécrétoires, etc. , sont, non pas des sensations organiques mais des excitations à des sensations organiques de même que pour les organes externes des sens les excitations sont constituées par les modifications provoquées par la lumière sur la rétine, par les sucs sur les papilles gustatives. Il n'est donc point exact d'assimiler ces manifestations physiologiques à des faits cérébraux dans la production des phénomènes intellectuels ou l'activité dés éléments nerveux est leur fonction même ; il n'y a point lieu non plus de se rejeter du côté des dualistes si l'on observe que ces modifica-